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Le spécialiste de l’analyse technologique et des algorithmes américain Palantir vient d’annoncer l’achat de 50 millions de dollars en lingots d’or. Il accepte aussi les paiements en or physique. Une opération surprenante mais assez logique quand on regarde le parcours des dirigeants de ce géant de la tech.

Des réserves d’or pour ne pas dépendre du système bancaire

Dans son rapport trimestriel remis à la très sérieuse autorité de surveillance des marchés américains, la SEC, la direction de Palantir affirme très clairement vouloir se prémunir d’un « cygne noir ». Cet événement improbable bouleverserait le fonctionnement du monde comme l’a été la crise sanitaire planétaire du COVID 19.

Des lingots d’or, pas de l’or papier sous forme d’ETF

réserves stock or

C’est la nature du placement qui a le plus surpris les observateurs du monde de la finance. Palantir n’a pas protégé sa trésorerie, qui se monte à 2,3 milliards de dollars, en diversifiant ses placements avec des trackers ou ETF Gold donc de l’or papier. Non, l’investissement s’est fait sous forme de lingots de 100 onces d’or. Ces lingots sont conservés dans un endroit sécurisé au Nord-Est des Etats-Unis. Le rapport remis à la SEC précise : « la société est en mesure de prendre physiquement possession des lingots d’or stockés dans l’installation à tout moment avec un délais raisonnable ».

Le jour où la monnaie fiat n’aura plus de valeur

On voit bien que cette réserve d’or est constituée pour ce « jour » où un Black Swan aura cassé le système monétaire actuel. Evidemment, on imagine mal cette situation. Mais comme les dirigeants de Palantir sont baignés dans la technologie, ils savent qu’on pourrait être victimes d’un virus, informatique cette fois-ci, qui pourrait bloquer toute émission de monnaie. On voit en ce moment comment le système bancaire afghan a été bloqué en quelques minutes avec la coupure des flux financiers planétaires.

Des dirigeants iconoclastes et libertariens qui ne veulent dépendre de personne

Les dirigeants de Palantir, Peter Thiel, un des premiers investisseurs de Facebook, et l’ingénieur informatique Alex Karp, baignent dans la culture numérique depuis toujours. Ils ont trouvé le nom de leur société dans le Seigneur des Anneaux de Tolkien : les Palentiri sont des « pierres de vision », elles permettent à ceux qui savent s’en servir de voir loin. Petite précision importante, les Palentiri permettent de voir à travers les ombres ou les Ténèbres.

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Alex Karp à Davos en 2017.
©World Economic Forum / Walter Duerst

Des dirigeants controversés

La société s’est développée avec le soutien du fonds d’investissement de la CIA. Ses premières analyses sont pour des objectifs militaires puis pour lutter contre l’immigration clandestine et le travail non déclaré aux Etats-Unis mais aussi pour traquer les flux financiers frauduleux. Les clients de l’entreprise sont des Etats ou des agences gouvernementales. L’un des dirigeants est assez proche de Donald Trump, Palantir a été accusée d’avoir utilisé des données de Facebook pendant la campagne électorale américaine de 2016.

Des décisions visionnaires ?

Thiel et Karp savent-ils utiliser la pierre de vision ? En tous les cas, ils ont décidé en pleine pandémie de quitter la Californie pour Denver, Colorado. Ils reprochaient au milieu de la tech en Californie de ne plus être créatif, d’être finalement un peu « politiquement correct ». Et donc direction le climat plus rude des Rocheuses en plein milieu des Etats-Unis. Quelques mois plus tard donc, à contre-courant d’un autre patron star de la Silicon Valley Elon Musk, ils choisissent de protéger une partie de leur trésor de guerre en or physique. Le Bitcoin, dans sa version « white paper Satoshi Nakamoto » allait pourtant bien avec leur état d’esprit mais on imagine que l’aspect spéculatif et imprévisible de la crypto-monnaie ne doit pas correspondre à leur vision de la protection de leur trésorerie.

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Benjamin Rosoor
Je suis entrepreneur sur le web depuis 1999. Diplômé de l'école de journalisme de Bordeaux, j'ai tout d'abord été journaliste-reporter radio pendant 10 ans. J'anime plusieurs médias sociaux et blogs sur les entreprises, la tech, la finance, le marketing digital.

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