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Combien la Grèce pèse-t-elle sur vos économies ? La question peut paraître cynique, mais elle est de plus en plus sur toutes les lèvres, avec une sortie de l’euro et un retour à la drachme tout à fait envisageables. La Grèce n’est pas qu’un pion économique mineur de l’Union Européenne. L’avenir de l’Europe dépend de la Grèce. Pour comprendre pourquoi, nous vous proposons d’expliquer clairement le mécanisme de la dette grecque.

1.       Etat des lieux de la dette grecque

Comment la dette souveraine grecque a-t-elle pris une telle ampleur ? Depuis son entrée dans la zone euro en 2001, la Grèce a toujours eu beaucoup de mal à s’aligner sur les exigences de la monnaie unique. Une monnaie unique pour des économies à plusieurs vitesses, n’était-ce pas utopique ? Son application n’a-t-elle pas été coercitive ? Jusqu’à quel point a-t-elle été acceptée par le peuple ? Toujours est-il que la Grèce a dû beaucoup emprunter pour se mettre au diapason de ses voisins européens et donc beaucoup rembourser. Et plus la Grèce a dû rembourser, plus les taux d’intérêt étaient élevés, plus les créanciers doutaient de la capacité du pays à rembourser sa dette publique et ses taux d’intérêt ont grimpé en flèche. C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue, un cercle vicieux sisyphien.

Pays qui produit peu de richesses et qui exporte peu, la Grèce s’est vite retrouvée avec taux d’endettement record. Celui-ci atteignait 165,3% de son PIB en 2011 avec un déficit public supérieur à 9%.

–          La dette grecque expliquée

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Dans cette vidéo, Jean Borjeix, associé gérant chez Platinium Gestion déclare que la structure même de l’euro est un frein à l’aide apportée à la Grèce. Selon les critères de fonctionnement établis par Maastricht, un pays appartenant à la zone euro doit répondre à plusieurs exigences :
– il ne doit pas dépasser 60% du PIB
– ne pas avoir de déficit budgétaire supérieur à 3% du PIB
– et une inflation inférieure à 2%.

Et ceux qui ne respectent pas ces exigences, qu’est-ce qu’on fait ? En les aidant, on risque de sortir soi-même des critères. Il est difficile de faire marcher tout le monde au pas, surtout avec des économies à plusieurs vitesses et dont le fonctionnement diffère à bien des égards.

–          Les deux problèmes majeurs de la Grèce

– un problème de trésorerie à court terme : la Grèce doit rembourser rapidement des échéances. Ce problème de trésorerie à court terme peut se régler simplement par une émission monétaire courte, mais les pays très endettés et qui ont déjà beaucoup de mal à rembourser ces échéances par rapport à leur budget peuvent très difficilement effectuer émissions obligataires pour honorer leurs échéances. Cela reviendrait à réemprunter pour rembourser des échéances d’emprunt et s’endetter encore plus.

La 1e aide de 110 milliards d’euros accordée à la Grèce était justement une aide accordée à sa trésorerie, sous réserve que le pays en faillite redresse ses comptes.

– Le redressement des comptes publics est le deuxième problème de la Grèce qui doit retrouver l’équilibre au niveau de ses dépenses publiques. C’est le plus difficile. La formule prêterait à sourire si la situation de nos voisins n’était pas si dramatique. En clair, la troïka (l’Union Européenne, la BCE et le FMI) demande à la Grèce plus d’austérité alors que plus de 20% de la population vit déjà en dessous du seuil de pauvreté (chiffres mars 2012) et que le chômage touche 21,7% de la population active.  Les sacrifices sur l’autel de l’austérité vont-ils profiter au peuple grec ? Non. « L’assainissement des finances publiques » est un bien bel euphémisme pour désigner des suppressions d’emplois, d’aides sociales et postes dans la fonction publique…

Que faudrait-il pour que la Grèce efface sa dette ? Que son PIB soit excédentaire pour rembourser ses taux d’intérêt. On nage en pleine science-fiction quand on sait qu’en France, plus grande productrice de richesses, la croissance flirte avec zéro %.

Le dossier d’Olivier Berruyer sur le « Bilan final du plan d’aide à la Grèce » montre que le ratio dette/PIB de la Grèce (165%) mettra des années à diminuer.  Le niveau d’endettement de la Grèce ne devrait pas être viable avant 2030. Ce qui se traduit par un niveau d’endettement inférieur à 100% dans une vingtaine d’années…

 2.          La Grèce maintenant

Après avoir réussi à annuler une partie de sa dette par 83,5% de ses créanciers en mars dernier, la Grèce a réussi l’exploit de faire fondre une partie de sa dette de 23,8% grâce à une restructuration forcenée, la faisant « baisser » de 367,978 à 280,292 milliards d’euros en un trimestre. Ce chiffre ne représente toutefois pas la totalité de la dette souveraine grecque.

Toutefois, cette bonne nouvelle, les divers plans d’aide à la Grèce, le changement de gouvernement et les mesures d’austérité prises par le pays, les agences de notation s’en fichent. Cela n’a pas empêché l’agence Fitch de dégrader une fois de plus la Grèce le 18 mai dernier, convaincue que le pays n’est toujours pas en mesure de participer à l’Union économique et monétaire. Pour les marchés qui lorgnent déjà sur l’Espagne et l’Italie, la Grèce n’existe plus.

3.       Les conséquences de la crise grecque 

La crise a d’abord des conséquences politique, elle attire les extrêmes, de gauche et de droite. Avec les sièges remportés par le parti néonazi « la Nouvelle Aube dorée » lors des dernières élections législatives de mai, le spectre de 1933 plane sur la Grèce, comme en témoignent ces récentes agressions de membres du parti CHRYSSI AVGHI sur des réfugiés afghans.

La crise, plus que la politique, a précipité « le berceau de la démocratie » dans le chaos. Faute d’un accord des partis pour un gouvernement de coalition, un gouvernement provisoire composé de technocrates a été formé en attendant de prochaines élections.

Autre conséquence attendue quand un pays traverse une telle crise, c’est que les Grecs retournent à la terre, comme cette Hellène qui a quitté Athènes pour se lancer avec plus de succès dans l’élevage d’escargots ! Pour revenir à la théorie des vagues d’Elliott, nous nous situons actuellement dans le creux d’une vague 3, qui correspond à la fois à des phénomènes économiques et financiers. En fin de vague décroissante, on observe un retour des gens à la terre. Autre phénomène, les gens retirent massivement redoutant les faillites bancaires… Et c’est là que l’or prend toute sa signification.

Si la Grèce sortait de la zone euro (nous reviendrons dans un prochain dossier sur les scénarios possibles de l’avenir grec), les conséquences seraient sans appel. Une monnaie fiduciaire (qu’est l’euro) repose par essence sur la confiance, et par étymologie aussi (fiat = confiance). Or si la Grèce sort de la zone euro, la confiance dans l’euro sera ébranlée, menaçant l’équilibre et l’ave,nir d’une région économique toute entière.

La France, « très présente » dans la dette grecque, serait le pays « le plus exposé à une sortie de la Grèce« .

Si vos euros risquent de fondre comme neige au soleil, l’or est le seul actif qui lui va profiter.

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