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Le cours de l’or ne cesse de battre des records historiques en cette fin du mois de janvier 2020. L’once à 1438 euros, c’est du jamais vu. Les explications et les réactions de Jean-François Faure fondateur et pdg de la plateforme AuCoffre.com.

L’or bat records sur records

Quelle a été votre réaction quand vous avez vu le 26 janvier que la résistance historique des 1414 euros l’once d’or a été cassée ?

Jean-François Faure : je me suis immédiatement dit : le « monde va bien mal ». Entre les guerres commerciales, le Brexit, le Moyen-Orient sous pression et maintenant un black swan sous forme de coronavirus Chinois, le début d’année avait tous les ingrédients pour porter l’or au plus haut. Nous y sommes. Ensuite, j’ai pensé à ceux qui s’étaient positionnés en 2011 ou 2012 quand l’or avait plafonné à 1410 euros l’once pour ne jamais passer au-dessus pendant 8 ans. Un tel record représente pour eux une opportunité, ils s’imaginaient depuis ne plus pouvoir revendre avec des plus-values. Ils viennent de voir que l’or n’est jamais mort.

Cours de l’or depuis 2018 : plus de rebondissements que la Casa de Papel

Après un cours plancher en septembre 2018 (à 1018 euros l’once), comment expliquez-vous cette remontée du cours de pratiquement 40% en seulement 18 mois ?

Cette remontée, cette remontada, c’était comme une série avec autant de rebondissements qu’il y avait d’épisodes. Cela commence par la mise en place effective le 18 septembre 2018, des taxes douanières des USA à l’encontre de la Chine. On connaît la suite avec le bras de fer engagé entre les deux nations. Après tout a été prétexte à pousser le cours : achats massifs d’or par certaines banques centrales « anti-dollar », les tergiversations autour du Brexit, etc. Même la hausse du cours de l’or devenait auto-réalisatrice sur sa propre hausse avec le franchissement de certaines résistances en quelques semaines. Enfin de nombreux cambistes qui s’inquiétaient des records successifs sur les grands indices boursiers voulaient diversifier leurs investissements.  Ils ont choisi l’or pour limiter la casse en cas de forte consolidation.

Ce qu’il y a de particulier, c’est que même lorsque la bourse allait bien (en 2019), le cours de l’or n’a pas baissé. En général les deux cours sont inversés non ? Vous expliquez ça comment ?

Sur la hausse continue des cours de bourse majeurs, tout le monde s’accorde à dire qu’ils ont grimpé quelques furent les annonces, positives ou négatives. On se demande même encore ce qu’il faudrait comme nouvelle pour en infléchir la tendance tellement cette hausse est devenue irrationnelle et non soutenue par le monde réel.  Alors tout le monde œuvre à cette hausse, comme si les arbres grimpaient jusqu’au ciel, mais finalement le fait que le cours de l’or soit lui aussi soutenu montre bien que les tradeurs n’étaient pas dupes. Les valeurs des entreprises, notamment US, sont largement au-dessus de ce qu’elles valent réellement et tout le monde le sait. Un peu comme si des gens faisaient main basse sur le bar du Titanic alors qu’ils savent qu’il va couler. Et l’or est clairement utilisé par tous les opérateurs comme un actif de diversification pour se couvrir en cas de krach boursier massif. Aujourd’hui chaque cambiste souhaite ne pas être le dernier à devoir rattraper le couteau qui va tomber… Surtout les tradeurs professionnels et très avertis.

Ces cours records permettent finalement d’observer de nouveaux marqueurs d’influence du prix de l’or non ?

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C’est effectivement un bon moyen de lister les critères qui sont porteurs pour le cours de l’or et sur lesquels il faut garder un œil : les guerres commerciales, les tensions aux Moyen-Orient (et par extension les prix du pétrole), la bulle immobilière en Chine et de manière générale la croissance du PIB Chinois, le Brexit,  les élections aux US…mais surtout, les politiques monétaires américaines et européennes avec un maintien des taux très bas. On a vu des phénomènes de taux négatifs et surtout, une croissance qui ne décolle pas malgré cet afflux d’argent « pas cher ». C’est une situation qui n’est pas rassurante sur l’état des différentes économies. Le moteur ne semble pas fonctionner malgré le carburant injecté en masse.

L’or a déjà connu de fortes augmentations

Une telle augmentation, en si peu de temps, est-ce déjà arrivé pour le cours de l’or ?

Le cours de l’or s’observe sur le temps long et là on voit que de telles hausses sont finalement assez fréquentes, il faut juste savoir attendre entre 5 et 15 ans. Si on part du principe que l’or est finalement assez stable, nous n’avons qu’à attendre que nos monnaies soient assez dégradées par des événements exogènes pour voir le cours de l’or se valoriser. On a vu ça au début des années 80, au milieu des années 90, puis ensuite en rafale en 2009,2010 et 2011. Cela veut dire aussi que finalement l’or ne propose pas de rendement en valeur absolue, il ne fait que traduire la faiblesse de nos monnaies. Et c’est probablement tout ce qu’on lui demande.

On sait que lorsqu’un actif a les faveurs de la presse « grand public », on voit arriver de nouveaux investisseurs, est ce que vous constatez ce phénomène sur la plateforme AuCoffre.com ?

Oui on ne déroge pas à la règle et les événements qui poussent à la hausse de l’or sont autant d’outils de communication pour ramener une nouvelle génération d’épargnants « métaux précieux » sur notre plateforme. Et là, notre expérience et notre ancienneté sur ce marché nous imposent de faire de la pédagogie pour les accompagner pour qu’ils achètent l’or de manière froide, avec le moins d’émotion possible. Notamment en fractionnant leurs achats pour neutraliser le plus possible les effets de fluctuation de cours qui seraient à leur désavantage. Ceux qui ont acheté de l’or en 2011 en faisant « tapis » savent de quoi je parle. L’émotion est mauvaise conseillère avec l’or.

En 2011, vous aviez constaté une pénurie sur le marché des pièces anciennes (Napoléon, etc.). Est-ce que vous commencez à sentir ce même phénomène aujourd’hui ?

En aout et septembre 2011, en pleine crise de l’euro, lorsqu’il y a eu le record sur le cours de l’or en dollar, il y avait en effet une pénurie de pièces classiques comme les Napoléons. Personne ne voulait vendre et le demande était massive. Les gens qui en détenaient voulaient les garder car ils imaginaient le pire à venir. Ils n’avaient pas totalement tort car les ministres de l’époque savent que nous sommes passés à côté d’un éclatement de l’Euro. Les quelques pièces qui se vendaient avaient des primes énormes et comme nous n’avions pas autre chose à proposer nous vendions alors à tour de bras des lingots, pour « faire date » sur le cours. C’est à cette époque que nous avons décidé de ne plus dépendre de l’approvisionnement en pièces classiques et nous avons alors lancé nos propres pièces avec les Vera Valor

Avertissement : loretlargent.info est édité par la plateforme Aucoffre.com. Jean-François Faure en est le directeur de la publication.

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