Pourquoi le prix d’un Louis d’or de 1640 a-t-il atteint 165 000 euros ?

par | 30 Avr 2026 | Or | 0 commentaires

Temps de lecture : 3 minutes

Il arrive souvent que la valeur d’une pièce d’or dépasse celle du métal précieux qu’elle contient. Mais lorsqu’un Louis d’or est vendu 165 000 euros, il s’agit vraiment d’une situation exceptionnelle, qui combine grande rareté et intérêt des collectionneurs. Voici pourquoi le 10 Louis d’or de 1640 a été vendu aussi cher en avril 2026.

Une monnaie royale « plaisir » : ce qui est très rare est très cher

Une pièce vendue 19 fois plus cher que sa valeur en or

La pièce de dix Louis d’or, frappée en 1640 et qui porte l’effigie de Louis XIII, a été a été adjugée à 165 000 euros lors d’une vente aux enchères. Même si son poids est remarquable pour une pièce d’or (67,10 grammes, soit plus de deux onces), le prix dépasse largement celui de la valeur de son or. Et pour cause : en tenant seulement compte de la valeur du métal, le prix de la pièce n’aurait pas dû dépasser 8 783 euros, selon le cours de l’or le 21 avril 2026 (4 070,84 euros l’once le jour de la vente). Pourtant, d’abord estimée à près de 100 000 euros, la pièce a finalement été vendue pour presque 19 fois le cours de l’or.

Bon à savoir : Ne confondez pas le Louis d’or et le Napoléon 20 Francs ! Les Louis d’or désignent les pièces d’or frappées sous le règne de Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Après la Révolution, ils ont été remplacés par les différents types de Napoléon (20 francs, 10 francs…). Par habitude, le Napoléon 20 francs est parfois appelé Louis d’or. Mais il s’agit bien de pièces très différentes. 

Pourquoi le Louis d’or de 1640 s’est-il vendu aussi cher ?

Plusieurs raisons expliquent un prix aussi élevé. D’abord, la très grande rareté de la pièce. Il s’agit d’une monnaie « de plaisir », c’est-à-dire une pièce qui était utilisée sur les tables de jeu de la cour de Louis XIII. Ce type de pièce était plutôt distribué (avec parcimonie) au sein de la cour royale, sans être destiné à circuler. Il existerait, à ce jour, encore une vingtaine d’exemplaires de ces pièces dans le monde.

Le 10 Louis d’or de 1640 présente aussi un grand intérêt numismatique. En amont de la vente, le commissaire-priseur faisait d’ailleurs référence à « la Joconde des pièces ». Il s’agit en effet des premières versions des Louis d’or, témoignage d’une période où la France se dote d’une monnaie plus forte pour asseoir sa souveraineté et sa puissance.

Bon à savoir : La rareté et l’intérêt d’une pièce font partie des éléments qui influent sur sa prime, c’est-à-dire la différence entre le prix du métal précieux contenu dans une pièce, et le prix auquel elle s’échange réellement. D’autres éléments entrent aussi en ligne de compte, comme la demande et l’état de conservation. Pour tout comprendre sur la prime d’une pièce d’or

À quoi ressemble ce Louis d’or de 1640 ?

Une pièce très lourde et ornée de symboles de la royauté française

La monnaie « plaisir » de 1640 a d’autres particularités. Dont son poids : elle pèse 67,10 grammes d’or pur et mesure 45 millimètres de diamètre. Elle est donc deux fois plus grande qu’un Napoléon 50 francs, qui est déjà une grande pièce, et presque quatre fois plus lourde.

Le 10 Louis d’or est gravé par le sculpteur français Jean Varin. Sur son avers, il porte l’effigie de Louis XIII, roi de France, ainsi que des inscriptions en latin. Sur son revers, une croix formée de plusieurs L est gravée, entourée de 4 lys. Autant de symboles royaux !

D’une collection privée à une autre ?

Avant l’enchère, la pièce de 10 Louis d’or appartenait à des particuliers. Acquise en 1945, elle était « le fleuron d’une ancienne collection peu à peu dispersée par les descendants », selon le commissaire-priseur de la vente. L’identité du nouvel acquéreur n’est pas connue : la pièce pourrait orner un salon privé, comme rejoindre la collection d’un musée.

Une pièce qui a largement dépassé le prix de l’or… et ce n’est pas la seule

Ce n’est pas la première pièce dont le prix atteint des records lors d’une vente aux enchères. On est même encore loin du prix du Double Eagle Saint-Gaudens 1933, vendu en 2021 pour 18 millions de dollars. Ici aussi, c’est la très grande rareté de la pièce (l’une des deux seules au monde) qui avait agité le monde des collectionneurs. En novembre 2025, une pièce d’or espagnole a été vendue pour 3 millions d’euros en Suisse : un Centén Segoviano de 1609. Et on trouve aussi des records parmi des pièces particulièrement anciennes, comme un statère du IVe siècle avant J.-C., vendu pour 5,53 millions d’euros en 2023 en Suisse.

Bien sûr, ce n’est pas le type de pièce qui se transmet de génération en génération ou qui s’offre à certaines occasions. Mais il reste qu’il existe bien des pièces d’or beaucoup plus accessibles à tous les budgets, qui permettent de se constituer un patrimoine et de bénéficier du levier de la prime, sans passer par des salles d’enchères !

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Tiberghien, Perrine
Ancienne journaliste de presse écrite, je décrypte l'univers des métaux précieux pour vous aider à mieux comprendre le monde de l'or et de l'argent.

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