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Crise en Turquie : attention à l’effet domino sur l’économie mondiale


La crise monétaire turque, « un risque pour l’économie allemande ». C’est le signal d’alarme lancé par le ministre des Finances allemand en début de semaine, alors que la Turquie vit depuis quelques semaines une crise majeure. Et s’il fallait surtout y voir un risque d’effondrement d’un rouage du système ? Surtout dans un environnement économique où les créances douteuses font planer une menace bien réelle sur l’ensemble de l’économie bancaire…

L’effet domino appliqué aux crises économiques

Vous avez sans doute déjà observé la chute des dominos. Quand une première pièce tombe, elle entraîne la chute d’une autre, puis encore une autre. Certains experts en font même des tableaux : une pièce en entraîne trois, qui à leur tour en entraîne plusieurs autres jusqu’à l’effondrement complet. Eh bien, voici la situation à laquelle la crise monétaire turque pourrait confronter l’Europe (et pas seulement).

Selon un rapport du ministère allemand des Finances, « les sanctions américaines et la crise monétaire qui en découle pourraient pénaliser l’économie allemande ». L’Allemagne est en effet le deuxième investisseur étranger dans le pays. Et même si le ministre Olaf Scholz estime que l’économie de son pays « reste dynamique, soutenue par les dépenses publiques, la consommation privée, les faibles taux d’intérêt…. », il note que « les développements économiques en Turquie présentent un nouveau risque économique externe ».

L’Allemagne, puissance économique forte ? Sans doute. La situation ne serait déjà pas la même si la même situation frappait l’Italie, déjà mise à mal par une crise politique devenue économique depuis quelques mois. Mais cela fait quand même un domino supplémentaire dans l’équation. Et en début de semaine dernière, l’euro marquait déjà le pas et tombait à son plus bas sur 15 mois, « plombé par les craintes de répercussions de la crise turque sur les banques européennes ». La crise turque touche l’Allemagne qui impacte de nouveau l’Europe déjà fragilisée par l’Italie. Sans compter que l’Europe est déjà le premier partenaire commercial de la Turquie : voici l’effet domino qui se dessine.

Et pas seulement en Europe d’ailleurs : les devises émergentes sont aussi concernées. Ainsi en Indonésie, L’Express relevait la semaine dernière la « hausse des taux d’intérêt sur fond de crise en Turquie ». Sur fond de « turbulences économiques en Turquie », ce sont aussi les tensions entre le gouvernement d’Erdogan et les Etats-Unis qui créent un déséquilibre palpable à l’autre bout du monde.

Le risque des créances douteuses n’a jamais été aussi fort

Dans un environnement financier sain, ce genre d’équation pourrait passer inaperçue. Mais le risque est beaucoup plus fort alors que l’économie mondiale repose de plus en plus sur le « shadow banking ». Souvenez-vous : ces créances douteuses sont une finance parallèle, une finance « déstructurée » qui se développe encore plus depuis 2008. Comme je le disais il y a quelques semaines, cette finance de l’ombre répond aujourd’hui à des besoins des investisseurs et des emprunteurs. Elle contourne les réglementations et restrictions – ou devrais-je dire les garde-fous, mis en place après la crise des subprimes. Lorsque tout se passe bien, elle est l’un des rouages du système « crédit – consommation – croissance ». Mais on le voit avec les risques liés à la dette italienne, à la crise turque ou à d’autres signaux d’alarme : les rouages grincent déjà !

Dans les déclarations du ministre allemand des finances, un mot m’interpelle. Olaf Scholz estime que l’économie de son pays reste dynamique et soutenue par plusieurs facteurs, dont « les faibles taux d’intérêt ». Nous y revoilà : la dette ! Je vous proposais il y a deux mois sur le blog une interview des économistes Steve Keen et Dany Lang sur le sujet des économies zombifiées. « Le crédit est un « zombificateur » en série des économies : il les transforme en morts-vivants de la dette », soulignent ainsi les deux économistes. Pour qui la prochaine crise ne partira pas forcément des Etats-Unis, mais bien d’un pays « où la croissance est encore soutenue par le crédit et où la dette privée progresse plus vite que le PIB nominal ».

Dans un numéro de 2016 de la revue d’économie financière, les chercheurs allemands Günter W. Beck et Hans-Helmut Kotz (Université Goethe de Francfort) se penche aussi sur le sujet des « activités de shadow banking dans un contexte de taux d’intérêt bas. « Une politique de taux très bas, et de ce fait des taux de marché également très bas, est susceptible d’augmenter les incitations des investisseurs à prendre des risques. De même, le renforcement du cadre réglementaire, notamment pour les banques, accroît l’attractivité comparative du shadow banking, moins réglementé. » Et il faut quand même souligner que depuis 2011 et malgré des tentatives de réglementations financières et bancaires, la part des créances douteuses n’a cessé d’augmenter. Reste à voir quand le château de cartes va s’écrouler, et quel domino provoquera l’effondrement du système !

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A propos de Jean-François Faure

Jean-François Faure
Jean-François Faure. Président d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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