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Si la semaine a été marquée par l’actualité politique américaine, on remarque surtout que les grandes institutions sont à la manœuvre autour de l’or. Entre achats importants des banques centrales et volonté des pays de détrôner Londres comme référent du marché de l’or après le Brexit, ça s’agite dans les couloirs feutrés de la finance.

Make l’or great again ?

On le sait, les investisseurs détestent l’incertitude. Cette montée en pression avant les élections de mi-mandat aux Etats-Unis  rendait les marchés fébriles, avec des déclarations de politique étrangère de Donald Trump destinées avant tout à consolider sa base électorale. L’indice de volatilité VIX s’était installé bien au-delà des 20 points depuis le mois de septembre pour chuter vers les 17 points le 6 novembre au soir après les résultats.

Pendant ce temps-là, l’or reprenait des couleurs en profitant fortement de l’incertitude ambiante. On remarque aussi l’effet immédiat des résultats des élections américaines  sur les cours de l’or sur le zoom hebdomadaire que je vous propose en illustration.

Et pendant ce temps-là, des banques centrales augmentent leurs réserves en or !

C’est un phénomène que nous avions relevé dès la sortie du rapport du World Gold Council, c’est au tour des analystes de reprendre cette information. Et pour les économistes, il n’y a pas de mystère, si certaines banques centrales achètent des tonnes d’or, c’est bien en réponse à la politique de Donald Trump.

Olivier Demeulenaere reprend notamment les déclarations d’économistes dans Russia Today qui prévoient un effondrement du système monétaire fondé sur le dollar. Dans Sputniknews, ce sont des membres des éconoclastes dont Philippe Béchade qui, lui, affirme : «Pour la Russie, c’est simple. Ils sont en pleine dédollarisation. Ils liquident leurs obligations US et les convertissent en or. Ils veulent donner plus d’assise au rouble». On notera que ces deux publications sont « pro-russe ».

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Le magazine économique grand public Capital prévient lui les consommateurs : le fait que les banques centrales achètent de l’or devrait les inquiéter.

Brexit : et si Londres perdait son leadership sur l’or ?

Evidemment, l’histoire de la finance britannique et des matières précieuses est longue et riche. On imagine mal la City perdre son statut de référent sur le métal jaune (comme sur le diamant).Du Banking act à Bretton wood en passant par les Accords de Gênes ou la Conférence de Londres, l’histoire de l’or est liée à celle du Royaume-Uni plus qu’à celle de tout autre pays.

Mais avec le Brexit qui s’annonce, la planète finance s’interroge et discrètement quelques institutions sont à la manœuvre. Par exemple, la Banque de France vient d’ouvrir un « compte-or » à une institution privée, JP Morgan, afin de permettre des transactions sur son stock.  Comme le disent les Echos qui révèlent cette information, c’est clairement pour permettre à Paris de se positionner comme place forte sur l’or. Evidemment, détrôner Londres ne sera pas facile. La Banque d’Angleterre détient  le second plus gros stock d’or de la planète après les Etats-Unis. (toujours dans les Echos)

La ruée vers l’or spatial !

Pour terminer cette revue du web, je vous invite à lire ce long article de Slate qui parle de ces milliardaires qui se sont mis en tête d’exploiter les ressources minières des…astéroïdes. En effet, au dessus de nos têtes tournent des millions de tonnes de matières premières. Ils espèrent trouver tous les métaux, des « terres rares » et donc aussi de l’or. On apprend dans cet article qu’il ne s’agit pas que de délires de milliardaires ayant fumé trop de marijuana. Le Luxembourg s’est en effet positionné sur ce marché avec une agence spatiale et surtout des autorisations d’exploiter des mines astéroïdes. Le Britannique Mitch Hunter-Scullion qui a créé l’Asteroid Mining Corporation (AMC) en est persuadé : «le premier trillionaire de l’histoire sera un prospecteur d’astéroïdes» !

Le ciel n’est plus la limite.

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Jean-François Faure
Jean-François Faure. Président d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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