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Pour le 100ème numéro de cette chronique du cours de l’or et de l’argent, nous allons répondre à cette question : comment le cours de l’or est-il calculé ? Et surtout, quel est le vrai prix de l’or ? Question simple mais réponse complexe. On vous dit tout.

L’or papier fait-il le cours ?

Le cours de l’or qui est analysé par notre expert en analyse graphique Tradosaure est appelé le cours spot. Il est proposé par différentes bourses à travers le monde spécialisées en général dans les matières premières et l’énergie. La plus connue est le NYMEX, New-York Mercantile Exchange. Mais on trouve aussi des bourses en Asie (Hong-Kong par exemple), en Chine, en Inde, à Dubaï et bien sûr le LBMA (à Londres). Enfin, le cours de l’or est aussi proposé par le GLOBEX (Chicago) qui est une plateforme électronique de titres financiers et de contrats à terme. Ce cours spot est donc le résultat d’échanges d’or physique mais aussi de titres ou produits financiers, de l’or papier. On notera que le cours, avec les fuseaux horaires évolue du dimanche soir au vendredi soir sans arrêt. Pour le cours de l’or en semaine, il n’y a pratiquement aucune clôture.

Le fixing des grands acteurs de l’or : le LBMA

Comme il n’y a quasiment pas de clôture pour le cours spot à part le week-end, le seul moyen d’avoir un repère fixe, c’est de récupérer le fixing du LBMA (London Bullion Market Association), deux fois par jour.  C’est parfois indispensable pour des transactions importantes. Ce prix de l’once troy est calculé avec les transactions des adhérents de cette association : des grandes banques, des mines, des industriels (raffineries, fondeurs, etc.). Il a l’intérêt d’être basé sur des échanges d’or physique et pas sur de la spéculation financière. Mais il génère un certain nombre d’interrogations voire de fantasmes sur la possible entente entre ces grands argentiers.

Pour un cours de l’or « indépendant »

C’est un projet qui fait son chemin. Les acteurs comme le groupe que je dirige AuCOFFRE pourraient tout à fait mettre leurs données en commun pour établir un cours de l’or d’acteurs plus petits que les adhérents du LBMA. Evidemment, dans ce métier, il est très difficile de partager les informations de ses transactions avec des concurrents. Mais on pourrait imaginer une blockchain qui permettrait d’anonymiser et surtout de chiffrer les données pour ne rendre public que le cours final. Il n’y aurait donc plus de problématique de concurrence. J’y travaille activement.

Le cours de l’or très influencé par le trading ?

cours de l'or sur un an février 2020 - février 2021
L’évolution du cours de l’or sur 1 an (fevrier 2020/février 2021) avec la crise COVID 19 à la mi mars 2020.

C’est là que cela se complique. En effet, on a vu le 17 mars 2020 lors de la forte chute des indices boursiers en raison de la crise COVID 19 que le cours de l’or a baissé lui aussi. On aurait pu s’attendre à un comportement inverse de celui des actions de la part de la valeur refuge. En fait, les gestionnaires de fonds se sont débarrassés de leurs titres et contrats futurs « gold » qui avaient pris beaucoup de valeur pour sauver leurs marges. Donc oui, le cours de l’or a été chahuté par les tradeurs. Mais quelques jours plus tard, l’or reprenait sa marche en avant.

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Quel est le vrai prix de l’or ?

On pourrait estimer qu’il s’agit uniquement de la valeur industrielle. C’est-à-dire, le coût d’extraction et par extension, celui du temps homme nécessaire pour extraire une once d’or, le salaire du mineur. On estime aujourd’hui qu’il est de 1 000 euros. A cela, on ajoute le prix du raffinage, les marges des intermédiaires et on arrive peu ou prou à 1300 euros. Si le cours est au-dessus, l’or est « trop » financiarisé.

Les sous-jacents de l’or sont multiples et variés

On ne le répètera jamais assez, si le cours de l’or est au quotidien basé sur des échanges financiers, son ADN est constitué de gènes très différents :

  1. C’est une matière première industrielle, son prix répond de l’offre et la demande. Si l’électronique et l’informatique vont bien par exemple, l’or en bénéficie.
  2. Il accompagne le développement de l’humanité depuis très longtemps notamment pour les échanges et le commerce mais aussi pour conquérir des territoires.
  3. C’est une garantie pour les Etats et leur politique monétaire sous forme de stocks d’or
  4. Culturellement, c’est une protection du patrimoine du particulier : les pièces de collection, les jetons, les lingots.
  5. Et surtout, c’est une preuve d’amour pour quasiment tous les peuples. En effet, le principal usage de l’or, c’est la fabrication des bijoux. Et notamment, en Inde, pour les mariages. Cela représente 50% du marché.

Le cours de l’or s’équilibre toujours

La diversité de ces sous-jacents permet à l’or d’être toujours stable sur le long terme. Si on prend l’exemple de l’année 2020, année COVID, formidable accélérateur de tendances. Pendant que les financiers reprenaient leurs achats d’or papier après la correction de mars 2020, les indiens, confinés n’ont pas pu se marier. Résultat, le business de la joaillerie s’est retrouvé en berne. Mais dans le même temps, le même confinement a ralenti le travail des industriels. Donc la matière première industrielle a été plus compliquée à obtenir, ce qui a créé de la tension sur le prix. Et donc, en 2020, l’or s’en est plutôt très bien tiré.

Le prix de l’or en février 2021

Retour à notre vidéo hebdomadaire, celle de notre expert en analyse technique des cours des métaux précieux. Le cours de l’or est toujours en tendance baissière. Mais il précise qu’il ne faut pas s’affoler. Il nous rappelle que les corrections après de fortes hausses sont habituelles. Et il estime d’ailleurs que l’or pourrait aller chercher un support majeur à 1303-1327 euros l’once. Si c’était le cas, on serait sans doute au vrai prix de l’or, ce moment où les investisseurs reprendraient leurs achats…qui feront remonter le cours.

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