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Brutale consolidation du cours de l’or

Vendredi, mars 2nd, 2012
Vera Valor

Comme à chaque brutale chute du cours de l’or, la presse spécialisée parle de krach, d’explosion de la bulle de l’or, c’est la fin… Une baisse explicable par une vague d’euphorie printanière sur les marchés mais attention à la rechute d’optimisme… Aux épargnants avisés, nous conseillons de fortifier vos positions sur l’or, physique cela va de soi.

Escarmouche ou vraie dégringolade ?
Quand l’once d’or perd à peu près 5% de sa valeur sur les marchés, on peut en effet parler de baisse brutale. L’or qui flirtait avec les 1800$ depuis le début du mois avec une hausse de 12% depuis le début de l’année a perdu environ 60$ en une seule journée, repassant même en dessous de la barre symbolique des 1700$. C’est la plus forte baisse enregistrée sur le cours du métal précieux en trois ans. Idem pour l’argent, autre valeur refuge.

La politique de maintien des taux bas du dollar par la FED n’y est pas étrangère. En soutenant que l’économie américaine était en train de récupérer, notamment du côté de l’emploi, et en ne touchant mot d’un éventuel nouveau plan de relance (Quantitative Easing 3), le président de la FED, Ben Bernanke, a déclenché un net recul des marchés et de l’or.

S’attendant à un éventuel nouveau plan de relance économique, de nombreux investisseurs ont préféré retirer leurs billes, comprenant qu’aucune injection de liquidité n’était programmée à court terme. Le silence de Bernanke quant au QE3 a déclenché une vente massive des contrats à terme d’or (11 000 de contrats vendus en un clin d’œil, pour une valeur de 2 milliards de dollars) de la part des investisseurs qui ont cherché à vite encaisser leurs profits. Il va de soi que cette vente soudaine a apporté une correction au cours de l’or dans lequel les investisseurs se refugiaient allègrement depuis le début de l’année.

Or physique n’est pas de papier !
Il est important de signaler que le cours de l’once est surtout basé sur la vente de contrats papier ; les achats d’or physique eux, sont plutôt stationnaires depuis un mois, ce qui prouve bien que l’or papier est sujet à la spéculation et soumis aux mêmes risques que n’importe quelle action boursière. L’or physique est la seule valeur refuge et il vaut mieux se méfier de l’or papier, même si les contrats or ont rapporté beaucoup d’argent en 2011. Car on peut perdre beaucoup du jour au lendemain : pas avec des pièces ou des lingots.

L’or va atteindre des sommets
Tout va bien dans le meilleur des mondes alors ? Non, pas vraiment. Restons réalistes. Si aux Etats-Unis on semble croire à la reprise et même en Europe avec ce matin l’accord sur le Mécanisme Européen de Stabilité, la tendance est plutôt au camouflage et à l’écran de fumée.
Le retour au « principe de réalité » va faire très mal et lorsque le retour de flamme aura lieu, la crise se sera encore enfoncée d’un cran. Et comme d’habitude, les investisseurs vont se réfugier dans le seul actif tangible valable, l’or, faisant monter son cours.

A chaque baisse du cours de l’or, nous vous avertissons : la baisse est passagère, normale et saine dans un marché haussier dont le sommet est loin d’avoir été atteint. Cette tendance haussière est d’ailleurs confirmée par la hausse de l’encours de SPDR Gold Shares (actions or US) qui se situe actuellement autour de 1.293 tonnes et traduit un certain optimisme. S’il n’y avait pas de baisse, on serait dans un marché de bulle, avec une très forte spéculation.

A chaque baisse du cours de l’or, nous vous conseillons de profiter de ces corrections passagères pour renforcer vos positions sur l’or et glisser un peu plus de pourcentage de votre patrimoine dans l’or physique.

La vague d’Elliott au sommet
Si l’on se réfère à la théorie de la vague d’Elliott (théorie selon laquelle tous les cours des marchés seraient composés de vagues successives prévisibles), l’or a encore de belles années devant lui avant d’atteindre une valeur dite de bulle.

Selon le schéma fourni par Nick Laird du site Sharelynx, l’or en 2012 n’aurait même pas atteint la moitié de la valeur qu’il devrait atteindre en 2016. On peut voir très facilement que pour l’instant, la théorie du marché haussier ponctué de creux de vagues se vérifie. Promis, je vous prépare un article très bientôt sur le sujet ;-)

Cours de l'or d'après les vagues d'Elliott

Merci à 24h pour l’article sur les projections du prix de l’or en termes de vagues d’Elliott.

Les monnaies locales : la solution à la crise économique ?

Mardi, février 28th, 2012

On les nomme monnaies éthiques, monnaies alternatives ou encore monnaies solidaires. Depuis 2011 et plus particulièrement en ce début d’année 2012, les monnaies locales fleurissent dans plusieurs villes et régions de France. Au cœur de ces alternatives à l’euro, il y a la volonté de mettre la solidarité et l’équité au cœur de l’économie. Un moyen de faire face et d’apporter des solutions, localement, aux incertitudes provoquées par les crises économiques européennes et mondiales.

1.    Une alternative locale à l’euro vacillant

Face à un euro vacillant, les monnaies alternatives ont un succès grandissant auprès des villes, de leurs habitants et acteurs économiques locaux.

Avec les monnaies locales, il ne s’agit pas de battre une nouvelle monnaie (ce qui est strictement interdit en France et sévèrement condamné) mais de créer une nouvelle unité de compte, qui sert aux acteurs économiques locaux et aux particuliers. Une monnaie complémentaire, qui ne se substitue pas à l’euro, mais se développe en parallèle pour les échanges locaux.

Les monnaies locales comptent bien des avantages en ces temps de crise économique :
-    Eviter l’économie spéculative,
-    Favoriser le lien social,
-    Consolider l’économie locale,
-    Faire face à la crise de la liquidité,
-    Libérer l’accès à la monnaie,
-    Soutenir les petites entreprises, les artisans et les commerçants locaux.

Le système de monnaie locale est assez proche du système d’échanges locaux (SEL), qui consistent à troquer des produits et des services. Par exemple, l’échange d’une heure de jardinage contre une heure de cours d’anglais. Aux différences près que le système de monnaie locale n’est pas limité par cette frontière physique inhérente au troc et est convertible en euros.

Pour autant, c’est bien l’économie locale qui est au cœur des préoccupations des initiateurs des monnaies locales, en faveur des petites entreprises locales plutôt que des grandes enseignes et chaînes commerciales, dont les bénéfices partent pour la majorité très vite hors du territoire, sans créer de richesse au niveau local. Quant aux particuliers qui utilisent les monnaies locales, ils ont la satisfaction de consommer local et solidaire, pour les biens autant que les services, chez les maraîchers, boulangers, coiffeurs, ostéopathes, épiciers, etc.

2.    Obligations légales et règles strictes

S’il n’est pas envisageable de battre une monnaie au niveau national, il est tout à fait possible de faire circuler une monnaie locale, sous certaines conditions et suite à de solides études. Trois années sont souvent nécessaires pour mettre en place une monnaie locale, le temps notamment de convaincre les entreprises locales et les futurs utilisateurs, de créer et d’imprimer les billets, d’obtenir des partenariats avec des banques. Les questions de sécurité sont aussi étudiées de près lors de la création d’une monnaie locale, pour rendre infalsifiables les billets.

Parmi les conditions, la monnaie locale ne peut être utilisée en dehors d’un territoire prédéfini, une ville par exemple. Et les habitants détenteurs de la monnaie locale ne peuvent l’utiliser que chez les commerçants et entreprises qui ont au préalable adhéré à ce système monétaire parallèle.

A Brest par exemple, les commerces et entreprises qui souhaitent utiliser des heols (la monnaie locale), doivent au préalable obtenir un agrément. Il est attribué par l’Association pour le développement de l’économie sociale et solidaire (Adess) du Pays de Brest qui pilote du projet, sous réserve que la structure respecte une certaine éthique. Il faut par exemple qu’elle soit issue de l’économie sociale et solidaire ou qu’elle mette en avant une démarche de développement durable.

Pour favoriser l’utilisation de ces monnaies locales et décourager l’épargne, la monnaie perd de sa valeur au cours du temps. 2% par exemple à Toulouse si les billets ne sont pas utilisés pendant trois mois. Pour les réactiver, il faut alors acheter un timbre d’une valeur de 2% du billet.

Pour éviter les conversions complexes, la valeur d’une unité de la monnaie locale équivaut à la valeur d’un euro.

3.    Toulouse, l’un des précurseurs de la monnaie locale en France

Trois quartiers de Toulouse ont adopté depuis le printemps 2011 la Sol-violette. Cette monnaie locale, qui tient son nom du mot solidarité et de la fleur emblème de la ville, connaît un véritable succès. Plusieurs explications à cela.
-    Lorsque l’utilisateur convertit des euros en sols, il reçoit, par exemple, 21 sols contre 20 euros. 5% de pouvoir d’achat en plus, qui n’autorisent cependant pas la spéculation car lors de la conversion des sols vers les euros, il faut 21 sols pour obtenir 20 euros.
-    Les euros échangés contre les sols ont permis la création d’un compte, destiné à accorder des microcrédits à des particuliers ou des entreprises porteurs de projets qui n’ont pas ou difficilement accès aux crédits bancaires.
-    Les commerçants et artisans partenaires, qui acceptent les sols comme monnaie, respectent certains critères d’économie locale et solidaire.

Toulouse a inspiré bien d’autres villes. Parmi les monnaies qui ont cours dans certaines villes de France, il y a les bogues à Aubenas, les abeilles à Villeneuve-sur-Lot, l’Heol à Brest, la mesure à Romans, ou encore l’allumette à Aix.

Ce succès des monnaies locales n’est pas propre à la France. Dans le monde, 4 000 monnaies locales existeraient à ce jour, contre moins d’une centaine au début des années 90. Pour ne citer que deux exemples de ce succès grandissant : 6 millions d’euros de chiffre d’affaires ont été réalisés en Chiemgauers, une monnaie locale allemande, et 2,7 millions de billets BerkShares, une monnaie locale ayant cours dans le Massachussetts aux Etats-Unis, ont été mis en circulation depuis 2006.

4.    Les monnaies locales ne sont pas la solution

Si les monnaies locales sont un pansement local efficace aux blessures économiques de la crise, elles ne résoudront pas la situation dramatique de la dette des Etats, elles n’empêcheront pas les banques d’engranger des intérêts et ne diminueront pas la toute-puissance des agences de notation.

Les monnaies locales sont toutefois le reflet d’une profonde inquiétude face à la crise financière européenne et mondiale et d’une grande méfiance à l’égard du système monétaire international. Cette inquiétude se constate aussi dans l’envolée de la demande en or. Les pièces et lingots d’or sont de plus en plus prisés par les particuliers pour garantir leur capital. Le cours de l’or, qui augmente de manière exponentielle, montre bien cet engouement, qui ne devrait pas se démentir en 2012.

Voilà la solution : l’or. L’or qui, comme elle garantit le capital des particuliers, pourrait garantir la solidité du système monétaire grâce à ses qualités intrinsèques : valeur refuge, non soumise à la volatilité, adossée à des réserves d’or bien réelles. La réintroduction de l’étalon or ou de l’étalon change or permettrait de régulariser définitivement le système monétaire et d’éloigner les risques de faillites bancaires et de faillite des états.

L’économie française patine

Mardi, février 28th, 2012

Le 15 février l’Insee a publié les chiffres de la croissance française au quatrième trimestre 2011. Le moins que l’on puisse dire, au vu des résultats, c’est que la France fait du sur-place… Et à moins de 60 jours des élections, il y a de quoi s’inquiéter !

Comme un parfum de récession

Les chiffres de ce quatrième trimestre sont loin d’être brillants et l’économie française semble s’enliser. De l’aveu de François Baroin, le Ministre de l’économie, la France est dans « une forme de faux plat économique ».
Les prévisions de l’Insee ne sont pas particulièrement chaleureuses et réconfortantes puisqu’il prévoyait une croissance de 0,2 % pour le quatrième trimestre 2011 et de 0,1 % pour le premier semestre 2012 :
Visiblement l’institut ne s’est pas trompé pour le 4ème trimestre 2011 dont le PIB affiche un triste +0,2 % (il était de +0,3 % au troisième trimestre 2011…). En sera t-il de même pour le premier trimestre 2012 ? Réponse le 15 Mai 2012.

Mais si les prévisions de l’Insee se confirment, elles seraient synonymes de récession économique pour la France ! La récession traduit un ralentissement du rythme de la croissance économique et se mesure lorsque le taux de croissance du PIB diminue, tout en restant positif, pendant 3 trimestres consécutifs.

Ce serait la seconde période de récession pour la France depuis le début de la crise en 2008, de quoi débuter une année 2012 en beauté… Et Eric Heyer, directeur adjoint à l’Observatoire français des conjonctures économiques, ne se fait guère d’illusion lorsqu’il commente le lien entre la croissance et l’emploi : « ça s’annoncer très, très mal pour 2012 ». Voila qui est dit.

La France n’est donc pas sortie de la crise, loin de là, et au vu de ce qu’il s’annonce il vaut peut-être mieux commencer à mettre ses économies de côté dès maintenant. De notre côté, on ne peut que vous conseiller de consolider votre épargne dans l’or qui est bien le seul à continuer de briller !
On n’est pas encore dans la faillite bancaire, mais il est grand temps de diversifier son épargne, si ce n’est déjà fait : il est vraiment préférable de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier !

L’économie, « c’est plus compliqué que ça ! »

Mardi, février 21st, 2012

L’Europe est tombée d’accord sur le plan d’aide accordé à la Grèce de 130 milliards d’euros, dans la nuit de lundi à mardi après 13h de tractations. Objectif de la zone euro : réduire d’ici 2020 la masse de la dette hellène à 120,5%. On applaudit ? Non.

Le problème n’est pas de savoir si l’on soutient nos amis grecs ou pas, mais à quoi cela va servir. Le plan de sauvetage alloué à la Grèce équivaut à de l’argent de poche, donné à des enfants à de strictes conditions : l’argent ne doit pas servir à par exemple à payer les fonctionnaires. Ce nouveau crédit est assorti de mesures d’austérité, comme nous l’évoquions dans la note « La France sur le même chemin que la Grèce ? ».

« C’est plus compliqué que ça ! »
Comment augmenter le pouvoir d’achat des grecs sans augmenter leur salaire, pire en le réduisant ? Comment faire entrer de l’argent dans les caisses de l’état en diminuant les charges patronales ?
L’équation a l’air pourtant simple : travail pas cher = embauche = pouvoir d’achat in fine. Or comment favoriser la compétitivité des entreprises quand le salaire moyen de la main d’œuvre asiatique est de 260€ par mois ?
« Ah, c’est plus compliqué que ça », répondent en cœur les économistes emprunts d’un savoir immense dans les rubriques éco de la presse.

Force est de constater que les explications servant la cause du plan de sauvetage de la Grèce et par extension de la zone euro sont en fait un vaste écran de fumée justifiant les erreurs monumentales commises par les gouvernements à la soldes des instituts bancaires depuis des années.

Sauver le peuple, plutôt que les banques
Le message de l’ancien ministre de l’Economie argentin, Roberto Lavagna, qui a sorti l’Argentine de la crise il y a 10 ans est clair est simple : «Nous avons sauvé les gens plutôt que les banques»

Dans une interview accordée au journal Libération, le Ministre argentin affirme s’être passé des services du FMI.
Peso fortement dévalué établi sur une parité fixe avec le dollar, 4e année de récession consécutive, pays en cessation de paiement, endettement colossal, inflation explosant, taux record de chômage, petits épargnants ruinés… les similitudes entre la Grèce et l’Argentine sont nombreuses. C’est en décidant de s’en sortir seul et en arrêtant de soutenir les banques que l’Argentine s’en est sortie. Car tout diminuer pour donner aux banques n’est pas un chemin de sortie de crise. L’Argentine a ainsi fait le choix de sauver les gens plutôt que les banques.

C’est ce que nous vous proposons également de faire en mettant un peu d’or de côté chaque mois.
Le but –non nous n’en sommes plus là – n’est plus de gagner de l’argent avec des produits financiers aussi compliqués que dangereux, mais bien d’en mettre de côté sans en perdre. Le seul actif qui peut vous rester entre les mains avant que la situation ne dégénère est l’or physique.

Le livret de sauvegarde du patrimoine propose cette solution d’épargne simple et sécure : chaque mois, l’épargnant peut acheter autant de grammes d’or qu’il souhaite sur un lingot ou un lot de pièces mutualisés. L’argent placé sur de l’or ne souffrira d’aucun risque de faillite bancaire ou monétaire.

L’Europe, la dette, les notes et l’or

Jeudi, février 16th, 2012

Le tour de l’Europe du château de carte qui s’effondre continue. Mardi, on apprend que cette fois, c’est l’agence Moody’s qui mène la danse en dégradant la note de 15 banques espagnoles, dans le sillage de la note de la dette souveraine du pays en janvier dernier. Mais pas seulement ! La sévère maîtresse menace également de dégrader les notes de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Autriche.

Pluie de mauvaises notes sur toute l’Europe
Et l’hécatombe ne s’arrête pas là : mardi c’est un véritable déluge de mauvaises notes qui s’abat sur l’Europe : l’Italie et le Portugal ont vu leur note abaissée d’un cran, passant respectivement à A3 et Ba3. L’Espagne (3e pays des « P.I.G.S. »)  a vu sa note dégradée de 2 crans, carrément, en passant à A3. On ne vous raconte pas les conséquences catastrophiques que de telles notes peuvent avoir sur les investisseurs, déjà moyennement prêts à investir dans la dette souveraine européenne. Heureusement que la Chine aime l’Europe…

D’autres petits pays comme la Slovaquie, la Slovénie et Malte ont également vu leur note abaissée d’un cran. C’est une véritable hémorragie de notes qui sévit en Europe. En clair, ces notes signifient une baisse de confiance dans la capacité de ces pays à rembourser leur dette à plus ou moins long terme.

Une dette institutionnalisée, coercition de la monnaie unique et anti-démocratie
En mettant fin au système de l’étalon or le 14 août 1971, les Etats-Unis épousent la brillante théorie de l’économiste Milton Friedman qui consiste à faire du dollar une valeur qui existe par elle-même, un peu comme un Dieu qui existe par la seule force de la croyance qu’on veut bien lui accorder.

De fait, les Etats-Unis, en vertu du pouvoir conféré à leur devise, a créé « la dette infinie, qui ne perd jamais sa valeur, qui n’a jamais besoin d’être remboursée » (Le Retour au standard or, d’Antal Fekete). A une seule condition : celle-ci ne doit pas dépasser les 3% par an. Sauf que depuis, le ratio volume de dette/PIB a évolué. Avant la mise à mort de l’étalon or, un peu de dette engendrait de la productivité. Depuis 1971, ce ratio est devenu négatif en 2006, entraînant la destruction progressive du capital.

Le plus grave est que malgré la répétition de l’histoire, de nombreux économistes, politiques, intellectuels… tirent la sonnette d’alarme sans qu’aucune décision ne soit prise pour changer cet état de fait. Le contexte n’est pas sans rappeler celui des années 30 et comme le disait le sociologue Emmanuel Todd dans une émission mardi soir, la Grèce  n’est-elle pas la Pologne du bloc soviétique avant que celui-ci se disloque ? L’élément d’une désagrégation imminente ?

L’or est la garantie de votre liberté !
Si l’or paraît encore être la relique barbare aux yeux des jeunes loups de la finance qui ne voient en lui aucun rendement (donc aucune utilité), les plus sages – souvent des jeunes malins qui ne prennent pas tout ce que l’on dit dans la presse pour argent comptant – et les plus anciens, qui ont connu la guerre, savent que l’or est un rempart à la liberté individuelle.

Pourquoi ? Comme les Etats-Unis ont imposé le dollar comme monnaie de réserve mondiale, nous avons été assujettis à une monnaie unique de façon coercitive (les Français ont-ils été consultés honnêtement concernant le passage à l’Euro ?). Il y a quelque chose de contradictoire avec la notion de démocratie. Le peuple grec a-t-il d’autre choix que celui de se révolter pour dire non à la dictature du système financier qui leur suce le sang ?

Quels que soient les produits dont vous disposez dans votre banque (SICAV, assurances-vie, OPCVM, comptes épargne…), l’or est le seul « produit », le seul bien dont vous ne serez pas dépossédé, qui vous appartient vraiment, et qui ne risque pas de disparaître avec l’effondrement d’une monnaie condamné à une mort certaine. Avec de l’or, vous pouvez acheter ce que vous voulez, avec des billets, vous pouvez toujours vous moucher dedans… Une petite pensée émue au passage pour les billets de 10, 20, 50, 100 Francs qui demain ne vaudront plus rien. Adieu Pascal et autres Debussy !

Peut-on sortir d’une crise systémique ?

Vendredi, janvier 27th, 2012
Crise systémique

Crise systémique

Avec la fin des accords de Bretton Woods (les monnaies ne sont plus indexées sur l’or), les états qui empruntent aux banques commerciales à des taux d’intérêt effarants,  des agences de notation à la fois pompiers et pyromanes, des taux US anormalement longs et bas, la libéralisation excessive des marchés, des produits financiers toxiques, l’importance « capitale » des banques dans l’économie actuelle, est-il encore possible de sortir d’un endettement collectif qui est devenu un système ?

1.    Qui tire les ficelles de la crise ?
La crise telle que nous la subissons aujourd’hui, part d’une crise immobilière aux Etats-Unis en 2007 qui s’est ensuite transformée en crise bancaire pour se généraliser à une crise économique mondiale. C’est la recapitalisation des banques – qui ont créé des produits complexes et sophistiqués afin de rester compétitives et qui ont prêté plus que de raison – qui a transformé une crise immobilière à la base en crise de la dette souveraine. Et pour maintenir ce système libéral à flot, les banques centrales sont actuellement en train de devenir les « éboueurs financiers » du monde.

Le FMI qui était à la base créé pour veiller à la stabilité monétaire des états présentant des problèmes de balance de paiement est devenu un organisme de soutien aux pays endetté. Tout cela depuis que les Etats-Unis ont refusé la convertibilité de ses prêts (du dollar) en or. Affaibli par la guerre du Viet-Nam, les réserves en or des Etats-Unis sont épuisées. Le dollar s’impose alors comme l’unique monnaie de change internationale.

En mettant fin à l’étalon or décidé par Nixon en 1971, les Accords de Bretton Woods signent en 1976 la désorganisation du système monétaire international. Actuellement, le dollar est encore la monnaie de référence mais commence à faire le deuil de son hégémonie, l’euro peine à rivaliser avec lui dans sa chute, le yen se remet à peine de ses secousses nucléaires, personne ne veut jouer avec le yuan qui s’ennuie tout seul… La guerre des monnaies n’aurait jamais eu lieu si elles avaient continué de reposer en partie sur l’or.

2.    La crise systémique en Europe
Mais les faits sont là et la zone euro s’en mord les doigts. Beaucoup de raisons à la faillite grecque sont imputables à la politique monétaire brutale menée par l’euro. Le problème étant que les pays de la zone euro n’ont pas la même politique économique et sont en cordée. S’ils ne parviennent pas à ralentir leur chute, c’est la dégringolade. Avec la dégradation récente de la France qui perd un prestigieux A, nous n’en sommes pas loin.

Tant que le problème économique de la zone euro ne sera pas traité dans sa globalité mais chirurgicalement, celle-ci ne redressera jamais la barre.  Des pays comme l’Angleterre qui n’ont pas opté pour l’euro s’en réjouissent. Ces pays sont pourtant eux aussi endettés jusqu’à la lie.

L’Islande qui a connu de graves difficultés économiques en 2008 était proche de la récession. Pourtant elle a redressé le tir et retrouvé ses lettres de noblesse en affichant une croissance de 3%. En faisant quoi ?
- En étant plus raisonnable, simplement, c’est-à-dire à la fois en basant à nouveau son économie sur de l’économie réelle : l’Islande a cessé pour un temps de coter en bourse la pêche, ressource réelle du pays.
- Et en restructurant les banques … et en lâchant celles qui avaient emprunté au-dessus de leurs moyens (d’où la bulle). Contrairement à ce qui se passe actuellement dans la zone euro, l’Islande a refusé de renflouer celles-ci et a décidé de faire supporter une grande partie des pertes aux actionnaires, pour la plupart étrangers tout en protégeant au maximum ses épargnants.

Certes l’Islande sort de 3 longues années de rigueur, beaucoup d’Islandais ont perdu leur épargne (ce qui n’est pas arrivé à ceux qui avait placé une partie de leurs économies dans l’or), leur taux d’endettement et celui des entreprises est encore élevé, mais c’est un début de piste pour les états qui souhaitent réaliser des économies.
Encore faut-il que ceux-ci acceptent cette politique commune au sein de l’Union Européenne. Le couple Sarkozy/Merkel avait déjà marqué des désaccords à ce sujet tout l’automne dernier.
L’exemple de l’Islande pointe le doigt sur un problème d’ordre systémique : le rôle des banques.

3.    Les perspectives en 2012
En 2011, beaucoup de têtes sont tombées, en 2012 ce sera peut-être la mise en place d’un nouveau système (car il en faut bien un pour tenir le monde) qui débutera en 2013. Peut-être que les derniers « intouchables » américains, anglais, russes et chinois vont eux aussi faire l’expérience amère de la crise. Ce qui est sûr c’est que le G20 2012 n’aura pas la même insipidité que celui de 2011.

Le Bulletin d’anticipation globale met en avant 3 types de priorités en 2012 et des fenêtres d’opportunité que le G20 ne devra pas laisser passer :
- mise sous tutelle publique ou partielle des établissements financiers à l’échelle mondiale
- mettre en place des infrastructures à l’échelle mondiale, qu’elles soient d’ordre financier, sanitaire, énergétique, télécom… et qu’elles soient au-dessus des parties.
- réformer le système monétaire mondial en le basant sur l’économie réelle et en transformant les DST en nouvelle monnaie de réserve mondiale, basée sur panier des principales devises et de l’or.

4.    L’avis de l’expert : Yannick Colleu*

LORetLARGENT.info : A votre avis, qu’est-ce qui pourrait transformer en profondeur le système actuel ? Quels pourraient être les facteurs de sortie de crise ?
Yannick Colleu - Permettez-moi une analogie pour illustrer où nous en sommes dans cette crise. Lorsqu’un sous-marin a une voie d’eau à grande profondeur les premières minutes et les premières réactions de l’équipage sont déterminantes pour la survie du bateau. Il faut impérativement isoler les compartiments pour éviter que le bateau se charge trop, allant jusqu’à éventuellement sacrifier quelques malheureux membres d’équipage qui s’y trouveraient. La réaction immédiate de l’officier de central est de faire remonter coûte que coûte son bateau vers la surface tant que le poids de l’eau qui s’engouffre le lui permet encore. Passé un délai très court ce poids fera qu’il sera impossible de s’extraire des profondeurs et ceci quelles que soient les manœuvres qui seront tentées. Le bateau est dès lors condamné. Il n’y a plus rien à faire sauf à attendre la fin.

Depuis 2007 les responsables politiques et financiers n’ont pas pris les mesures de bon sens qui s’imposaient. Au lieu de laisser ceux qui avaient joué perdre leur mise, on s’est acharné à les renflouer au prétexte que des faillites bancaires nous auraient conduits à la catastrophe. Au lieu de sacrifier les «  joueurs  » directement concernés, les gouvernements de la planète ont préféré faire supporter le fardeau à tout l’équipage en faisant passer au contribuable le fardeau de la dette à l’origine de nos maux actuels. L’endettement a été utilisé pour soigner l’endettement. Les conséquences de ces décisions étaient discernables dès début 2008 par n’importe quelle personne ayant un minimum de jugeote.

« Choisir entre la peste et le choléra »
Aujourd’hui les options de sortie à moindre douleur sont de plus en plus réduites, voire désormais inexistantes, au fil des mois qui passent. Nous en sommes arrivés à choisir entre la peste et le choléra. D’un côté des politiques d’austérité destinées à sortir de situation d’endettement extrême conduisent à un pressurage fiscal puis à un coup d’arrêt de la consommation entrainant au final un effondrement des recettes fiscales qui alimente dès lors de nouveau l’endettement par des déficits exorbitants. De l’autre des politiques de relance construites sur la monétisation des dettes des États. C’est à dire que ces gouvernements s’endettent encore un peu plus pour financer la relance de l’économie en panne, soit en subventionnant la consommation, soit en finançant des infrastructures, soit en faisant un peu des deux. L’idée derrière cette approche est que la rentabilité de ces financements dépasserait celle de l’endettement généré et donc que la croissance de l’économie reprendrait des couleurs générant ainsi de nouvelles recettes fiscales permettant d’alléger le fardeau de la dette. Le malheur est que cette approche ne fonctionne pas dès lors que le consommateur est confronté à son propre endettement et à une baisse importante de son pouvoir d’achat  : il épargne. Les statistiques officielles ne sont pas très loquaces sur cette perte de pouvoir d’achat. Même si les prix à la consommation n’avaient pas bougé, ce qui n’est pas le cas malgré tous les tours de passe-passe des agences officielles de statistiques, l’augmentation de la pression fiscale se traduit par une perte très concrète de pouvoir d’achat.

« Entre extrême austérité et tentative de relance que reste-t-il  pour sortir de cette situation ? »
Pour en sortir il faut dans un premier temps en reconnaître l’origine. Le fardeau de la dette combiné avec un interventionnisme effréné des gouvernements est la cause de nos maux. Nous sortirons donc de cette situation lorsque la dette arrêtera d’étouffer toute initiative privée. Pour la faire fondre les gouvernements n’ont plus aujourd’hui qu’une seule solution : la répudier. Ils ne le feront pas. Pourquoi ? Parce qu’ils pensent avoir encore une arme pour s’en sortir.

« Nous allons entrer de plus en plus dans une course à la dévaluation »
Je m’explique. La croissance de la richesse nationale, le PIB, se mesure en agrégeant celles de la consommation des ménages, des investissements des entreprises, des dépenses étatiques, et enfin du solde de la balance commerciale, la différence entre exportations et importations (nota  : PIB = C+I+G+ (X-M)). La consommation est atone. L’investissement des entreprises dépendant principalement de la consommation il n’y a pas grand chose à en attendre. L’État étant obligé lui aussi de se mettre au régime, ce n’est pas de ce côté non plus que viendra la lumière. Il reste donc la balance commerciale. La dernière carte, qui se joue déjà, est donc de favoriser les exportations pour engranger de la richesse grâce à un excédent commercial. Les grands pays industrialisés étant tous dans la même galère fiscale, la compétition va donc être dure. Nous allons entrer de plus en plus dans une course à la dévaluation entre zones monétaires pour favoriser leurs exportations respectives. Au delà des bénéfices hypothétiques attendus sur les exportations, ces dévaluations successives vont impacter directement le pouvoir d’achat des habitants de ces zones monétaires du fait du renchérissement inévitable des matières premières importées. Pour les pays comme la France, dont environ la moitié de la dette est détenue hors de la zone Euro, cette stratégie présentera un attrait particulier, celui de faire fondre la valeur réelle de la dette détenue hors zone Euro.

« Le début de la guerre des monnaies »
Vous l’avez donc compris, le chapitre qui va s’ouvrir maintenant est celui de l’inflation provoquée par des dévaluations compétitives, une guerre des monnaies.
Le chapitre suivant sera celui du retour de la croissance héritée d’une certaine vigueur des exportations. C’est alors que se posera la question de l’éradication des montagnes de papier-monnaie qui ont été «  imprimées  » par les banques centrales pour monétiser les dettes souveraines. Aujourd’hui, ces montagnes ont trouvé refuge au sein même des banques centrales. Prenez par exemple la Réserve Fédérale. Elle affiche dans ses comptes officiels environ 1600 milliards de dollars d’excès de réserves (nota  : la moyenne jusqu’en 2007 était de 50 milliards de dollars d’excès de réserves) logés là par les banques ayant participé au petit jeu à trois de la monétisation de la dette des États-Unis  : le Trésor émet des obligations qui sont achetées par les banques accréditées qui ensuite se tournent vers la Réserve Fédérale pour les transformer en dollars que les banques ne prêtent pas et lui laissent en dépôt. Comment la Réserve Fédérale (la question se pose bien entendu pour les autres banques centrales) fera-t-elle pour retirer du marché ces milliers de milliards de dollars sans faire exploser les taux d’intérêts  ? À défaut d’en savoir plus, car le Réserve Fédérale est muette sur la façon dont elle compte procéder, prenez dès maintenant toutes les mesures nécessaires pour protéger votre pouvoir d’achat. Il devrait en prendre un coup, encore une fois.

*Lire aussi Les perspectives 2012 selon Yannick Colleu.

Pour en savoir plus : le niveau d’endettement par pays

[Vidéo] Les monnaies, un placement refuge ?

Lundi, janvier 16th, 2012

Dans la série thématique sur les placements intéressants en termes de patrimoine, après nous avoir parlé de l’assurance-vie, de l’immobilier et des terres agricoles, ce mois-ci Charles Sannat, Directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com nous parle des monnaies (couronne norvégienne, franc suisse, yen…). Un placement pas si refuge que ça !

Pourquoi la perte du triple A va coûter cher à l’or ?

Lundi, janvier 16th, 2012

La perte du triple A n’est qu’un des symptômes superficiels des tendances 2012 que nous vous annoncions vendredi. La crise économique ne fait que s’accentuer, ce qui pourrait bien faire grimper le prix de l’or plus vite que prévu, mais pas dans un premier temps.

Les conséquences sur l’économie…
Ce n’est pas faute d’avoir prévenu de l’éventualité d’une telle perte. L’agence Moody’s faisait déjà peser l’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes de Gaulois en octobre dernier et dans cet article paru en novembre, nous vous parlions des conséquences que pouvait avoir une dégradation de la note française, fortement envisagée.

Le passage de la note française de AAA à AA par l’agence de notation Standard & Poor’s a des conséquences bien plus graves que ce que laisse entendre le discours de nos dirigeants qui se veut rassurant, à quelques mois des élections.

Les taux d’intérêt auxquels empruntent la France et qui sont déjà deux fois supérieurs à ceux de l’Allemagne vont encore augmenter, pour couvrir un éventuel risque de défaut de paiement. La première conséquence directe sur l’économie est la fuite des investisseurs et donc une baisse de l’indice CAC 40.

Et sur les particuliers
Hausse des taux d’intérêt pour l’emprunt immobilier, hausse des impôts, limitation des accès au crédit… les Français vont devoir mettre la main au porte-monnaie. Toutes les grosses entreprises pour lesquelles l’Etat participe (EDF, GDF, France Telecom, Renault, SNCF…) vont voir leurs coûts de financement augmenter, ce qui va forcément impacter les dépenses des particuliers, sans parler de la dégradation des services publics.

Le A perdu à jamais ?
Bien sûr, la France peut récupérer son triple A, mais dans combien de temps et surtout, à quel prix ?
Le projet de TVA sociale n’est qu’une « mesurette » au vu de l’impact catastrophique d’une telle dégradation. D’après Norbert Gaillard, consultant à la banque mondiale, la France ne peut récupérer son AAA qu’au prix d’importantes réformes sociales et « d’une réduction drastique des dépenses publiques ». Flexibilité du marché du travail pour une meilleure compétitivité, allongement de la durée du temps de cotisation pour la retraite, suppression des 35h… Les Français sont-ils prêts à renoncer à leurs acquis sociaux tout en augmentant leurs dépenses quotidiennes ? A travailler plus pour gagner moins ?

Les conséquences sur l’or
Nous l’avions déjà constaté en octobre : dès que la note d’un pays est dégradée, les bourses frileuses, sont en baisse, la demande en or augmente et son prix avec. Dans un premier temps, le besoin de liquidités des banques peut entraîner un retrait massif suite à la revente d’actifs or et une baisse du cours de l’or, comme c’est déjà plus ou moins le cas depuis décembre. Dans ce cas, il faut en profiter pour renforcer sa position sur l’or et acheter, car le « 2e effet Kiss Cool » risque de ne pas être vraiment cool, et l’or devrait d’atteindre de nouveaux records cette année.

Les perspectives économiques de 2012

Vendredi, janvier 13th, 2012

Pas besoin de consulter Madame Irma ou Elisabeth Teissier pour découvrir ce que nous réserve 2012. Il suffit d’observer ce qui vient de se passer en 2011 pour le deviner. Le Directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com, Charles Sannat, nous en trace les grandes lignes.

Les perspectives 2012 ne sont pas réjouissantes. On a du mal à imaginer une amélioration avec le manque de cohésion de la zone euro et l’absence de solutions durables à la crise.

1/ Le « découplement » zone Euro / USA en termes de croissance et de politique monétaire est le premier facteur d’aggravation de la crise économique mondiale actuelle. Grâce à une monétisation appuyée et un plan de soutien massif, les Etats-Unis vont connaître un semblant de croissance en 2012 alors que l’Europe file droit vers une récession grave et profonde.

2/ Les taux d’intérêt bas pratiqués par les banques centrales sont le 2e facteur d’aggravation. Les états sont de toute façon dans l’incapacité de rembourser des prêts à des taux plus élevés, car ceux-ci sont insolvables. Donc tant que des taux seront bas, la dynamique économique peinera à reprendre, c’est le serpent qui se mord la queue.

3/ Les problèmes de financement bancaires. Le risque de « credit crunch » (banques qui limitent leur offre de crédit) signifie en clair plus d’investissement, plus de prêts, et que les banques ne vont pas bien. Il faudrait qu’elles augmentent leurs fonds propres avec une augmentation de capital (ce qui est très compliqué à l’heure actuelle), soit en réduisant leur exposition aux crédits. Avec les règles de Bale III, de nouvelles normes pour « renforcer les banques » demandent aux banques de reconstituer leurs fonds propres, ce qui implique moins de financement. Cela constitue évidemment un autre facteur aggravant.

4/ Le financement de la dette des états : le plan de rigueur annoncé (et il va y en avoir plusieurs) implique une baisse des rentrées fiscales, ce qui nous conduit droit à la récession : pas de croissance = pas de solvabilité.

5/ Une année de forte volatilité sur les marchés fait que l’on va encore vivre aux crochets d’espoirs qui vont être déçus, on va sensiblement vivre la même année qu’en 2012 mais en pire !

6/ Les pays émergents vont connaître une fin d’année difficile, notamment la Chine dont le premier client est la zone euro qui va arrêter d’acheter et se replier sur elle-même.

Parmi les autres indicateurs négatifs, on n’entendra plus parler des entités financières supposées apporter de l’aide à la zone euro : le Fonds Européen de Stabilité Financière, le Fonds Monétaire Européen, ou encore le Mécanisme Européen de Stabilité sont des projets enterrés mort-nés.

En clair, nous sommes rentrés depuis 2011 dans un cycle de désendettement, avec toute l’austérité que cela comprend, qui va prendre du temps. Il y a cependant de bonnes opportunités à prendre, notamment sur l’or qui reste la seule et indubitable valeur refuge. Nul besoin d’en acheter des sommes astronomiques pour se mettre à l’abri des besoins futurs, un gramme par-ci, un gramme par-là… L’achat d’or n’est plus un argument commercial mais de survie !

Tobin or not Tobin ?

Lundi, janvier 9th, 2012

Plus rapide que la lumière, il semblerait que notre Président ait coupé l’herbe sous le pied à l’opposition en voulant accélérer la mise en place d’une taxe sur les transactions boursières. Sarko virerait-il de bord ou s’agit-il d’un coup de bluff électoral ? loretlargent.info fait le point sur une taxe qui fâche mais qui pourrait bien être le début d’un changement attendu.

C’est un économiste, James Tobin, qui suggéra l’idée de cette taxe en 1972, visant à mettre un frein sur la spéculation complètement dérégulée des marchés. Le taux de cette taxe sur les transactions monétaires internationales serait compris entre 0,05% et 1%.

Vraie bonne décision ?
Actuellement, si elle était établie à hauteur de ne serait-ce que 0,1% sur les actions et les obligations et de 0,01% sur les autres produits financiers, cela rapporterait à l’Etat français environ 10 milliards d’euros. Encore faut-il que la France ne fasse pas cavalier seul, au risque d’épouvanter les marchés boursiers et de mettre à mal le secteur financier. Pour Europlace (organisation des principaux représentants français de la finance), une telle décision risquerait de réduire « le rôle de la place de Paris dans l’économie européenne et mondiale » et « d’aggraver la récession annoncée » selon l’économiste Marc Touati.

De bonnes conditions d’application
L’empressement du candidat Sarkozy à vouloir entériner une telle loi peut paraître suspect quand en 1999, il la qualifiait « d’absurdité ». Quand il a déclaré qu’il « n’attendrait pas qu’ils trouvent un consensus pour mettre en œuvre la taxe en France », cela n’a pas manqué d’agacer ses principaux partenaires européens.

Il faut rester circonspect vis-à-vis des conditions d’application d’une telle taxe, d’ordinaire portée par l’opposition. One, ONG de lutte contre la pauvreté fondée par Bono, milite pour un reversement de la moitié des bénéfices pour des causes humanitaires. Si les bénéfices ne sont utilisés que pour rembourser les dettes contractées par l’Etat et alimenter les banques commerciales qui prêtent à taux élevés, alors la taxe Tobin ne fera qu’entretenir le système véreux duquel l’économie mondiale a tant de mal à s’extraire. Et elle ne servira à rien.

A quand une vraie taxe « Tobin des bois » ?
Si les bénéfices de cette taxe étaient redistribués « à la Robin des Bois » pour favoriser la croissance, développer les PME, elle permettrait alors, peut-être, d’amorcer un changement systémique tant attendu. Mais pour cela, il faudrait qu’elle soit appliquée à l’échelle européenne et mondiale dans un deuxième temps, pas sans soutien, même si la France souhaite « donner l’exemple ». En tout cas, en cas d’application, l’or physique lui échapperait complètement. Seules les transactions sur l’or papier seraient concernées.

Trinquons à la santé de l’euro !

Lundi, janvier 2nd, 2012

L'épargne des Français n'est pas épargnée

A l’occasion des 10 ans de la monnaie unique – un anniversaire bien discret au passage – L’or et l’argent fait le point sur ce qui va plomber votre budget en 2012. Pour l’heure, l’or ne fait l’objet d’aucune nouvelle taxation, affaires à suivre, donc !

Tandis que la presse spécule sur la fin probable ou pas de l’euro, comment revenir à la lire, la drachme, le franc… les ménages français eux, vont continuer de mettre la main au porte-monnaie avec un pouvoir d’achat à la baisse. Voici une petite liste déprimante de tous les produits et services qui vont augmenter cette année.

Hausses promises, hausses dues !
Avec + de 3% des prélèvements durant le premier semestre, le pouvoir d’achat des Français devrait diminuer de 0,1%. La hausse de la TVA devrait s’étager tout au long de l’année sur les produits concernés, une belle façon de fêter les 10 de l’euro dont la mise en circulation s’était déjà accompagnée d’une forte hausse des prix en 2001…

- Les assurances : + 5% de moyenne, c’est une des augmentations les plus importantes de prévues pour les assurances auto et habitation.
- Les mutuelles : + 4,7%
La CSG, notre petit effort de guerre national va être imputé à 98,25% du salaire au lieu de 97%.
- Transports : + 3,7% pour les courses en taxi et + 3,2% pour les trajets en TGV.
- Le gaz augmente de 4,4%.

Les « vices » dans le collimateur
Globalement, la TVA passe de 5,5% à 7%.
- Sodas et boissons sucrées avec des édulcorants de synthèse : +11 centimes d’euros sur une bouteille d’1,5 litres et + 2 centimes sur les canettes.
- Alcool : tous les alcools de 18° et plus vont être taxés (sauf le vin et la bière)
- Cigarettes : le paquet va encore augmenter de 6% (même hausse qu’en octobre dernier)

L’épargne pas épargnée, l’immobilier touché
Le taux de prélèvement forfaitaire libératoire va passer de 19 à 21% sur les dividendes et de 19 à 24% sur les intérêts.
L’exonération totale des taxes sur les plus-values immobilières passe de 15 à 30 ans et les réductions d’impôts destinées l’investissement dans le neuf passent de 22 à 13%.
Le barème de l’impôt sur le revenu est gelé en 2012 et le montant des niches fiscales est plafonné à 18000€ et 4% du revenu imposable.
Les très hauts revenus (entre 250 000 et 500 000€) se verront allégés par une taxe exceptionnelle de 3 à 4%.

Et l’or ?
Bien sûr que son prix va continuer de grimper et c’est une bonne nouvelle pour celles et ceux qui souhaitent y déplacer une partie de leur patrimoine. Tant qu’aucune solution réelle (autre que celle du renflouement des banques avec de l’argent qui n’existe pas) ne sera trouvée, l’or continuera de garder sa courbe ascendante, sans effet de bulle à court terme. Si les élections américaines – et françaises – rassurent les marchés, alors on peut miser sur une baisse passagère du cours de l’or, mais ce désintérêt ne sera que passager.

Pièce d’or Mexicaine : Once ou Libertad

Jeudi, décembre 22nd, 2011

L'Ange de l’Indépendance - Mexique

Nous allons aborder une des pièces d’investissement les plus vendues au monde, fabriquée sur le territoire mexicain. Il s’agit de l’Once ou de la Libertad.

Son origine remonte en 1981, venant enrichir le marché de l’or d’investissement où jusqu’alors seuls étaient présents le Krugerrand depuis 1960 et le Maple Leaf en 1979. Au début, cette pièce d’or mexicaine était dénommée ‘Once’ mais quelques années plus tard, son nom fut changé à celui de ‘Libertad’.

C’est une pièce ayant cours légal au Mexique (la pièce en argent n’est pas considérée de cours légal, seule celle en or), classée Type I et à la différence des autres pièces d’or, celle-ci n’a aucune valeur faciale. Ainsi, sa valeur doit être mesurée en poids. Si nous voulons calculer sa valeur faciale, nous pouvons l’obtenir en convertissant son poids selon le cours du jour de l’or’.

 

Origines

Dans les années 70, pendant que nous traversions une importante crise du pétrole, il fut nécessaire d’élaborer de nouveaux produits qui allaient permettre de se sortir de cette crise. C’est à ce moment là que la banque du Mexique, sous la direction de Gustavo Romero Kolbeck, confia le projet au Musée de la Monnaie de fabriquer une pièce d’or au poids d’une once, et qui serait liée historiquement parlant à la célèbre pièce de ‘50 pesos Centenario’ (dont nous parlons dans un autre article), et qui représentait le centenaire de l’Indépendance du Mexique.

Caractéristiques

Son poids est de 34.55gr, 900 millièmes d’or (de celles frappées entre 1981 et 1991), au diamètre de 34.50 mm, épaisseur de 2.50 mm, soit un poids total de 31.03 gr d’or et le restant d’argent pur.

Lors du pemier tirage entre les années 1981  et 1991, la pièce fut frappée en 3 poids distincts, à savoir : 1 once, une ½ once et ¼ d’once.

Entre 1989 et 1991, le tirage de la Libertad fut interrompu puis repris en 1991 en complétant la gamme de deux nouveaux poids : 1/10 d’once et 1/20 d’once. Ce qui signifiait que la pièce se déclinait en 5 poids différents.

En 1991, la pureté de l’or fut également revue pour cette pièce puisque celle-ci passa à 99,9 (0.999) – de même que le poids de l’Once à 31.10 gr.

Ces modifications sont désormais classées sous le Type II.

1 Once

 

1/2 Once

1/4 Once

1/10 Once

1/20 Once

 

Avers et Revers

 

Pièce d’or ‘Libertad’ de 1981.

 

L’avers de ces pièces affiche le blason du Mexique tandis que le revers ‘la Victoire Alada’ – la même que sur les pièces de 50 pesos Centenario. Dans sa main droite, elle tient une couronne de lauriers qui représente la victoire et dans la main gauche une chaine brisée qui représente la liberté – au fond, les volcans Popocatepelt et Iztaccihualt, le premier considéré comme une divinité durant l’époque préhispanique et vénéré par les Aztèques.

Surplombant les volcans et apposé aux côtés de la Victoire Alada est écrit ‘1 Once d’Or Pur’ (sur le côté gauche), l’année 1981 (sur le côté droit) et en-dessous : Mexico (ceci pour la pièce de l’année 1981).

Sur la pièce de 1994, apparait ‘1 Once’ sur le côté gauche, ‘Or Pur” sur le côté droit, et, sur les bords de la partie inférieure, nous observons l’année, Mexico et la loi.

 

Pièce d’or ‘Libertad’ de 1994

 

L’Aigle occupe la partie centrale de l’avers, exposé de profil gauche, avec les ailes levées, en position de combat, posé sur un figuier de Barbarie (symbole national du Mexique), tenant un serpent dans son bec. Sur tout cet ensemble est inscrit Estados Unidos Mexicanos (Etats-Unis Mexicains).

En 1996, l’apparence de cette pièce subit quelques changements. La Banque du Mexique décida d’opérer ces changements afin de rendre cette pièce plus attirante au public.  De cette manière, l’avers revêt maintenant en plus de l’aigle central du Codex Mendocino, les caractères de 10 escudos tout autour ainsi que différents types d’aigles appartenant au défilé de gouvernements de l’Etat Mexicain, en passant par le Premier Empire d’Iturbide, Porfirio Díaz, l’Aigle aztèque, etc …

Sur le revers, la Victoire Alada, considérée d’une toute autre manière de nos jours, met en évidence la colonne qui la soutient.

La disposition des lettres change également et celles-ci se trouvent maintenant sur la partie supérieure, sur le rebord. L’ordre de la légende apparait ainsi – en premier : 1 once d’Or Pur, puis l’année de la frappe et la loi.

 


Pièce d’or ‘Libertad’ de 1996

 

De par sa beauté, sa pureté, sa qualité et sa renommée depuis tant d’années, cette pièce est une pièce d’excellence, une référence pour  l’investissement au niveau mondial.

 

Perspectives 2012 par Yannick Colleu

Mercredi, décembre 21st, 2011

Nous avions publié le 7 décembre dernier une fiche de lecture sur le Guide d’investissement sur le marché de l’or, un ouvrage de référence pour qui veut débuter dans le marché de l’or. Si son auteur avait été visionnaire en 2008, il nous paraissait indispensable de le questionner par rapport aux questions d’actualité. Il nous parle de l’évolution de la crise, de l’euro, d’inflation et des perspectives de l’or en 2012.

LORetLARGENT.info : Compte tenu du contexte actuel, avec l’aggravation des problèmes économiques de la zone euro, la menace réelle de récession, qu’auriez-vous aimé rajouter   à votre livre ? Y’a-t-il des choses qui ont changé ou au contraire, votre livre donne-t-il raison à ce qui se passe aujourd’hui ?
Yannick Colleu – J’ai écrit ce livre à l’automne 2007 et les chiffres qui y sont donnés sont en général ceux de fin 2007. À cette date l’endettement américain était de 9200 milliards de dollars. Aujourd’hui il est de 15000 milliards soit une progression de plus de 60% en moins de quatre ans alors que les taux d’intérêt sont parmi les bas jamais connus. Idem pour la France, la dette publique a bondi de plus de 40% à près de 1700 milliards d’euros. Dans le même temps le prix de l’once d’or est passé de 580€ à 1300€.

J’ai lu quelque part des propos fustigeant les «  économistes  » de cette période – les mêmes qui se permettent aujourd’hui de venir nous donner des leçons de morale ou des avis sur la suite- qui résument bien mon ressentiment pour la classe politique et financière en constatant où nous en sommes  : «  la crise les regardait droit dans les yeux et ils ne la voyaient pas venir  ». Pour ma part j’écrivais à cette même époque : «  La crise du crédit qui a débuté à l’été 2007, petite fille de l’inconscience des banques centrales à la fin des années 90, et fille d’une industrie financière totalement débridée, n’en est qu’à ses débuts.  ».

En résumé, hormis quelques mises à jour de la partie fiscale, pour tenir compte de l’évolution des taux des prélèvements sociaux, mon livre est parfaitement d’actualité. Les différentes approches pour se constituer un patrimoine de sécurité restent d’actualité également. Il faudrait y ajouter l’apparition en 2010 d’un acteur important sur le marché français, Aucoffre.com, qui au delà des désormais traditionnels services d’achat-vente de pièces ou lingots via internet propose un service original de constitution d’épargne progressive (NDLR : le Livret de Sauvegarde du Patrimoine). C’est une première à ma connaissance en Europe. (nota  : l’auteur n’a aucun lien commercial avec Aucoffre.com).

LORetLARGENT.info : Pensez-vous qu’une disparition de la monnaie Euro soit possible ? Ou que le système monétaire européen change, et sous quelle forme ?
Yannick Colleu – Les monnaies naissent et meurent. Ce ne sont pas des concepts immortels. Notre Franc de 1999, a disparu. Il était lui-même le fantôme du Franc Poincarré, qui était lui-même celui du Franc Germinal. L’homonymie entre les différents Francs avait permis de sauver la face et de faire croire à une sorte d’immortalité. Idem pour le Mark.

Concernant l’Euro, je ne suis pas prophète. Néanmoins mon sentiment est que l’acharnement, voire l’autisme, affiché par les dirigeants européens, ne remettant en cause à aucun moment le chemin qu’ils ont pris pour cette construction européenne – je parle de la légitimité du chemin et non de l’objectif de construction européenne- devrait se traduire par un maintien de l’Euro mais probablement sur un périmètre différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.

Pour faire bref je vois deux possibilités :

–             soit les pays les plus en difficultés sortent de l’Euro par un processus brutal équivalent à celui mis en oeuvre par l’Argentine  pour le détachement de sa monnaie du dollar américain,

–             soit les pays les moins en péril sortent de l’Euro en créant une monnaie à parité avec l’Euro pour ensuite la laisser librement évoluer. Les pays restant dans la zone Euro acquerraient dès lors la possibilité de dévaluation et donc de restaurer progressivement leur balance commerciale.

LORetLARGENT.info : Pensez-vous que l’Europe, la France, connaissent la déflation à plus ou moins long terme ? Quelles conséquences cela aurait sur l’économie ?
Yannick Colleu – Depuis 2008 le débat entre déflation et inflation fait rage dans la blogosphère. Le problème est que les contradicteurs de tout bord prennent le plus souvent comme référence une époque qui n’a rien à voir sur le plan monétaire avec la nôtre. De nos jours la monnaie est un concept entièrement virtuel. Les banques commerciales ont des problèmes de solvabilité ?

La banque centrale leur imprime autant de liquidités qu’elles en veulent. Les gouvernements ont des difficultés de fin de mois et hésitent à couper dans les subventions électoralistes diverses qu’ils distribuent à tour de bras ? Il leur suffit d’émettre des obligations que la banque centrale transformera en papier monnaie. La banque centrale n’a pas le droit d’acheter directement ces obligations ? Qu’à cela ne tienne ! Il suffit de demander à un intermédiaire financier, qui prendra une commission au passage, de faire l’entremetteur ! La banque centrale n’a pas le droit de se charger en obligations d’État  de sa zone monétaire ? La solution est simple : il suffit de demander au Fonds Monétaire International de faire l’entremetteur entre la banque centrale et les pays en question. Les récentes révélations sur les pratiques de la Réserve Fédérale en 2008 et dévoilées récemment par le Congrès me laissent penser que tout ceci n’est en fait que le haut de l’iceberg.

Dans ces conditions comment peut-on penser un seul instant entrer dans un processus déflationniste ? Déflation des actifs financiers, oui, mais déflation au sens monétaire, aucune chance !

La conséquence : chercher à traiter les problèmes de dettes et de solvabilité par toujours plus d’endettement va maintenir l’économie dans une situation de faible croissance et préparera les bases du développement d’une période de forte inflation des prix selon le processus que j’ai évoqué à la question précédente.

LORetLARGENT.info : Quelles sont vos perspectives sur l’évolution de l’or en 2012 ?
Yannick Colleu – Compte tenu des éléments que je vous ai donnés plus haut, les perspectives sur l’or sont bien évidemment favorables. Lorsque le pouvoir d’achat de la monnaie est en danger, les épargnants se tournent assez naturellement vers ce placement. Pour le moment seuls les plus avertis le font. Malgré l’intérêt relatif qu’accorde la presse financière aux métaux précieux depuis 2009,  la presse généraliste regarde ça comme une curiosité passagère. Signe des temps, on voit aujourd’hui beaucoup plus de publicité pour des offres de rachat de votre or que pour vous vendre des pièces ou des lingots à des fins d’épargne ou de protection de votre capital. Si le business du rachat de bijoux marche aussi bien c’est bien parce que le grand public n’a pas encore compris, entre monnaie-papier et métaux précieux, où était son intérêt. Le jour où il le découvrira, nous entrerons dans un phénomène de bulle. C’est à ce moment précis que les «  économistes  » qui paradent sur les chaines de télé vous conseilleront l’achat de métaux de précieux.

Je suis admiratif à chaque fois que je lis des auteurs donnant des objectifs de prix de l’or à long terme. Pour ma part je ne vois pas comment les déterminer. Le prix de l’or à long terme sera le thermomètre de la folie de nos dirigeants. Plus ils s’entêteront dans leurs errements monétaires plus l’or montera. Eux seuls ont la possibilité d’arrêter cette hausse.

À plus court terme il est possible de tracer quelques repères. La consolidation des prix qui est intervenue début septembre a été salutaire pour pérenniser la hausse même si je la trouve insuffisamment profonde. Plus la consolidation durera à ce niveau plus la hausse qui s’en suivra sera puissante et longue. Pour la suite, un dépassement du dernier sommet des prix, 1350€ l’once, donnera le signal de la continuation du mouvement avec un premier objectif situé autour de 1500-1550€ l’once (ou 50.000€ le kg).

Merci à Yannick Colleu de nous avoir accordé cette interview.

A quoi ressemble le travail dans une mine d’or?

Vendredi, décembre 9th, 2011

Profondeurs d’une mine

“Descendre dans une mine d’or c’est comme entreprendre un voyage a Hades. Il nous faut laisser les vêtements à l’extérieur, en surface, sous-vêtements inclus et, vêtus d’une combinaison, il faut rentrer dans une cabine en acier qui nous propulse en l’espace de deux minutes à une distance d’un mile à l’intérieur d’une roche. Tout en-bàs fourmille un monde bruyant, chaud et humide, animé par les lumières lancinantes des casques des mineurs. Une promenade de dix minutes le long d’une galerie creusée dans la roche dont la température naturelle dépasse les 37 degrés Centigrades suffit pour que chaque visiteur se sente plongé dans une atmosphère chaude-humide.
Ensuite, surgit le bruit des foreuses d’air comprimé qui mordent dans la roche solide, dominant ainsi le bourdonnement permanent des compresseurs de climatisation et le vacarme des wagons glissant sur leurs rails d’acier.
Sur un côté du tunnel, une étroite ouverture initie une descente d’un angle de presque 25 degrés, menant aux entrailles de la terre. Elle est haute d’à peine quarante pouces et est délicatement soutenue de piliers en caoutchouc. Dans le lexique minier, ceci s’appelle “bancada” – une poche.
Il semblerait que la roche y fasse pression sur les quatre côtés, que du toit se détachent de minuscules tâches formant des flaques d’eau tiède dans lesquelles les mineurs se retrouvent agenouillés, en plein devoir.
La large tête de la foreuse, dissimulée sous un subtil jet d’eau pour libérer la poussière, vibre en perforant la roche d’un point marqué de peinture rouge. Longeant un côté de la poche, une ligne continue de peinture rouge signale un filon d’or de quatre pouces, qui aux yeux du prophane, a un aspect absolument différent de celui des roches situées au niveau supérieur ou inférieur de celle-ci.

C’est dans un amas de petits cailloux blancs, étroitement mélangés, que reluit une minuscule particule d’or, se reflétant dans le faisceau lumineux de la lampe des mineurs. Extraire ce minuscule filon d’or situé à deux miles de profondeur ou plus, sous terre, génère un procédé couteux, laissant peu d’espoir.

Du fait que l’or se trouve disséminé entre les cailloux et conglomérats, il faudra non seulement monter et exploiter les fins grains du filon porteur d’or une fois celui-ci à la surface sinon qu’en plus il faudra remonter et briser une grande partie de la roche située sur les deux côtés du filon, puisqu’à chaque fois qu’il faut faire exploser la poche avec des charges de dynamite placées dans les trous faits par la foreuse, la roche se confond au conglomérat. ‘Ainsi l’explique Timothy Green dans son livre El Mundo de Oro, el trabajo realizado en una mina – Le Monde de l’Or, le travail effectué dans une mine.

Il est digne d’admirer le travail d’un mineur car il est soumis à des conditions extrêmes et risque sa vie à tout moment. S’enterrer à de telles profondeurs, où la lumière du soleil est totalement inexistente, la lumière artificielle devient un complément indispensable. Un travail complètement physique et éprouvant : forer, meuler, extraire, exposé au risque de contracter d’éventuelles maladies comme la silicose (causée par l’inhalation permanente de produits chimiques causant des effets irréversibles aux poumons et des difficultés respiratoires) et de glissements de terrain, devant assurer le renfort des tunnels creusés.

Pour trouver le filon d’or, il est nécessaire de travailler souvent soit courbés ou agenouillés sur de longs parcours.
Devant tant de paramètres, l’âge de départ à la retraite est plus avancé et la journée laborale maximale est d’ordinaire de 35 heures hebdomadaires – sachant que dans beaucoup d’autres pays, les conditions de travail peuvent être moins favorables. Il serait bon de valoriser le travail des mineurs pour extraire l’or – celui que nous achetons ou vendons de nos jours.

Sommet européen : un énième pacte qui ne convainc pas

Vendredi, décembre 9th, 2011

Les 17 pays de la zone euro se réunissaient hier pour un énième sommet européen. Ils se sont entendus sur un nouveau « pacte budgétaire », qui permettrait de mieux contrôler les budgets des états de la zone euro. Contrairement à Angela Merkel et Christine Lagarde, présidente du FMI, la plupart des économistes sont très pessimistes quant à la capacité des états à rembourser leurs dettes et davantage encore quant à l’avenir de l’euro.

Un « pacte budgétaire » pour les pays de la zone euro

10 heures de tractations ont été nécessaires pour aboutir à ce nouveau pacte.  Voici ce qu’il en est ressorti :
-    Un contrôle plus strict des budgets nationaux, avec des sanctions en cas de dépassement des 3% de PIB de déficit public et en cas d’augmentation trop importante des dettes publiques.
-    La gestion du Fonds de secours de la zone euro (FESF) par la Banque Centrale Européenne (BCE). Le FESF devait passer de 250 milliards d’euros à 1 000 milliards d’euros, mais cet objectif a été revu à la baisse.
-    La création d’un Mécanisme européen de stabilité (MES), géré également par la BCE, avec une capacité de prêts de 500 milliards d’euros.
-    Le renflouement du Fond Monétaire International à hauteur de 200 milliards d’euros, sous dix jours.
Si ces fonds permettraient d’assurer une sécurité suffisante aux pays de la zone euro en difficultés et endettés, encore faut-il les approvisionner !

114,7 milliards d’euros

C’est le montant des fonds propres nécessaire aux banques européennes pour faire face à la crise des dettes souveraines européennes. Un montant majoré de 8,7 milliards par rapport aux estimations d’octobre 2011.

Mais comment mettre sur la table une telle somme, alors que la croissance des pays est au plus bas et que les plans de rigueur ne parviennent pas à désendetter ? Tout porte à croire que les mêmes erreurs vont être répétées : en l’absence de croissance et avec un taux de chômage record, la seule solution qu’a l’Europe pour sortir ces milliards de sa poche est de créer de la monnaie. Et donc de la dette.

On connait la suite : cette création monétaire, basée sur aucune richesse tangible, va provoquer une hyperinflation, qui ne fera qu’aggraver la situation des pays en crise.

Les plans de rigueur ?

On constate avec l’expérience de la Grèce et quelques mois de recul que les plans de rigueur ne parviennent pas à faire redécoller l’économie des pays qui les mettent en place. Ces plans de rigueur ne permettent pas à ces pays de rembourser la dette. Pire, ils tuent la croissance et aggravent la dette.

Au lendemain des premières négociations du sommet et malgré les congratulations échangées ce matin, l’éclatement de la zone euro guette et la monnaie fiduciaire, l’euro, pourrait voir son espérance de vie diminuer brutalement. Si cette sortie de l’euro représente une chance pour sortir de ce marasme, il faudra trouver de nouvelles bases pour reconstruire l’économie des pays en crise. Des bases plus solides comprenant des valeurs d’échanges plus sûres, au premier rang desquelles se trouve l’or.

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "