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Archive for the ‘dette’ Category

Hollande et Sarkozy à couteaux tirés sur les questions économiques

Jeudi, mai 3rd, 2012
Vera Valor

Les questions économiques ont été au cœur du débat de l’entre-deux-tours, hier soir sur le plateau de TF1 et France2. Entre petites phrases assassines et bataille des chiffres, François Hollande et Nicolas Sarkozy ont tenu ferme leurs positions. Bilan des échanges.

1.713 milliards de dette publique fin 2011

Si les deux candidats sont d’accord sur ce chiffre, son augmentation depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy a prêté à débat. François Hollande a annoncé une progression de 600 milliards, Nicolas Sarkozy de 500 milliards. Le chiffre exact est 560,8 milliard d’euros. La dette publique s’élevait fin 2006 à 1.152,2 milliards d’euros.

Sur les raisons d’une telle augmentation, le candidat sortant invoque la crise économique et souligne les réformes qu’il a menées pour en limiter les effets. Quant au candidat socialiste, il pointe du doigt la politique fiscale menée par Nicolas Sarkozy : « Cette dette publique est née à la fois de vos largesses fiscales pour les plus favorisés et en même temps de cette incapacité qui a été la vôtre de maîtriser la dépense publique », répond François Hollande. Nicolas Sarkozy réplique : « Vous avez passé la première partie de ce débat à montrer que nous avons fait des cadeaux aux plus riches. […]Vous voulez moins de riches, moi je veux moins de pauvres. »

Grand écart sur la politique fiscale

Sur les chiffres de la fiscalité aussi, il y a eu des inexactitudes. Nicolas Sarkozy a cité la Suède, avec la France, comme étant les pays où le taux d’imposition est le plus élevé. D’autres pays européens sont taxés à un niveau supérieur à la France : le Danemark, la Belgique, l’Italie, la Finlande et l’Autriche. La France, avec 41,6% d’imposition, se trouve au septième rang des pays les plus taxés, juste devant l’Allemagne. En revanche, il est vrai que la France est le seul pays en Europe à avoir conservé l’impôt national sur le patrimoine, un impôt dont l’importance s’est toutefois amoindrie au fil des réformes.

Le candidat UMP a insisté sur la nécessité pour la France d’être compétitive, « dans un monde ouvert ». Le candidat PS a présenté ses propositions de taxation des hauts revenus, avec l’objectif de rétablir l’équilibre des comptes publics à la fin du prochain mandat présidentiel : « 40 milliards de hausses d’impôts et 50 milliards de baisses de dépenses. »

Le spectre des pays en crise de la zone euro

Alors que l’Espagne a accusé la semaine passée une nouvelle baisse de sa notation par l’agence Standard & Poor’s et que la Grèce vient de se hisser difficilement à la note peu glorieuse de CCC, le spectre de la crise et de ses conséquences sur les pays fragiles de la zone euro a alimenté le débat.

Nicolas Sarkozy a souligné les difficultés de la Grèce et de l’Espagne et mis en avant les nécessaires décisions prises lors des sommets européens, en particulier avec l’Allemagne. François Hollande propose quant à lui « un volet de soutien à la croissance au nouveau Traité européen ».

Les propositions des deux candidats seront-elles suffisantes pour sortir la France de la situation de crise dans laquelle elle a été plongée ? Encore faudrait-il réussir à relancer la croissance et régler définitivement le colossal problème de la dette et de ses intérêts. La tâche est immense et les propositions d’un parti comme de l’autre semblent très insuffisantes.

 

Dessine-moi l’éco : la monnaie n’a pas bonne mine

Mercredi, mai 2nd, 2012

Le 26 avril Lemonde.fr a publié un nouvel épisode de sa série d’animation pédagogique « Dessine-moi l’éco ».

Le concept de cette petite série est simple : « 2.30mn pour comprendre l’actualité économique ». Les épisodes diffusés tous les 4ème jeudi du mois sur le site dessinemoileco.com et sur le site partenaire Lemonde.fr abordent l’ensemble des notions économiques de la vie quotidienne telles que : la dette de l’Etat, les marchés financiers, etc.

Le dernier épisode en date concerne la création monétaire. En quelques coups de crayons bien avisés la vidéo nous explique le principe de fonctionnement de la planche à billet et son implication sur l’économie nationale. On comprend alors très simplement que la création abusive de la monnaie a un impact négatif sur l’économie en provoquant l’inflation. On nous y explique également que les banques prêtent de la monnaie qu’elles n’ont pas, qui n’existe pas :

« Au fur et à mesure le banquier s’est mis à émettre plus de lettres de change que d’or disponible dans ses coffres »

« Lorsqu’un banquier accorde un prêt : il créé de la monnaie qu’il n’a pas »

En deux petites minutes on conçoit donc pleinement que la création monétaire créée de la dette et qu’une économie saine repose en fait sur une valeur tangible et non fiduciaire : l’or.

Vidéo Dessine-moi l’éco : La création monétaire, un juste équilibre

La France à vendre et bientôt, main basse sur l’or ?

Vendredi, avril 13th, 2012

Comme si ça ne suffisait pas qu’un cinquième des stocks d’or français aient été bradés par le gouvernement en 2004… Nicolas Sarkozy et l’Autorité des Marchés Financiers préparent juste avant les élections (simple coïncidence ?) une grande opération de braderie sur la dette française.

Comment cela s’est-il décidé ? L’Autorité des Marchés Financiers (l’AMF) et Nicolas Sarkozy viennent de donner leur autorisation pour le lancement sur le marché des dérivés (l’Eurex) un contrat à terme sur les emprunts d’Etat français. La société allemande Eurex « va proposer à ses clients (“hedge funds”, banques et autres), des produits sur les obligations françaises à dix ans (OAT), pour se couvrir à la hausse comme à la baisse » peut-on lire sur mediapart.fr. En clair, ouvrir le marché à ce genre de produits dérivés revient à spéculer sur la France.

La note de Paul Jorion sur le sujet n’est pas peu alarmiste. La bloggeuse Stéphanie Marthely Allard parle même d’attentat financier. Je cite pour finir un commentaire un brin désabusé de cette note de blog : « Qu’allons-nous pouvoir faire contre ça, à présent que nous savons ?… ». Cultiver son jardin et pour ceux qui n’ont pas la chance de posséder un lopin de terre, déplacer une partie de son patrimoine dans l’or physique, avant que l’Etat ne fasse main basse dessus…

Car en effet, après une telle décision, qu’est-ce qui empêcherait l’Etat, comme le stipule l’article L151-2 du Code monétaire et financier, de soumettre à déclaration, autorisation préalable ou contrôle l’importation et l’exportation de l’or. Cela ne ressemble-t-il pas à une mesure confiscatoire ? En ces temps agités, le doute est permis.

Crise : l’Espagne échappera-t-elle à la faillite ?

Mercredi, mars 21st, 2012

La dette de l’Espagne a atteint ces derniers jours un niveau historique, près de 735 milliards d’euros. Elle est passée en seulement trois mois de 66% à 68,5% du PIB espagnol. Un seul chiffre pour mettre en perspective cette information et se rendre compte de l’ampleur de la crise espagnole : le Pacte de stabilité européen fixe la limite de la dette des pays de la zone euro à 60% de leur PIB. La Grèce est passée tout près de la faillite, l’Espagne, sous le joug de ses créanciers et de la crise, échappera-t-elle aussi à la faillite ?

L’inflation de la dette espagnole a débuté en 2008, où elle atteignait à l’époque 35,8% du PIB. Un chiffre qui nous semble aujourd’hui bien dérisoire. Depuis, les conséquences de la dette se sont fait durement ressentir pour les entreprises et les particuliers espagnols. Qui n’a pas en tête ces villes fantômes, construites sur le pari d’un avenir radieux, mises en pièce aux premiers coups de Trafalgar : la crise des subprimes, faillites des banques. Les chiffres du chômage en Espagne sont tout aussi éloquents : le nombre des chômeurs a dépassé la barre des 5 millions à la fin de l’année 2011, soit 22,85% de la population active. En 2012, le taux de chômage devrait atteindre 24,3%.

La dette espagnole, sans commune mesure avec celle de la Grèce

Si les créanciers de la Grèce ont accepté de tirer un trait sur la dette de la Grèce (Lire La Grèce efface sa dette comme par magie !), le scénario qui a empêché la Grèce de faire faillite ne pourra probablement pas être rejoué en Espagne pour une raison simple : l’économie espagnole a des proportions bien supérieures à l’économie grecque. Les chiffres de la dette n’ont rien de comparables : la Grèce avait accumulé une dette de 350 milliards d’euros fin 2011, l’Espagne 735 milliards d’euros…

Le plan de sauvetage total accordé par la zone euro pour la Grèce s’élève quant à lui à environ 237 milliards d’euros. Si l’Europe a consenti à cette aide, pas sûr qu’elle ait suffisamment de fonds pour aider un second pays de la zone euro, à un si faible intervalle et avec de telles proportions. Ajoutons à cela que les plans de relance, s’ils donnent un coup de pouce sur le moment, n’est pas la solution pour relever durablement un pays de la crise. Injecter de l’argent dans les caisses d’un Etat n’a jamais ni relancé la croissance ni créé d’emploi à long terme, l’efficacité n’est que ponctuelle.

Quelle solution pour l’Espagne ?

André-Jacques Holbecq et le Cercle des Economistes Citoyens, dans l’ouvrage intitulé Argent, dettes et banques, envisagent une issue pour les pays en proie aux tourments de la dette : « nous pourrions avoir une décision de la BCE de financer à 1%, voire à 0%, la partie du déficit qui est directement lié à la crise et qui porte sur les efforts d’investissement que font les Etats. »
Il s’agirait donc de limiter les intérêts de la dette, considérés comme responsables de l’endettement grandissant des états, de leur difficulté à rembourser et de l’enrichissement des créanciers, qui ne créent pas de croissance et d’emploi en retour.

Cette solution, si séduisante soit-elle, ne sera pas de sitôt adoptée. A cause du risque d’inflation, l’Allemagne est très réticente à l’idée que la BCE prête aux gouvernements à des intérêts moindres. Bref, l’étau se resserre sur l’Europe et les pays les plus fragiles de la zone euro, sans qu’une solution durable ne soit arrêtée.

La Grèce efface sa dette comme par magie !

Mercredi, mars 14th, 2012
La Grèce entraîne la zone euro dans un jeu de dominos

La Grèce entraîne la zone euro dans un jeu de dominos

A un cran du défaut – Fitch ayant pourtant relevé la note du pays – la Grèce va pouvoir effacer une partie de sa dette et vient encore de bénéficier d’un plan d’aide de 40 milliards d’euros, échappant ainsi à la faillite. Ouf, la Grèce est enfin sauvée, la zone euro aussi, vous n’avez plus rien à faire de votre or ! Ironie mise à part, nous vous expliquons pourquoi le pire est à venir, et pas que du côté de la Grèce…

Eole souffle un vent d’optimisme en mer Egée
Vendredi dernier, 83,5% des créanciers ont accepté l’échange d’obligations souveraines qui devrait permettre l’effacement de près de la moitié de la dette grecque (ce qui la ramène à 107 milliards d’euros). Cette restructuration de la dette est salvatrice pour le pays qui était au bord de la faillite.

En outre, la zone Euro vient d’autoriser le pays à bénéficier de près de 40 milliards d’euros de son second plan de sauvetage (qui s’élève en tout à 130 milliards d’euros). Cette nouvelle injection de liquidités tombe à point nommé au moment où la dette a été divisée de moitié. De part et d’autres de l’Eurozone, on se félicite, les séances positives s’enchaînent à la bourse de Paris, le CAC40 caracole autour des 3.585 points… Tout va bien dans le meilleur des mondes, sauf que…

On n’éteint pas l’incendie de la dette avec de la monnaie papier
L’image est assez explicite. On prête à la Grèce de quoi se rembourser et en procédant ainsi, on entretient la crise systémique dans laquelle la zone Euro se trouve actuellement, on ne résout aucun problème de chômage, de productivité, on ne relance pas la croissance économique avec un simple « bourrage papier ».

L’excellent dossier de notre confrère Olivier Berruyer sur le « Bilan final du plan d’aide à la Grèce » montre clairement que le ratio dette/PIB est énorme (de l’ordre de 164%) et qu’il mettra des années à diminuer. Selon les experts, « le niveau d’endettement de la Grèce ne serait pas « viable » avant 2030 ». Ce qui se traduit par un niveau d’endettement inférieur à 100% dans une vingtaine d’années…

Mais le pire est à venir…
Une marge par rapport aux discours optimismes pré-présidentielles qu’on entend çà et là. Nous sommes loin des « le tournant dans la crise est atteint (…) Nous allons vers une mer plus calme » du nouveau président de la zone euro Herman Van Rompuy et autre « la page de la crise financière est en train de se tourner » du président Sarkozy. Plus prudent, le Ministre allemand des finances reste sur un « Nous ne sommes pas sortis d’affaires » qui semble plus réaliste. Avec un tel niveau d’endettement, la Grèce pourrait bien avoir besoin d’un autre plan d’aide financier dès 2014.

Avec des poids lourds économiques tels que l’Espagne ou l’Italie qui suivent lentement mais inexorablement le chemin de la Grèce, point d’interventionnisme possible. Les plans d’aide atteindraient des sommes astronomiques qui se chiffreraient en milliards de milliards d’euros et ne serviraient qu’à rembourser à court terme une dette vouée à s’amplifier (puisque nous sommes dans un système qui fabrique de la dette).

En attendant, l’état grec paie très cher ces plans d’aide, à grands coups de mesures d’austérité. Il n’est pas impossible que le pays, qui se remet à peine d’un régime totalitaire y revienne pour pouvoir appliquer ses mesures coercitives (pour aider les banques, cela va de soi). Car le spectre d’une guerre civile est en train de germer.

Qui sortira vainqueur de cette période de marasme économique au niveau de la zone euro ? Pas même les banques dont beaucoup vont connaître leur dernières heures de gloire et de goinfrerie dans les prochaines années, mais les épargnants qui auront mis de côté quelques économies dans l’or, le seul actif tangible qui aura de la valeur. Il ne reste qu’à espérer que la Grèce ne va pas sacrifier ses réserves d’or contre des liquidités en euros.

L’infographie : Or, une demande historique en 2011

Mercredi, mars 7th, 2012

Pour corroborer le dossier que nous avions préparé sur les tendances de la demande en or 2011, nous vous présentons l’animation vidéo proposée par LesEchos.fr.

L’infographie montre bien comment les incertitudes liées aux différentes crises économiques ont joué sur le cours de l’or l’an passé.


L’infographie : Or, une demande historique en 2011 par lesechos

L’économie, « c’est plus compliqué que ça ! »

Mardi, février 21st, 2012

L’Europe est tombée d’accord sur le plan d’aide accordé à la Grèce de 130 milliards d’euros, dans la nuit de lundi à mardi après 13h de tractations. Objectif de la zone euro : réduire d’ici 2020 la masse de la dette hellène à 120,5%. On applaudit ? Non.

Le problème n’est pas de savoir si l’on soutient nos amis grecs ou pas, mais à quoi cela va servir. Le plan de sauvetage alloué à la Grèce équivaut à de l’argent de poche, donné à des enfants à de strictes conditions : l’argent ne doit pas servir à par exemple à payer les fonctionnaires. Ce nouveau crédit est assorti de mesures d’austérité, comme nous l’évoquions dans la note « La France sur le même chemin que la Grèce ? ».

« C’est plus compliqué que ça ! »
Comment augmenter le pouvoir d’achat des grecs sans augmenter leur salaire, pire en le réduisant ? Comment faire entrer de l’argent dans les caisses de l’état en diminuant les charges patronales ?
L’équation a l’air pourtant simple : travail pas cher = embauche = pouvoir d’achat in fine. Or comment favoriser la compétitivité des entreprises quand le salaire moyen de la main d’œuvre asiatique est de 260€ par mois ?
« Ah, c’est plus compliqué que ça », répondent en cœur les économistes emprunts d’un savoir immense dans les rubriques éco de la presse.

Force est de constater que les explications servant la cause du plan de sauvetage de la Grèce et par extension de la zone euro sont en fait un vaste écran de fumée justifiant les erreurs monumentales commises par les gouvernements à la soldes des instituts bancaires depuis des années.

Sauver le peuple, plutôt que les banques
Le message de l’ancien ministre de l’Economie argentin, Roberto Lavagna, qui a sorti l’Argentine de la crise il y a 10 ans est clair est simple : «Nous avons sauvé les gens plutôt que les banques»

Dans une interview accordée au journal Libération, le Ministre argentin affirme s’être passé des services du FMI.
Peso fortement dévalué établi sur une parité fixe avec le dollar, 4e année de récession consécutive, pays en cessation de paiement, endettement colossal, inflation explosant, taux record de chômage, petits épargnants ruinés… les similitudes entre la Grèce et l’Argentine sont nombreuses. C’est en décidant de s’en sortir seul et en arrêtant de soutenir les banques que l’Argentine s’en est sortie. Car tout diminuer pour donner aux banques n’est pas un chemin de sortie de crise. L’Argentine a ainsi fait le choix de sauver les gens plutôt que les banques.

C’est ce que nous vous proposons également de faire en mettant un peu d’or de côté chaque mois.
Le but –non nous n’en sommes plus là – n’est plus de gagner de l’argent avec des produits financiers aussi compliqués que dangereux, mais bien d’en mettre de côté sans en perdre. Le seul actif qui peut vous rester entre les mains avant que la situation ne dégénère est l’or physique.

Le livret de sauvegarde du patrimoine propose cette solution d’épargne simple et sécure : chaque mois, l’épargnant peut acheter autant de grammes d’or qu’il souhaite sur un lingot ou un lot de pièces mutualisés. L’argent placé sur de l’or ne souffrira d’aucun risque de faillite bancaire ou monétaire.

L’Europe, la dette, les notes et l’or

Jeudi, février 16th, 2012

Le tour de l’Europe du château de carte qui s’effondre continue. Mardi, on apprend que cette fois, c’est l’agence Moody’s qui mène la danse en dégradant la note de 15 banques espagnoles, dans le sillage de la note de la dette souveraine du pays en janvier dernier. Mais pas seulement ! La sévère maîtresse menace également de dégrader les notes de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Autriche.

Pluie de mauvaises notes sur toute l’Europe
Et l’hécatombe ne s’arrête pas là : mardi c’est un véritable déluge de mauvaises notes qui s’abat sur l’Europe : l’Italie et le Portugal ont vu leur note abaissée d’un cran, passant respectivement à A3 et Ba3. L’Espagne (3e pays des « P.I.G.S. »)  a vu sa note dégradée de 2 crans, carrément, en passant à A3. On ne vous raconte pas les conséquences catastrophiques que de telles notes peuvent avoir sur les investisseurs, déjà moyennement prêts à investir dans la dette souveraine européenne. Heureusement que la Chine aime l’Europe…

D’autres petits pays comme la Slovaquie, la Slovénie et Malte ont également vu leur note abaissée d’un cran. C’est une véritable hémorragie de notes qui sévit en Europe. En clair, ces notes signifient une baisse de confiance dans la capacité de ces pays à rembourser leur dette à plus ou moins long terme.

Une dette institutionnalisée, coercition de la monnaie unique et anti-démocratie
En mettant fin au système de l’étalon or le 14 août 1971, les Etats-Unis épousent la brillante théorie de l’économiste Milton Friedman qui consiste à faire du dollar une valeur qui existe par elle-même, un peu comme un Dieu qui existe par la seule force de la croyance qu’on veut bien lui accorder.

De fait, les Etats-Unis, en vertu du pouvoir conféré à leur devise, a créé « la dette infinie, qui ne perd jamais sa valeur, qui n’a jamais besoin d’être remboursée » (Le Retour au standard or, d’Antal Fekete). A une seule condition : celle-ci ne doit pas dépasser les 3% par an. Sauf que depuis, le ratio volume de dette/PIB a évolué. Avant la mise à mort de l’étalon or, un peu de dette engendrait de la productivité. Depuis 1971, ce ratio est devenu négatif en 2006, entraînant la destruction progressive du capital.

Le plus grave est que malgré la répétition de l’histoire, de nombreux économistes, politiques, intellectuels… tirent la sonnette d’alarme sans qu’aucune décision ne soit prise pour changer cet état de fait. Le contexte n’est pas sans rappeler celui des années 30 et comme le disait le sociologue Emmanuel Todd dans une émission mardi soir, la Grèce  n’est-elle pas la Pologne du bloc soviétique avant que celui-ci se disloque ? L’élément d’une désagrégation imminente ?

L’or est la garantie de votre liberté !
Si l’or paraît encore être la relique barbare aux yeux des jeunes loups de la finance qui ne voient en lui aucun rendement (donc aucune utilité), les plus sages – souvent des jeunes malins qui ne prennent pas tout ce que l’on dit dans la presse pour argent comptant – et les plus anciens, qui ont connu la guerre, savent que l’or est un rempart à la liberté individuelle.

Pourquoi ? Comme les Etats-Unis ont imposé le dollar comme monnaie de réserve mondiale, nous avons été assujettis à une monnaie unique de façon coercitive (les Français ont-ils été consultés honnêtement concernant le passage à l’Euro ?). Il y a quelque chose de contradictoire avec la notion de démocratie. Le peuple grec a-t-il d’autre choix que celui de se révolter pour dire non à la dictature du système financier qui leur suce le sang ?

Quels que soient les produits dont vous disposez dans votre banque (SICAV, assurances-vie, OPCVM, comptes épargne…), l’or est le seul « produit », le seul bien dont vous ne serez pas dépossédé, qui vous appartient vraiment, et qui ne risque pas de disparaître avec l’effondrement d’une monnaie condamné à une mort certaine. Avec de l’or, vous pouvez acheter ce que vous voulez, avec des billets, vous pouvez toujours vous moucher dedans… Une petite pensée émue au passage pour les billets de 10, 20, 50, 100 Francs qui demain ne vaudront plus rien. Adieu Pascal et autres Debussy !

La France sur le même chemin que la Grèce ?

Lundi, février 13th, 2012

Le sort de la Grèce est effrayant. Sans le comparer à celui de la Syrie, il se déroule sous nos yeux une véritable tragédie. Malgré le chaos et les manifestations qui secouent Athènes depuis samedi soir, le plan de rigueur a été voté par le parlement… Pour éviter la faillite. Avant d’attendre d’éviter la faillite de l’Etat, commençons plutôt par éviter la nôtre !

Voilà ce qui peut nous attendre après 5 années consécutives d’austérité et de rigueur : des décisions prises à l’encontre et en dépit du peuple qui va devoir payer l’ingérence du gouvernement et des banques. Cette décision a fait monter le cours des bourses ce matin, mais à quel prix pour le peuple grec ?

- abaissement de 22 % du salaire minimum  (soit 586 euros brut sur 14 mois)
- suppression de 15 000 postes dans la fonction publique
- baisse des retraites et des salaires des fonctionnaires et réduction du budget de la sécurité sociale et de l’armée.
Autre fait inquiétant, l’Etat va privatiser 4 entreprises nationales.

Est-ce contagieux ? Pas forcément, mais c’est peut-être une vision de l’avenir qui attend la France, tant que les Etats resteront inféodés aux banques. Le pire, c’est de savoir que la dette grecque va continuer de s’accroître malgré les prévisions d’économies réalisées avec ce plan drastique (à peu près 3,3 milliards d’euros).

Que nous reste-t-il à faire ? Placer une partie de notre patrimoine dans des valeurs refuge comme l’or ou l’immobilier (et encore l’immobilier à des fins locatives par exemple n’est pas le bon plan en 2012 !) ou alors faire comme l’Islande : redresser la barre en revenant à l’économie réelle, en laissant couler les banques toxiques et en effaçant sa dette, pour souhaiter bon courage à nos voisins en musique !

Peut-on sortir d’une crise systémique ?

Vendredi, janvier 27th, 2012
Crise systémique

Crise systémique

Avec la fin des accords de Bretton Woods (les monnaies ne sont plus indexées sur l’or), les états qui empruntent aux banques commerciales à des taux d’intérêt effarants,  des agences de notation à la fois pompiers et pyromanes, des taux US anormalement longs et bas, la libéralisation excessive des marchés, des produits financiers toxiques, l’importance « capitale » des banques dans l’économie actuelle, est-il encore possible de sortir d’un endettement collectif qui est devenu un système ?

1.    Qui tire les ficelles de la crise ?
La crise telle que nous la subissons aujourd’hui, part d’une crise immobilière aux Etats-Unis en 2007 qui s’est ensuite transformée en crise bancaire pour se généraliser à une crise économique mondiale. C’est la recapitalisation des banques – qui ont créé des produits complexes et sophistiqués afin de rester compétitives et qui ont prêté plus que de raison – qui a transformé une crise immobilière à la base en crise de la dette souveraine. Et pour maintenir ce système libéral à flot, les banques centrales sont actuellement en train de devenir les « éboueurs financiers » du monde.

Le FMI qui était à la base créé pour veiller à la stabilité monétaire des états présentant des problèmes de balance de paiement est devenu un organisme de soutien aux pays endetté. Tout cela depuis que les Etats-Unis ont refusé la convertibilité de ses prêts (du dollar) en or. Affaibli par la guerre du Viet-Nam, les réserves en or des Etats-Unis sont épuisées. Le dollar s’impose alors comme l’unique monnaie de change internationale.

En mettant fin à l’étalon or décidé par Nixon en 1971, les Accords de Bretton Woods signent en 1976 la désorganisation du système monétaire international. Actuellement, le dollar est encore la monnaie de référence mais commence à faire le deuil de son hégémonie, l’euro peine à rivaliser avec lui dans sa chute, le yen se remet à peine de ses secousses nucléaires, personne ne veut jouer avec le yuan qui s’ennuie tout seul… La guerre des monnaies n’aurait jamais eu lieu si elles avaient continué de reposer en partie sur l’or.

2.    La crise systémique en Europe
Mais les faits sont là et la zone euro s’en mord les doigts. Beaucoup de raisons à la faillite grecque sont imputables à la politique monétaire brutale menée par l’euro. Le problème étant que les pays de la zone euro n’ont pas la même politique économique et sont en cordée. S’ils ne parviennent pas à ralentir leur chute, c’est la dégringolade. Avec la dégradation récente de la France qui perd un prestigieux A, nous n’en sommes pas loin.

Tant que le problème économique de la zone euro ne sera pas traité dans sa globalité mais chirurgicalement, celle-ci ne redressera jamais la barre.  Des pays comme l’Angleterre qui n’ont pas opté pour l’euro s’en réjouissent. Ces pays sont pourtant eux aussi endettés jusqu’à la lie.

L’Islande qui a connu de graves difficultés économiques en 2008 était proche de la récession. Pourtant elle a redressé le tir et retrouvé ses lettres de noblesse en affichant une croissance de 3%. En faisant quoi ?
- En étant plus raisonnable, simplement, c’est-à-dire à la fois en basant à nouveau son économie sur de l’économie réelle : l’Islande a cessé pour un temps de coter en bourse la pêche, ressource réelle du pays.
- Et en restructurant les banques … et en lâchant celles qui avaient emprunté au-dessus de leurs moyens (d’où la bulle). Contrairement à ce qui se passe actuellement dans la zone euro, l’Islande a refusé de renflouer celles-ci et a décidé de faire supporter une grande partie des pertes aux actionnaires, pour la plupart étrangers tout en protégeant au maximum ses épargnants.

Certes l’Islande sort de 3 longues années de rigueur, beaucoup d’Islandais ont perdu leur épargne (ce qui n’est pas arrivé à ceux qui avait placé une partie de leurs économies dans l’or), leur taux d’endettement et celui des entreprises est encore élevé, mais c’est un début de piste pour les états qui souhaitent réaliser des économies.
Encore faut-il que ceux-ci acceptent cette politique commune au sein de l’Union Européenne. Le couple Sarkozy/Merkel avait déjà marqué des désaccords à ce sujet tout l’automne dernier.
L’exemple de l’Islande pointe le doigt sur un problème d’ordre systémique : le rôle des banques.

3.    Les perspectives en 2012
En 2011, beaucoup de têtes sont tombées, en 2012 ce sera peut-être la mise en place d’un nouveau système (car il en faut bien un pour tenir le monde) qui débutera en 2013. Peut-être que les derniers « intouchables » américains, anglais, russes et chinois vont eux aussi faire l’expérience amère de la crise. Ce qui est sûr c’est que le G20 2012 n’aura pas la même insipidité que celui de 2011.

Le Bulletin d’anticipation globale met en avant 3 types de priorités en 2012 et des fenêtres d’opportunité que le G20 ne devra pas laisser passer :
- mise sous tutelle publique ou partielle des établissements financiers à l’échelle mondiale
- mettre en place des infrastructures à l’échelle mondiale, qu’elles soient d’ordre financier, sanitaire, énergétique, télécom… et qu’elles soient au-dessus des parties.
- réformer le système monétaire mondial en le basant sur l’économie réelle et en transformant les DST en nouvelle monnaie de réserve mondiale, basée sur panier des principales devises et de l’or.

4.    L’avis de l’expert : Yannick Colleu*

LORetLARGENT.info : A votre avis, qu’est-ce qui pourrait transformer en profondeur le système actuel ? Quels pourraient être les facteurs de sortie de crise ?
Yannick Colleu - Permettez-moi une analogie pour illustrer où nous en sommes dans cette crise. Lorsqu’un sous-marin a une voie d’eau à grande profondeur les premières minutes et les premières réactions de l’équipage sont déterminantes pour la survie du bateau. Il faut impérativement isoler les compartiments pour éviter que le bateau se charge trop, allant jusqu’à éventuellement sacrifier quelques malheureux membres d’équipage qui s’y trouveraient. La réaction immédiate de l’officier de central est de faire remonter coûte que coûte son bateau vers la surface tant que le poids de l’eau qui s’engouffre le lui permet encore. Passé un délai très court ce poids fera qu’il sera impossible de s’extraire des profondeurs et ceci quelles que soient les manœuvres qui seront tentées. Le bateau est dès lors condamné. Il n’y a plus rien à faire sauf à attendre la fin.

Depuis 2007 les responsables politiques et financiers n’ont pas pris les mesures de bon sens qui s’imposaient. Au lieu de laisser ceux qui avaient joué perdre leur mise, on s’est acharné à les renflouer au prétexte que des faillites bancaires nous auraient conduits à la catastrophe. Au lieu de sacrifier les «  joueurs  » directement concernés, les gouvernements de la planète ont préféré faire supporter le fardeau à tout l’équipage en faisant passer au contribuable le fardeau de la dette à l’origine de nos maux actuels. L’endettement a été utilisé pour soigner l’endettement. Les conséquences de ces décisions étaient discernables dès début 2008 par n’importe quelle personne ayant un minimum de jugeote.

« Choisir entre la peste et le choléra »
Aujourd’hui les options de sortie à moindre douleur sont de plus en plus réduites, voire désormais inexistantes, au fil des mois qui passent. Nous en sommes arrivés à choisir entre la peste et le choléra. D’un côté des politiques d’austérité destinées à sortir de situation d’endettement extrême conduisent à un pressurage fiscal puis à un coup d’arrêt de la consommation entrainant au final un effondrement des recettes fiscales qui alimente dès lors de nouveau l’endettement par des déficits exorbitants. De l’autre des politiques de relance construites sur la monétisation des dettes des États. C’est à dire que ces gouvernements s’endettent encore un peu plus pour financer la relance de l’économie en panne, soit en subventionnant la consommation, soit en finançant des infrastructures, soit en faisant un peu des deux. L’idée derrière cette approche est que la rentabilité de ces financements dépasserait celle de l’endettement généré et donc que la croissance de l’économie reprendrait des couleurs générant ainsi de nouvelles recettes fiscales permettant d’alléger le fardeau de la dette. Le malheur est que cette approche ne fonctionne pas dès lors que le consommateur est confronté à son propre endettement et à une baisse importante de son pouvoir d’achat  : il épargne. Les statistiques officielles ne sont pas très loquaces sur cette perte de pouvoir d’achat. Même si les prix à la consommation n’avaient pas bougé, ce qui n’est pas le cas malgré tous les tours de passe-passe des agences officielles de statistiques, l’augmentation de la pression fiscale se traduit par une perte très concrète de pouvoir d’achat.

« Entre extrême austérité et tentative de relance que reste-t-il  pour sortir de cette situation ? »
Pour en sortir il faut dans un premier temps en reconnaître l’origine. Le fardeau de la dette combiné avec un interventionnisme effréné des gouvernements est la cause de nos maux. Nous sortirons donc de cette situation lorsque la dette arrêtera d’étouffer toute initiative privée. Pour la faire fondre les gouvernements n’ont plus aujourd’hui qu’une seule solution : la répudier. Ils ne le feront pas. Pourquoi ? Parce qu’ils pensent avoir encore une arme pour s’en sortir.

« Nous allons entrer de plus en plus dans une course à la dévaluation »
Je m’explique. La croissance de la richesse nationale, le PIB, se mesure en agrégeant celles de la consommation des ménages, des investissements des entreprises, des dépenses étatiques, et enfin du solde de la balance commerciale, la différence entre exportations et importations (nota  : PIB = C+I+G+ (X-M)). La consommation est atone. L’investissement des entreprises dépendant principalement de la consommation il n’y a pas grand chose à en attendre. L’État étant obligé lui aussi de se mettre au régime, ce n’est pas de ce côté non plus que viendra la lumière. Il reste donc la balance commerciale. La dernière carte, qui se joue déjà, est donc de favoriser les exportations pour engranger de la richesse grâce à un excédent commercial. Les grands pays industrialisés étant tous dans la même galère fiscale, la compétition va donc être dure. Nous allons entrer de plus en plus dans une course à la dévaluation entre zones monétaires pour favoriser leurs exportations respectives. Au delà des bénéfices hypothétiques attendus sur les exportations, ces dévaluations successives vont impacter directement le pouvoir d’achat des habitants de ces zones monétaires du fait du renchérissement inévitable des matières premières importées. Pour les pays comme la France, dont environ la moitié de la dette est détenue hors de la zone Euro, cette stratégie présentera un attrait particulier, celui de faire fondre la valeur réelle de la dette détenue hors zone Euro.

« Le début de la guerre des monnaies »
Vous l’avez donc compris, le chapitre qui va s’ouvrir maintenant est celui de l’inflation provoquée par des dévaluations compétitives, une guerre des monnaies.
Le chapitre suivant sera celui du retour de la croissance héritée d’une certaine vigueur des exportations. C’est alors que se posera la question de l’éradication des montagnes de papier-monnaie qui ont été «  imprimées  » par les banques centrales pour monétiser les dettes souveraines. Aujourd’hui, ces montagnes ont trouvé refuge au sein même des banques centrales. Prenez par exemple la Réserve Fédérale. Elle affiche dans ses comptes officiels environ 1600 milliards de dollars d’excès de réserves (nota  : la moyenne jusqu’en 2007 était de 50 milliards de dollars d’excès de réserves) logés là par les banques ayant participé au petit jeu à trois de la monétisation de la dette des États-Unis  : le Trésor émet des obligations qui sont achetées par les banques accréditées qui ensuite se tournent vers la Réserve Fédérale pour les transformer en dollars que les banques ne prêtent pas et lui laissent en dépôt. Comment la Réserve Fédérale (la question se pose bien entendu pour les autres banques centrales) fera-t-elle pour retirer du marché ces milliers de milliards de dollars sans faire exploser les taux d’intérêts  ? À défaut d’en savoir plus, car le Réserve Fédérale est muette sur la façon dont elle compte procéder, prenez dès maintenant toutes les mesures nécessaires pour protéger votre pouvoir d’achat. Il devrait en prendre un coup, encore une fois.

*Lire aussi Les perspectives 2012 selon Yannick Colleu.

Pour en savoir plus : le niveau d’endettement par pays

Les perspectives économiques de 2012

Vendredi, janvier 13th, 2012

Pas besoin de consulter Madame Irma ou Elisabeth Teissier pour découvrir ce que nous réserve 2012. Il suffit d’observer ce qui vient de se passer en 2011 pour le deviner. Le Directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com, Charles Sannat, nous en trace les grandes lignes.

Les perspectives 2012 ne sont pas réjouissantes. On a du mal à imaginer une amélioration avec le manque de cohésion de la zone euro et l’absence de solutions durables à la crise.

1/ Le « découplement » zone Euro / USA en termes de croissance et de politique monétaire est le premier facteur d’aggravation de la crise économique mondiale actuelle. Grâce à une monétisation appuyée et un plan de soutien massif, les Etats-Unis vont connaître un semblant de croissance en 2012 alors que l’Europe file droit vers une récession grave et profonde.

2/ Les taux d’intérêt bas pratiqués par les banques centrales sont le 2e facteur d’aggravation. Les états sont de toute façon dans l’incapacité de rembourser des prêts à des taux plus élevés, car ceux-ci sont insolvables. Donc tant que des taux seront bas, la dynamique économique peinera à reprendre, c’est le serpent qui se mord la queue.

3/ Les problèmes de financement bancaires. Le risque de « credit crunch » (banques qui limitent leur offre de crédit) signifie en clair plus d’investissement, plus de prêts, et que les banques ne vont pas bien. Il faudrait qu’elles augmentent leurs fonds propres avec une augmentation de capital (ce qui est très compliqué à l’heure actuelle), soit en réduisant leur exposition aux crédits. Avec les règles de Bale III, de nouvelles normes pour « renforcer les banques » demandent aux banques de reconstituer leurs fonds propres, ce qui implique moins de financement. Cela constitue évidemment un autre facteur aggravant.

4/ Le financement de la dette des états : le plan de rigueur annoncé (et il va y en avoir plusieurs) implique une baisse des rentrées fiscales, ce qui nous conduit droit à la récession : pas de croissance = pas de solvabilité.

5/ Une année de forte volatilité sur les marchés fait que l’on va encore vivre aux crochets d’espoirs qui vont être déçus, on va sensiblement vivre la même année qu’en 2012 mais en pire !

6/ Les pays émergents vont connaître une fin d’année difficile, notamment la Chine dont le premier client est la zone euro qui va arrêter d’acheter et se replier sur elle-même.

Parmi les autres indicateurs négatifs, on n’entendra plus parler des entités financières supposées apporter de l’aide à la zone euro : le Fonds Européen de Stabilité Financière, le Fonds Monétaire Européen, ou encore le Mécanisme Européen de Stabilité sont des projets enterrés mort-nés.

En clair, nous sommes rentrés depuis 2011 dans un cycle de désendettement, avec toute l’austérité que cela comprend, qui va prendre du temps. Il y a cependant de bonnes opportunités à prendre, notamment sur l’or qui reste la seule et indubitable valeur refuge. Nul besoin d’en acheter des sommes astronomiques pour se mettre à l’abri des besoins futurs, un gramme par-ci, un gramme par-là… L’achat d’or n’est plus un argument commercial mais de survie !

Pièce d’or Mexicaine : Once ou Libertad

Jeudi, décembre 22nd, 2011

L'Ange de l’Indépendance - Mexique

Nous allons aborder une des pièces d’investissement les plus vendues au monde, fabriquée sur le territoire mexicain. Il s’agit de l’Once ou de la Libertad.

Son origine remonte en 1981, venant enrichir le marché de l’or d’investissement où jusqu’alors seuls étaient présents le Krugerrand depuis 1960 et le Maple Leaf en 1979. Au début, cette pièce d’or mexicaine était dénommée ‘Once’ mais quelques années plus tard, son nom fut changé à celui de ‘Libertad’.

C’est une pièce ayant cours légal au Mexique (la pièce en argent n’est pas considérée de cours légal, seule celle en or), classée Type I et à la différence des autres pièces d’or, celle-ci n’a aucune valeur faciale. Ainsi, sa valeur doit être mesurée en poids. Si nous voulons calculer sa valeur faciale, nous pouvons l’obtenir en convertissant son poids selon le cours du jour de l’or’.

 

Origines

Dans les années 70, pendant que nous traversions une importante crise du pétrole, il fut nécessaire d’élaborer de nouveaux produits qui allaient permettre de se sortir de cette crise. C’est à ce moment là que la banque du Mexique, sous la direction de Gustavo Romero Kolbeck, confia le projet au Musée de la Monnaie de fabriquer une pièce d’or au poids d’une once, et qui serait liée historiquement parlant à la célèbre pièce de ‘50 pesos Centenario’ (dont nous parlons dans un autre article), et qui représentait le centenaire de l’Indépendance du Mexique.

Caractéristiques

Son poids est de 34.55gr, 900 millièmes d’or (de celles frappées entre 1981 et 1991), au diamètre de 34.50 mm, épaisseur de 2.50 mm, soit un poids total de 31.03 gr d’or et le restant d’argent pur.

Lors du pemier tirage entre les années 1981  et 1991, la pièce fut frappée en 3 poids distincts, à savoir : 1 once, une ½ once et ¼ d’once.

Entre 1989 et 1991, le tirage de la Libertad fut interrompu puis repris en 1991 en complétant la gamme de deux nouveaux poids : 1/10 d’once et 1/20 d’once. Ce qui signifiait que la pièce se déclinait en 5 poids différents.

En 1991, la pureté de l’or fut également revue pour cette pièce puisque celle-ci passa à 99,9 (0.999) – de même que le poids de l’Once à 31.10 gr.

Ces modifications sont désormais classées sous le Type II.

1 Once

 

1/2 Once

1/4 Once

1/10 Once

1/20 Once

 

Avers et Revers

 

Pièce d’or ‘Libertad’ de 1981.

 

L’avers de ces pièces affiche le blason du Mexique tandis que le revers ‘la Victoire Alada’ – la même que sur les pièces de 50 pesos Centenario. Dans sa main droite, elle tient une couronne de lauriers qui représente la victoire et dans la main gauche une chaine brisée qui représente la liberté – au fond, les volcans Popocatepelt et Iztaccihualt, le premier considéré comme une divinité durant l’époque préhispanique et vénéré par les Aztèques.

Surplombant les volcans et apposé aux côtés de la Victoire Alada est écrit ‘1 Once d’Or Pur’ (sur le côté gauche), l’année 1981 (sur le côté droit) et en-dessous : Mexico (ceci pour la pièce de l’année 1981).

Sur la pièce de 1994, apparait ‘1 Once’ sur le côté gauche, ‘Or Pur” sur le côté droit, et, sur les bords de la partie inférieure, nous observons l’année, Mexico et la loi.

 

Pièce d’or ‘Libertad’ de 1994

 

L’Aigle occupe la partie centrale de l’avers, exposé de profil gauche, avec les ailes levées, en position de combat, posé sur un figuier de Barbarie (symbole national du Mexique), tenant un serpent dans son bec. Sur tout cet ensemble est inscrit Estados Unidos Mexicanos (Etats-Unis Mexicains).

En 1996, l’apparence de cette pièce subit quelques changements. La Banque du Mexique décida d’opérer ces changements afin de rendre cette pièce plus attirante au public.  De cette manière, l’avers revêt maintenant en plus de l’aigle central du Codex Mendocino, les caractères de 10 escudos tout autour ainsi que différents types d’aigles appartenant au défilé de gouvernements de l’Etat Mexicain, en passant par le Premier Empire d’Iturbide, Porfirio Díaz, l’Aigle aztèque, etc …

Sur le revers, la Victoire Alada, considérée d’une toute autre manière de nos jours, met en évidence la colonne qui la soutient.

La disposition des lettres change également et celles-ci se trouvent maintenant sur la partie supérieure, sur le rebord. L’ordre de la légende apparait ainsi – en premier : 1 once d’Or Pur, puis l’année de la frappe et la loi.

 


Pièce d’or ‘Libertad’ de 1996

 

De par sa beauté, sa pureté, sa qualité et sa renommée depuis tant d’années, cette pièce est une pièce d’excellence, une référence pour  l’investissement au niveau mondial.

 

Sommet européen : un énième pacte qui ne convainc pas

Vendredi, décembre 9th, 2011

Les 17 pays de la zone euro se réunissaient hier pour un énième sommet européen. Ils se sont entendus sur un nouveau « pacte budgétaire », qui permettrait de mieux contrôler les budgets des états de la zone euro. Contrairement à Angela Merkel et Christine Lagarde, présidente du FMI, la plupart des économistes sont très pessimistes quant à la capacité des états à rembourser leurs dettes et davantage encore quant à l’avenir de l’euro.

Un « pacte budgétaire » pour les pays de la zone euro

10 heures de tractations ont été nécessaires pour aboutir à ce nouveau pacte.  Voici ce qu’il en est ressorti :
-    Un contrôle plus strict des budgets nationaux, avec des sanctions en cas de dépassement des 3% de PIB de déficit public et en cas d’augmentation trop importante des dettes publiques.
-    La gestion du Fonds de secours de la zone euro (FESF) par la Banque Centrale Européenne (BCE). Le FESF devait passer de 250 milliards d’euros à 1 000 milliards d’euros, mais cet objectif a été revu à la baisse.
-    La création d’un Mécanisme européen de stabilité (MES), géré également par la BCE, avec une capacité de prêts de 500 milliards d’euros.
-    Le renflouement du Fond Monétaire International à hauteur de 200 milliards d’euros, sous dix jours.
Si ces fonds permettraient d’assurer une sécurité suffisante aux pays de la zone euro en difficultés et endettés, encore faut-il les approvisionner !

114,7 milliards d’euros

C’est le montant des fonds propres nécessaire aux banques européennes pour faire face à la crise des dettes souveraines européennes. Un montant majoré de 8,7 milliards par rapport aux estimations d’octobre 2011.

Mais comment mettre sur la table une telle somme, alors que la croissance des pays est au plus bas et que les plans de rigueur ne parviennent pas à désendetter ? Tout porte à croire que les mêmes erreurs vont être répétées : en l’absence de croissance et avec un taux de chômage record, la seule solution qu’a l’Europe pour sortir ces milliards de sa poche est de créer de la monnaie. Et donc de la dette.

On connait la suite : cette création monétaire, basée sur aucune richesse tangible, va provoquer une hyperinflation, qui ne fera qu’aggraver la situation des pays en crise.

Les plans de rigueur ?

On constate avec l’expérience de la Grèce et quelques mois de recul que les plans de rigueur ne parviennent pas à faire redécoller l’économie des pays qui les mettent en place. Ces plans de rigueur ne permettent pas à ces pays de rembourser la dette. Pire, ils tuent la croissance et aggravent la dette.

Au lendemain des premières négociations du sommet et malgré les congratulations échangées ce matin, l’éclatement de la zone euro guette et la monnaie fiduciaire, l’euro, pourrait voir son espérance de vie diminuer brutalement. Si cette sortie de l’euro représente une chance pour sortir de ce marasme, il faudra trouver de nouvelles bases pour reconstruire l’économie des pays en crise. Des bases plus solides comprenant des valeurs d’échanges plus sûres, au premier rang desquelles se trouve l’or.

Le « AAA » de la France gravement menacé

Mardi, novembre 22nd, 2011

Le triple A pourrait  être retiré à la France, a annoncé hier l’agence de notation Moody’s. La hausse des taux d’intérêt, corollaire de l’éventuelle perte du AAA, est déjà perceptible et, irrémédiablement, les cours de la bourse sont à la baisse, notamment celui de l’or. C’est encore le bon moment d’acheter !

L’agence Moody’s a envoyé un message d’avertissement à la France hier, lundi 21 novembre : sa note « AAA » est une fois de plus sous haute surveillance. Cette menace intervient alors que la dette souveraine de la France continue de s’envoler, que les taux d’intérêt sont en hausse, les perspectives de croissance bien mornes et que le projet de budget pour 2012 ne suffit pas à rassurer les marchés.

Le ministre français de l’économie, François Baroin, dans ses déclarations ce jour, s’est voulu très optimiste quand au respect des objectifs et des engagements fixés par le gouvernement pour conserver la note de la France. Nicolas Sarkozy a même fait du maintien du triple A sa priorité et un argument de campagne pour 2012 . Mais pas sûr que cela suffise à rassurer les marchés.

Hier, l’annonce de Moody’s a immédiatement provoqué une baisse des actions sur les marchés. Le CAC 40 a chuté de plus de 3% et aucune valeur n’a été épargnée ! Cette baisse était accentuée par les questions sur la réduction du déficit débattues par les parlementaires américaines ce même jour.

Quelles conséquences si la France perd son triple A, le « trésor national de la France » ?

Les conséquences que l’on perçoit aujourd’hui alors que le doute plane sur la conservation du triple A, serait démultipliées en cas de perte effective de la sacro-sainte note. Les taux d’intérêt des emprunts ne manqueraient pas de grimper, alors qu’ils atteignent déjà un niveau inquiétant, plus de deux fois supérieur à celui de l’Allemagne. Les emprunts pour le remboursement de la dette souveraine reviendraient alors plus chers à la France. C’est le serpent qui se mord la queue !

Les Français pourraient aussi ressentir cette baisse de la note très directement. Premières conséquences probables : la hausse des taux d’intérêt sur les achats immobiliers et un accès plus limité aux crédits bancaires. Les collectivités pourraient aussi souffrir de la perte du triple A, provoquant la hausse des taxes et des impôts.

C’est le moment d’acheter !

Dans ce contexte de recul des actions qui a suivi l’annonce de Moody’s, il devient intéressant d’acheter des actions. L’or papier, notamment, a perdu 1,19% de sa valeur. Il était échangé hier à 1 704.65 USD l’once à la clôture du marché des changes asiatique.

Toutefois, dans ces périodes d’instabilité, l’or physique reste encore la meilleure solution pour placer son argent et sécuriser son épargne.

Et si l’Allemagne quittait la zone Euro?

Lundi, novembre 14th, 2011

Telle est en tout cas l’information du Docteur Pippa Malmgren, ancienne conseiller économique du Président américain.

Entre rumeurs de plus en plus insistante et désinformation il est difficile d’y voir clair. Néanmoins d’un point de vue purement intellectuel la sortie de l’Allemagne de la zone euro serait une hypothèse relativement « élégante » bien que ce soit celle dont on parle paradoxalement le moins. Et pourtant…

Selon Docteur Pippa Malmgren les allemands sortiront de la monnaie unique dès que la survie de la zone euro sera irrémédiablement compromise par exemple avec la faillite de l’Italie qui, hélas, se profile dangereusement à l’horizon.

Si la Grèce était « sauvable » avec une dette de seulement 350 milliards d’euros, avec l’Italie nous sommes dans un tout autre ordre de grandeur puisque la dette italienne avoisine les 2000 milliards d’euros.

L’ensemble des pays de la zone euro souhaite pouvoir monétiser les dettes souveraines à savoir faire fonctionner la « planche à billets » comme c’est le cas au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou encore au Japon, pays qui bien que plus endettés que nous, ne sont pas inquiétés par les marchés.

De cette solution, les Allemands de veulent pas. Pour une raison simple. La dernière fois que l’Allemagne a utilisé la « planche à billets » c’était dans les années 20. Le résultats? Une hyperinflation tellement violente que l’Allemagne fut ruinée, ouvrant la porte à l’avènement du nazisme et à la deuxième guerre mondiale. En 1945, l’Allemagne est détruite, humiliée, coupée en deux, sous occupation étrangère et responsable du plus abject des génocides… bref un bilan lourd et traumatisant, qui dans l’esprit collectif allemand à pour cause originelle… une utilisation abusive de la « planche à billets ».
Or si la BCE ne monétise pas, l’ensemble des autres pays européens courent à la catastrophe et à la faillite. Une sortie de l’Allemagne de la zone euro permettrait à l’ensemble des autres pays d’utiliser les mêmes armes monétaires que l’ensemble des autres pays comme le Japon ou les USA. L’Allemagne garderait quant à elle le contrôle strict de se nouvelle monnaie. Pour nos amis allemands l’inflation est un poison.

Ce qui est sur c’est que l’Italie sonne l’heure de vérité pour l’Europe et la zone Euro.

D’après cet article, l’Allemagne aurait même demandé aux imprimeurs de hâter l’impression des nouveaux billets.
Pour lire l’article: http://www.pippamalmgren.com/79.html

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "