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Posts Tagged ‘fmi’

La Grèce en faillite… politique

Lundi, mai 7th, 2012

Le résultat des élections législatives en Grèce est tombé comme un couperet : aucun des deux plus gros partis politiques (gauche et droite) n’a la majorité au sein du Parlement et un parti ultranationaliste (pour ne pas dire néo-nazi) y fait son entrée avec 19 députés. Malaise dans le berceau de la démocratie…

Même si on ne connait pas encore la composition du nouveau Parlement, ce que l’on sait, c’est que 60% des Grecs, de l’extrême gauche et de l’extrême droite, ont voté massivement contre la politique d’austérité dictée par le gouvernement en place et surtout par la troïka.

La gauche radicale est propulsée second parti national avec 50 députés environ et propose une coalition avec tous les partis de gauche pour faire front à la politique ultralibérale qui a projeté le pays dans la plus morne austérité.
Nikolaos Mihalikiakos, le représentant du parti opposé, « la Nouvelle Aube dorée de l’hellénisme », affiche clairement ses opinions néo-nazies, joignant le geste du salut hitlérien à la parole haineuse.

Douche froide sur les marchés boursiers
Evidemment, même si « Bruxelles attend de la Grèce qu’elle respecte ses engagements » (attention, Bruxelles va se fâcher !), comme le disait Charles Sannat dans son interview, les marchés financier et les bailleurs de fonds (FMI, Union Européenne) pourront toujours demander, s’il n’y a pas de croissance, ça ne changera rien. L’euro est en berne après les législatives en Grèce. Plus que les résultats eux-mêmes, c’est l’incertitude qui règne sur le pays et le spectre du défaut de paiement qui refait surface qui refroidissent les ardeurs de la monnaie unique.

Et si la Grèce était le prisme de la France de demain ? Dans ce contexte ultra explosif, l’insurrection et la menace de guerres civiles ne relèvent plus du fantasme.  Coincée entre le désir impossible de « revenir comme avant » (à la drachme) et celui, trop ambitieux de rester dans la zone euro, la Grèce étouffe. Que lui reste-il comme alternative monétaire, à part peut-être une nouvelle monnaie parallèle basée sur l’or ? Avec ses 111,6 tonnes, la Grèce pourrait jouer de ses réserves.

L’économie, « c’est plus compliqué que ça ! »

Mardi, février 21st, 2012

L’Europe est tombée d’accord sur le plan d’aide accordé à la Grèce de 130 milliards d’euros, dans la nuit de lundi à mardi après 13h de tractations. Objectif de la zone euro : réduire d’ici 2020 la masse de la dette hellène à 120,5%. On applaudit ? Non.

Le problème n’est pas de savoir si l’on soutient nos amis grecs ou pas, mais à quoi cela va servir. Le plan de sauvetage alloué à la Grèce équivaut à de l’argent de poche, donné à des enfants à de strictes conditions : l’argent ne doit pas servir à par exemple à payer les fonctionnaires. Ce nouveau crédit est assorti de mesures d’austérité, comme nous l’évoquions dans la note « La France sur le même chemin que la Grèce ? ».

« C’est plus compliqué que ça ! »
Comment augmenter le pouvoir d’achat des grecs sans augmenter leur salaire, pire en le réduisant ? Comment faire entrer de l’argent dans les caisses de l’état en diminuant les charges patronales ?
L’équation a l’air pourtant simple : travail pas cher = embauche = pouvoir d’achat in fine. Or comment favoriser la compétitivité des entreprises quand le salaire moyen de la main d’œuvre asiatique est de 260€ par mois ?
« Ah, c’est plus compliqué que ça », répondent en cœur les économistes emprunts d’un savoir immense dans les rubriques éco de la presse.

Force est de constater que les explications servant la cause du plan de sauvetage de la Grèce et par extension de la zone euro sont en fait un vaste écran de fumée justifiant les erreurs monumentales commises par les gouvernements à la soldes des instituts bancaires depuis des années.

Sauver le peuple, plutôt que les banques
Le message de l’ancien ministre de l’Economie argentin, Roberto Lavagna, qui a sorti l’Argentine de la crise il y a 10 ans est clair est simple : «Nous avons sauvé les gens plutôt que les banques»

Dans une interview accordée au journal Libération, le Ministre argentin affirme s’être passé des services du FMI.
Peso fortement dévalué établi sur une parité fixe avec le dollar, 4e année de récession consécutive, pays en cessation de paiement, endettement colossal, inflation explosant, taux record de chômage, petits épargnants ruinés… les similitudes entre la Grèce et l’Argentine sont nombreuses. C’est en décidant de s’en sortir seul et en arrêtant de soutenir les banques que l’Argentine s’en est sortie. Car tout diminuer pour donner aux banques n’est pas un chemin de sortie de crise. L’Argentine a ainsi fait le choix de sauver les gens plutôt que les banques.

C’est ce que nous vous proposons également de faire en mettant un peu d’or de côté chaque mois.
Le but –non nous n’en sommes plus là – n’est plus de gagner de l’argent avec des produits financiers aussi compliqués que dangereux, mais bien d’en mettre de côté sans en perdre. Le seul actif qui peut vous rester entre les mains avant que la situation ne dégénère est l’or physique.

Le livret de sauvegarde du patrimoine propose cette solution d’épargne simple et sécure : chaque mois, l’épargnant peut acheter autant de grammes d’or qu’il souhaite sur un lingot ou un lot de pièces mutualisés. L’argent placé sur de l’or ne souffrira d’aucun risque de faillite bancaire ou monétaire.

Crise Espagnole : c’est contagieux docteur ?

Lundi, juin 21st, 2010

Il ne s’agit pas de grippe, mais c’est tout aussi contagieux. L’Espagne est partie pour suivre le chemin de la Grèce d’après des indicateurs assez explicites. Après avoir perdu le match contre la Suisse, l’Espagne semble être en déveine. Quelles vont-être les conséquences sur les finances personnelles des Français ?

Un taux de chômage record
Triste record pour l’Espagne dont le taux de chômage a augmenté de 20% en 10 ans et atteint les 20% cette année, aggravant le déficit budgétaire, déjà un des plus important de la zone Euro en 2009, à 11,2% de son PIB. La timide reprise de l’emploi annoncée en mai est en fait corrélée aux emplois saisonniers. Pressée par le FMI, l’Espagne vient de réformer son marché du travail, visant à réduire les indemnités de licenciement, à permettre plus de flexibilité horaire dans les entreprises et à limiter le recours aux contrats à durée déterminée.

Crise immobilière

L’Espagne aussi est victime du syndrome des subprimes depuis une dizaine d’années. La bulle risque d’éclater incessamment sous peu. Le taux des emprunts augmentant se mettant soudainement à augmenter, la situation pourrait fort ressembler aux Etats-Unis, avec l’impossibilité de rembourser les prêts. D’autres signes inquiétants se manifestent tels que prix des logements en perte de vitesse, baisse des transactions et logements ne trouvant pas acquéreurs.

Une dette colossale
Certes, la dette publique de l’Espagne est inférieure à celle de la Grèce et du Portugal, mais comparée à ces deux pays, l’Espagne fait presque figure de géant économique. La dette du pays est à la hauteur de son poids économique, d’où le danger réel que représenterait la faillite du pays. La dette de l’Espagne s’élèverait à 225 milliards d’euros pour l’année 2010.

Demande d’aide au FMI
Malgré les récents démentis du FMI et de l’UE, une rumeur comme quoi l’Europe aurait demandé de l’aide au FMI a suffi à affoler les marchés boursiers. Du coup, le 27 pays de l’UE s’engagent à publier en juillet leurs « stress tests » pour jouer de la transparence et prouver la solidité des banques de la zone Euro.

Et le vice-président de la Banque d’Espagne Javier Ariztegui de déclarer : « Si les marchés continuent de ne pas fonctionner pendant plusieurs mois, il y aura des problèmes de liquidités, sans aucun doute ».

La France, prochaine cible de la défiance spéculative ?
Même si la dette espagnole ne cesse de croître, elle reste inférieure à celle de la France dont les dettes et déficits (78,2% du PIB) sont les plus importants de la zone euro. Pour l’instant, le sujet semble tabou. Même si la France ne se met pas d’œillères, elle n’a pas encore abordé de mesures très claires pour se sortir de cet état de fait. La crise s’arrêtera-t-elle aux frontières françaises, comme le nuage de Tchernobyl ? On en doute fort !

On peut penser que le château de carte n’est pas loin de s’écrouler, car les plus grosses banques européennes – France, Allemagne et Grande-Bretagne – sont impliquées économiquement avec l’Espagne.

La solution à l’Espagne ? L’épargne !
Et pas n’importe laquelle ; tel que c’est parti, si la crise s’étend à l’Europe, il est plus sage d’épargner dans des valeurs sûres comme l’immobilier, quelques fonds sûrs ou encore mieux, dans la valeur refuge par excellence en temps de crise : l’or !

Changing attitudes amoungst European Central Banks

Samedi, février 20th, 2010

A gold reserve is the gold held by a central bank or nation intended as a store of value and as a guarantee to redeem promises to pay depositors, note holders (e.g., paper money), or trading peers, or to secure a currency. Today, gold reserves are almost exclusively, albeit rarely, used in the settlement of international transactions (…) LIRE LA SUITE SUR NOTRE BLOG ANGLAIS, GOLDCOIN.ORG

Mini-panique acheteuse sur le marché de l’or.

Jeudi, novembre 26th, 2009

Il y a en ce moment une mini-panique acheteuse sur le marché de l’or. Cette nouvelle impulsion de hausse surprend même les vétérans du marché de l’or par sa vigueur et son emballement. Alors, que se passe-t-il ?

L’US MINT aux USA n’arrive plus à trouver suffisamment d’or physique sur le marché pour répondre à la demande de pièces d’or ! En conséquence, il suspend la production de pièces « American Eagle« .

Il y a de gros pachydermes (banques centrales) qui font leurs courses en ce moment, et qui achètent sans prendre garde aux dégâts techniques qu’ils produisent sur le petit marché de l’or!

Rajoutez à cela des commerciaux qui sont forcés de se couvrir pour couper leurs pertes sur le COMEX, et vous arrivez à la situation d’un marché qui continue de grimper malgré des indicateurs techniques de sur-achat, chauffés au rouge vif.

L’annonce de l’Inde concernant l’achat de 200t d’or, ainsi que ses intentions probables pour acheter le solde des 403t du FMI, a produit un boost considérable sur cette nouvelle impulsion de hausse. D’autres banquiers centraux accueillent cette nouvelle avec des perles de sueurs sur le front : « Et si nous avions fait une des plus grosses erreurs de notre histoire avec la gestion de notre or? ».

Car il fut un temps où les banquiers centraux pouvaient considérer l’or comme inutile et superflu. Une sorte d’assurance incendie qui coûte (en terme de capital immobilisé sans rendement) et qui avait peut-être 99% de chance de ne jamais servir (selon leurs calculs). Certains ont osé faire le pari fou que puisque l’or ne servirait plus, on pourrait le prêter et en tirer un bénéfice. Il fut un temps où ces prêts déprimaient le cours de l’or, ce qui rendait l’opération très lucrative pour les banques qui contrôlaient le marché avec de gros stocks d’or à disposition (elles auraient été stupides de ne pas en profiter!). L’or baissait et les investisseurs se jetaient sur les obligations du gouvernement US. Même durant les premières années de ce marché haussier sur l’or 2001-2009, les banques centrales continuaient de prêter leur or, et les banques d’affaire continuaient de manipuler les cours, du moins ponctuellement.

On voyait la hausse du prix de l’or comme un rebond de marché baissier. Il fallait en profiter pour en vendre davantage! Des milliers de tonnes d’or sont encore sorties des coffres des banques centrales européennes à cette époque. On était certain que tout rentrerait dans l’ordre, que la croissance continuerait indéfiniment, que l’inflation produite par les banques centrales continuerait à nourrir les banquiers, les grosses fortunes et secondairement la classe moyenne grâce à une hausse continue de l’immobilier et des marchés boursiers. On pensait que la confiance dans les monnaies papiers serait dorénavant éternelle. Toutes ces croyances se sont lézardées à partir de 2007, puis un mur est tombé en 2008. A présent on peut voir l’intérieur de la maison et on se rend compte que la plupart des planchers sont vermoulus!

L’affaire des fausses barres d’or fourrées au tungstène et découvertes récemment à Hong Kong, a rajouté un peu d’huile sur le feu. Il est impossible de se rendre compte de l’ampleur de la fraude en l’état actuel des choses. Les essayeurs d’or sont demandés en urgence un peu partout, car on veut s’assurer que ces barres n’aient pas contaminé le circuit de l’or entre les établissements. Il est probable qu’il s’agisse d’une erreur de manutention entre des vraies barres et des fausses dans les coffres d’une banque centrale, et que la présence d’une fausse barre à Hong Kong ne soit pas intentionnelle.

Qu’est-ce qui peut expliquer alors la présence d’une fausse barre d’or à Hong Kong? Il faut savoir que les banques centrales ont le droit de prêter leur or. Et elles ont le droit d’inscrire cet or prêté comme faisant encore partie de leurs réserves, ce qui est à mon sens scandaleux! Mais pourquoi une banque qui prêterait 10% de son stock d’or prendrait-elle la peine de remplacer les barres manquantes par des fausses? A mon avis, il faudrait que les barres prêtées représentent une part beaucoup plus importante des stocks pour que le besoin de boucher les trous (pour un éventuel contrôle d’inventaire) se fasse sentir! De là, toutes les spéculations sont permises! La thèse de GATA (comité anti-cartel sur le marché de l’or) revient en mémoire (entre 10’000t et 15’000t d’or seraient manquantes dans les coffres des banques centrales!). Et si GATA avait raison? Les perles de sueurs de nos banquiers centraux se transforment en ruissellement : le marché de l’or semble avoir passé un point d’inflexion déterminant.

Ceci dit, il est également possible que ces barres en tungstène soit une erreur de manutention avant un transport sécurisé. En effet, les barres d’or peuvent passer d’un établissement à un autre et la logistique prévoit certainement de faux convois avec de fausses barres pour leurrer les éventuels intéressés (personnel convoyeur y compris). On ne peut donc pas trop s’avancer, mais le doute demeure. L’annonce de l’Inde vis-à-vis du stock d’or du FMI est par contre bien réelle, et suffit à elle seule pour justifier cette mini panique acheteuse sur l’or.

Et à présent? Il faut inclure la nouvelle de l’Inde dans l’objectif de cette nouvelle impulsion de hausse. Nous dépasserons sans doute les $1250 annoncés dans mon dernier suivi. Si la Chine accélère son programme d’achat d’or, suite à l’annonce de l’Inde, on peut s’attendre à un objectif beaucoup plus élevé d’ici le printemps prochain. Dans l’immédiat, je milite toujours en faveur d’une secousse en direction d’un support mobile de court terme, histoire de faire respirer les indicateurs. Le nombre de traders prompts à encaisser leurs profits au moindre accès de faiblesse du prix produit toujours ce genre de réaction sur un marché qui a grimpé trop longtemps sans corriger.

Lorsque je lis les articles d’analystes du marché de l’or sur le web, je réalise que la plupart s’attendent à cette secousse. Presque trop de monde à mon goût, ce qui me fait penser que la secousse sera peut-être moins forte qu’attendue. Lorsque les gens prient pour que le cours se casse la figure (parce qu’ils ont raté le train de la hausse), on peut être certain que le cours s’arrêtera plus haut que le niveau derrière lequel la majorité est embusquée.

Article écrit par Léonard Sartoni

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

Léonard Sartoni parraine AuCOFFRE.com, la première plateforme d’achat, vente et don de pièces d’or avec garde en coffres bancaires.

L’accord de la Jamaïque : démonétisation de l’or.

Samedi, octobre 17th, 2009

Au départ de l’évolution ayant abouti à l’accord de la Jamaïque, se trouve la décision prise par le président Nixon, le 15 août 1971, de suspendre la convertibilité du dollar en or, clef de voûte du système élaboré en juillet 1944. Le 1er octobre 1971, l’assemblée générale du FMI demande au Conseil d’administration du Fonds d’étudier et de proposer une réforme d’ensemble. Celle-ci devait être adoptée par les États membres lors d’une réunion tenue à Kingston (Jamaïque), les 7 et 8 janvier 1976, et comportait un ensemble de dispositions mettant fin au règne tout relatif d’ailleurs de l’or. Les décisions prises ont porté sur deux points principaux.

1. Le niveau régime des taux de change.
Les pays membres devront s’abstenir de toute manipulation de leur taux de change à des fins compétitives et devront choisir entre trois possibilités :
- s’abstenir d’assigner une parité à leur monnaie, qui flottera librement sur les marchés de change ;
- définir la valeur de leur monnaie par une relation fixe avec le droit de tirage spécial (DTS) ou une autre devise, à l’exclusion de l’or ;
- lier la valeur de leur monnaie à celle d’une ou de plusieurs autres devises dans le cadre de mécanismes de coopération.

2. Le rôle de l’or.
La solution a pu être présentée comme le résultat d’un compromis entre la thèse française qui poussait au maintien du métal jaune dans l’organisation et le fonctionnement du système monétaire international et la politique américaine qui visait, depuis fort longtemps, à retirer à l’or sa prééminence fonctionnelle. En fait l’accord élimine des statuts du Fonds toutes les références à l’or et remplace ce dernier, dans ses attributions essentielles, par le DTS. Consolation pour l’or, la liberté des transactions en métal des banques centrales est rétablie sans limitation entre elles et sur le marché.

Cette volonté d’éliminer l’or comme étalon du système des parités et d’abolir le prix officiel du métal devait être complétée par :
- la suppression des règlements obligatoires en or dans les opérations entre le Fonds et les pays membres ;
- l’obligation faite au Fonds de se dessaisir du tiers de ses avoirs en or (50 millions d’onces), en en restituant la moitié aux États membres à l’ancien prix ($ 35 l’once) et en vendant l’autre moitié aux enchères publiques.
Encore faut-il ajouter que l’abolition du prix officiel de l’or a pour conséquence de permettre aux banques centrales d’effectuer des transactions à un prix dérivé du marché et de réévaluer les stocks métalliques en leur possession (tel a été très vite le cas de la France et de l’Italie).

Même si les États-Unis ont fait savoir qu’ils continueraient à évaluer leur réserve à l’ancien prix officiel de $ 42,22 l’once, même si la première adjudication du FMI a fait baisser le prix de l’or sur les marchés mondiaux, tout au moins pendant de courtes périodes, on peut dire qu’en fait les résultats escomptés par la politique américaine et par celle du FMI sont loin d’être atteints. Le prix de l’or et l’or lui-même restent encore des éléments importants d’un vaste jeu politique : à tout bien considérer, si l’or a résisté, c’est qu’il n’a pas cessé de faire figure de métal officiel que les gouvernements n’ont pas voulu ou pu oublier.

Extrait du livre de Jules Lepidi : L’Or

L’Or de la diversification ou comment la Chine prévient les Etats-Unis.

Lundi, mai 4th, 2009

On peut voir dans l’augmentation de près de 75% en six ans de la possession d’or de la Chine, un désir de diversification de ses dirigeants, ceux-ci cherchant à se débarrasser de leurs Dollars ou au moins à ne pas baser leur économie sur cette seule monnaie.

La monnaie chinoise a cependant un statut particulier face au Dollar : pas totalement convertible mais loin d’être déconnectée. Comme l’explique Agnès BENASSY-QUERE (Station Météo sur France Culture) « le Yuan n’est pas totalement inconvertible, les exportateurs chinois peuvent reconvertir leurs Dollars en Yuans et inversement. Il y a certainement des procédures avec des autorisations administratives, mais ce n’est pas inconvertible. Le Yuan n’est non seulement pas indépendant du Dollar, mais totalement lié à lui. Le problème principal des autorités chinoises aujourd’hui, ce n’est pas tant le statut des monnaies, ni de prendre une place sur la scène internationale et rester intégré car cela la Chine a su le faire même avec une monnaie inconvertible. Le problème principal, les autorités chinoises étant à la tête d’un stock de 2000 milliards de Dollars, c’est le « risque dollar » et comment sortir de cette situation. »

Rappelons tout de même que les taux de change du Yuan sont fixés par les autorités chinoises, cette convertibilité non totale permettant de garder un Yuan bas face au Dollar évitant la spéculation sur la monnaie. Le coût de la main d’œuvre reste ainsi très bas et les prix compétitifs. Rendre le Yuan totalement convertible reviendrait pour l’économie chinoise à se tirer une balle dans le pied puisque « les Chinois seraient piégés et ne pourraient rien faire pour miner la valeur du Dollar, sinon ils verraient détruire tous leurs investissements et toute la valeur des Dollars qu’ils détiennent. D’une certaine façon, l’économie américaine et l’économie chinoise sont intimement liées, les deux pays sont condamnés à vivre ensemble à tel point que la politique étrangère des États-Unis avec la Chine va plutôt être menée par le Trésor que par le ministère des Affaires étrangères » déclare Steven EKOVICH.

C’est ainsi que les Chinois se décarcassent pour trouver des idées de diversification de leur capital. Le G20 avec l’émission de l’équivalent de 250 milliards de DTS (panier des 5 principales monnaies : Dollar, Yen, Franc suisse, Euro, Livre sterling) a satisfait les autorités chinoises qui ont vu là une manière d’échanger leurs Dollars, toujours au nom de la fameuse diversification.
Le stock de Dollars « chinois » est aujourd’hui estimé à hauteur de 2000 milliards. Il est en aucun cas question pour les Chinois d’échanger l’intégralité de ce stock mais de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier…

L’or rentre clairement dans cette logique de diversification, mais pas seulement. En effet, la Chine voit en l’or une valeur stable dont elle a on ne peut plus besoin aujourd’hui. Passés 1ers producteurs mondiaux avec une production de 282t en 2008, 5èmes détenteurs cette année, les Chinois sont clairement attirés par le métal jaune. Il y a une volonté de détenir assez d’or pour pourvoir à leur appétit grandissant : or physique pour le placement mais aussi augmentation de la production de produits à haute valeur ajoutée (électronique notamment), bijouterie, autant de secteurs que l’économie chinoise cherche à développer…et qui nécessite son pesant d’or !
Il ne faut pas se limiter à la question de la diversification pour expliquer l’augmentation du stock d’or chinois. Il faut y voir une volonté de se placer sur la scène internationale au niveau de la production de biens mais aussi d’avoir un pouvoir de négociation ainsi qu’une autonomie face au Dollar accrus.

Pour autant, il convient d’être prudent et de ne pas s’emballer. La part de ses réserves de change détenue en or ne représente que 1,6% de ses réserves totales, contre presque 80% pour les Etats-Unis.
Bien que tout récent (donc à relativiser), l’avertissement est clair pour les Etats-Unis : augmentation du stock d’or, diminution des achats de T-bonds, échange de DTS…Bien que très liée à elle, l’économie chinoise est bien déterminée à montrer à sa grande sœur américaine qu’elle peut s’émanciper si l’envie lui en prenait.

Anaïs BOURDON

Changement de mentalité chez les banques centrales européennes ?

Jeudi, avril 9th, 2009

La Chine, la Russie et d’autres banques centrales achètent de l’or. Cette nouvelle tendance à l’achat d’or par les banques centrales asiatiques, du Brésil et du Golfe (qui disposent encore de très peu d’or relativement à leurs réserves en dollars) est un facteur de soutien pour le prix de l’or. Quant aux banques centrales occidentales, elles se montrent de moins en moins enclines à se débarrasser d’un métal qui pourrait figurer comme constituant d’une nouvelle monnaie de réserve mondiale, désirée par la Russie et la Chine.

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Dans le tableau ci-dessus, figure la proportion en or des réserves en devises étrangères des banques centrales, et non le taux de couverture en or de la monnaie ! Comme la Fed possède peu de devises étrangères dans ses réserves, son stock d’or apparaît important, mais relativement à la quantité de dollars qui figurent dans la masse monétaire M3, ce stock d’or ne représente que 1,6% de M3.

Les candidats potentiels pour de gros achats d’or ces prochaines années sont dans l’ordre d’apparition sur la liste: le Japon, la Chine, la Russie, Taiwan et l’Inde.

Fait remarquable, au mois de mars, une banque européenne, signataire des accords de Washington II (fixant un quota de vente à 500t par année), a acheté de l’or ! C’est un fait remarquable, car depuis le début des années 80, les banques centrales européennes n’ont jamais cessé de liquider leurs stocks d’or, ce qui contribuait à peser sur le prix de l’or, qui est passé de $850 en 1980 à $256 en 2001.

Quant aux USA, leurs réserves d’or n’ont pratiquement plus bougé depuis 1980, en se tenant aujourd’hui à 8’133t. Mais le doute subsiste quant à la proportion d’or qui serait actuellement louée à des fins de contrôle du prix de l’or, donc n’existant plus physiquement dans les réserves, mais sous forme de papier.

Fort Knox, réserve d’or des USA, construit en 1937.

Le Fonds Monétaire International (FMI) avait annoncé depuis une année la vente de 403t d’or sur les 3’217 qu’il détient en réserve. Durant le G20, le marché de l’or était nerveux en spéculant sur de possibles ventes supplémentaires du FMI. Pour l’heure, le FMI a simplement dit qu’il allait attribuer la vente de ces 403t d’or pour aider les pays pauvres. Que cette annonce fasse partie d’un plan délibéré pour brider le prix de l’or en ces temps difficile est évidemment questionnable. Mais il sera impuissant à contrer les forces du marché sur le long terme. Lorsque le prix de l’or est passé de $200 à $850 vers la fin des années 70, le FMI vendait 1’600t d’or sur le marché, sans pouvoir arrêter la hausse. A ces ventes s’ajoutaient encore celles des USA qui liquidaient une partie de leur stock d’or.

Aujourd’hui les stocks d’or des banques centrales sont beaucoup plus bas et l’état de l’économie est bien plus moribond que pendant la stagflation des années 70. Le prix de l’or n’a plus beaucoup d’adversaires de taille pour freiner sa hausse. Au contraire, il possède aujourd’hui des alliés de taille avec des pays comme la Chine ou la Russie !

Article écrit par Léonard Sartoni (extrait de son Suivi n°19 – en format PDF sur LORetLARGENT.info)

Léonard Sartoni est l’auteur du livre « référence » : 2008-2015 : pourquoi l’or va battre la performance des actions et des obligations et comment vous pouvez en profiter

Ce premier guide en langue française sur le marché de l’or ne pouvait être écrit que par un investisseur à temps plein sur ce marché. Léonard Sartoni vit en Suisse de ses investissements dans ce domaine. La richesse de son expérience et de ses connaissances difficilement condensée dans ces 200 pages vous éclairera sur un univers méconnu autant qu’attractif sur un plan financier.  » le dernier grand marché haussier de l’or remonte aux années 70. Depuis, aux yeux du grand public, ce métal précieux est tombé aux oubliettes. Il est temps de le redécouvrir car une nouvelle heure de gloire est  » dans les tuyaux  » ! « 

Léonard Sartoni parraine AuCOFFRE.com, la plateforme d’achat, vente et don de pièces d’or avec garde en coffres bancaires.

Vers une monnaie mondiale unique, l’or-papier DTS – SDR ?

Jeudi, avril 2nd, 2009

Le FMI et son instrument de réserve international, le DTS

Le DTS, droits de tirages spéciaux, en anglais SDR (Special Drawing Rights) est une unité de compte propre au FMI, qui représente une créance sur les monnaies des pays membres, et dont la valeur représente la somme des 4 monnaies de référence (dollar, Euro, livre et yen) calculée chaque jour. Ayant conservé sa valeur nominale en or depuis la dévaluation du dollar par rapport à l’or, en 1971, on l’a appelé « or-papier ».

Devant le sombre avenir du dollar et de la livre, Arkadi Dvorkovitch, conseiller économique du Kremlin, a fait savoir le 28 mars 2009 qu’il souhaitait que ce système s’étende au rouble et au yen, dans une ambiance où le dollar devient de plus en plus contesté.

La Chine a été encore plus loin. Le gouverneur de la banque de Chine, Zhou Xiaochuan, a indiqué « qu’une nouvelle monnaie de réserve mondiale, basée sur un panier d’importantes monnaies et gérée par une organisation multilatérale, telle que le Fonds monétaire international (FMI), devrait dépasser les intérêts nationaux des pays qui émettent la monnaie de réserve et devrait contribuer à la stabilisation du système financier international et au développement de l’économie mondiale ». LIRE LA SUITE SUR AGORAVOX

Les banques centrales gèrent leur or comme un investisseur particulier

Mardi, mars 24th, 2009

Les banques centrales détiennent environ 30000 tonnes d’or. 10000 pour les USA, entre 8 et 10000 pour l’Europe et le reste pour les autres pays.

En 1999, il y a eu les accords de Washington. Ces accords regroupaient une quinzaine de banques centrales, avec l’accord des Américains et du FMI, disant en résumé « les banques centrales peuvent vendre leur or mais elles vont le vendre d’une façon ordonnée et raisonnable et cet accord durera cinq ans… » Les banques centrales ont vendu d’une façon ordonnée l’équivalent de 400 tonnes par an sur une période cinq ans. Cet accord a été renouvelé en 2004 et il expirera cette année, en 2009.

Est-ce qu’on peut s’attendre donc à ce que les banques centrales changent de comportement et qu’elles se mettent – pourquoi pas – à réinvestir dans l’or parce que c’est une si bonne affaire ?

Il est extrêmement délicat aujourd’hui, pour une banque centrale, de vendre son or parce que c’est un des rares actifs à s’être apprécié en valeur. Donc d’un point de vue purement stratégique, nous les voyons mal vendre aujourd’hui leur or physique.

Ainsi, les Russes ont décidé d’augmenter leurs réserves à hauteur de 10% en or, ils en sont déjà à 4%. Ca fait aussi des années que l’on nous explique que les Chinois vont commencer à mettre de l’or dans leurs réserves et le FMI, à ce sujet, a fait savoir qu’il voulait vendre 400 tonnes. Ces 400 tonnes rentreront dans un accord réglementé et ça n’affectera pas le prix de l’or.

En fait, les banques centrales se comportent exactement comme n’importe quel investisseur qui se demande « est-ce que j’ai intérêt à investir mes liquidités en or ou en bons du Trésor de tel ou tel pays souverain », etc. sachant que c’est de la gestion de trésorerie. En effet, la banque centrale doit normalement avoir des réserves assez liquides et donc il s’agit d’une question d’arbitrage, une question de gestion optimale de trésorerie. L’or peut en faire partie et l’attitude des banques centrales devrait être d’essayer d’acheter quand il est bas et de vendre quand il est haut. Cela dit, elles ont de tels stocks qu’elles se sont autodisciplinées. En effet, si elles se mettaient à jouer comme un pur investisseur sur le marché, elles déstabiliseraient complètement le marché de l’or. C’est pour ça qu’elles se sont tissé un certain nombre de règles pour ne pas amplifier la volatilité du marché, mais fondamentalement leur raisonnement est identique à celui d’un investisseur.

L’Euro est-il menacé par la crise ?

Lundi, mars 16th, 2009
L'euro survivra-t'il à la crise ?

L Euro survivra-t'il à la crise ?

Alan Greenspan, qui était le président de la Banque Centrale américaine de 1987 à 2006, a longtemps été un partisan de l’or, « l’or et la liberté économique sont indissociables », écrivait-il en 66. «À part l’étalon or, il n’existe aucun moyen de préserver l’épargne de l’inflation, l’or protège la propriété» disait-il.
Qu’a fait ce même Alan Greenspan pour l’or lorsqu’il était président de la FED ? Rien, si ce n’est le vendre.
Les Américains ont installé leur réserve d’or au centre d’un camp militaire impressionnant qui est le camp d’entraînement de l’arme blindée. Il est évident que leur or ne pouvait pas être mieux défendu que par ces tanks. Mais voilà, depuis plusieurs décennies déjà, les réserves des banques centrales sont constituées de devises et non plus d’or. Le dollar américain est la principale monnaie de réserve. A partir des accords de Bretton Woods et jusqu’en 1971 le dollar était réputé as good as gold, c’est-à-dire aussi bon que l’or. En effet, en 1944, les leaders mondiaux du système financier rattachent l’or au dollar à un cours fixe, une once d’or pour 35 dollars mais vers la fin des années 60, le président Johnson desserra les liens entre l’or et les dollars avant qu’en août 1971 Richard Nixon ne décrète leur inconvertibilité définitive. Plusieurs voix s’élèvent alors contre cette décision, mais certains voyaient déjà se dessiner une autre solution à la crise du système monétaire générée par la perte de l’étalon d’or.
Valéry Giscard d’Estaing : « Le système monétaire international s’est effondré il y a huit ans, en 1971, et nous sommes entrés dans la période des taux de change flottants et on a bien vu que ce système des taux de change flottants n’était pas favorable à l’économie mondiale. Nous ne pouvions pas, nous, rebâtir le système pour tout le monde, mais nous pouvions au moins le rebâtir pour nous et donc le fait que l’Europe rétablisse un système de stabilité du taux de change est un élément qui permettra – je l’espère – de reconstruire progressivement tout le système. »
C’était Giscard d’Estaing il y a exactement trente ans, l’année même de la création du système monétaire européen, un système qui nous a conduits vers l’euro. Aujourd’hui, l’euro est la deuxième monnaie au monde, s’agissant des transactions et depuis décembre 2006, il compte le plus grand nombre de billets en circulation. Que les espoirs étaient grands ! On se demandait même à l’époque si la monnaie européenne n’allait pas détrôner le roi dollar. Souvenez-vous, il y a seulement six mois le dollar était au plus bas par rapport à l’euro, mais la crise financière est venue à nouveau tout bouleverser, c’est à n’y plus rien comprendre. Pourquoi le dollar tient-il toujours et gagne même 22% sur l’euro depuis l’été dernier ? Et pourquoi des gens comme lemonde.fr titraient-ils « Paris s’inquiète de la fragilité de la zone euro » tout en expliquant que le débat sur la pérennité de l’euro a été lancé par la dégradation de notes de solvabilité de plusieurs Etats européens, notamment par celle de la Grèce.
Margarites Chinas (membre de la commission du budget au Parlement européen) : « Je pense que la zone euro n’est pas menacée, je pense qu’il y a un centre eurosceptique qui veut menacer la zone euro, qui veut la troubler, ce sont des dealers de marchés financiers qui fonctionnement avec les notes de l’Etats au-delà de l’euro ou sterling, etc. Et tous ces messieurs et dames ont l’intérêt d’attaquer la zone euro puisque nous sommes dans un moment difficile de crise, les marchés financiers cherchent toujours à s’attaquer à l’euro mais je pense que c’est une attaque à Francfort et à Bruxelles pas à Athènes ou à Rome. La crise frappe la Grèce comme beaucoup d’autres pays mais toute question de se placer en dehors de la zone euro pour revenir à l’époque d’une flexibilité monétaire qui conduit à une inflation exorbitante, c’est hors de question pour la Grèce. Même si l’Allemagne pense que la différence de spreads lui permet de vendre plus facilement ses bons d’Etat à court terme, je pense que même pour l’Allemagne, à moyen terme, toute menace sur la zone euro va contre les intérêts allemands, d’où la nécessité de faire ce que monsieur Young et beaucoup d’autres proposent, d’émettre des obligations collectives qui vont permettre à la zone euro de déployer ses défenses collectives. »
Récapitulons. Les Grecs sont moins solvables que les Allemands qui refusent les euro-obligations collectives. Décidément, si la monnaie unique veut survivre, la fédéralisation de l’Europe est inévitable.
Donc si on résume: l’abandon de l’étalon or a poussé l’Europe à bâtir un nouveau système monétaire. Depuis son lancement en 1999, l’euro n’a pas arrêté de gagner du terrain sur le dollar dans les réserves de change international. En 1999, l’euro représentait moins de 20% des réserves contre plus de 70% pour le dollar, à la fin du deuxième trimestre 2008 c’était 26.7% pour l’euro et 63.6% pour le dollar, c’est les statistiques du FMI. Est-ce que la crise va remettre en cause le statut de l’euro comme monnaie de réserve ?
A priori, non parce que là encore on a affaire à des comportements de gestion de portefeuille. Qui a besoin de placer des réserves en devises ? Ce sont les pays excédentaires en balance de paiement, les opérations courantes, donc ce sont les pays pétroliers, c’est la Chine, l’Allemagne, etc. Ces gens-là ont placé leurs économies et ont le choix entre des instruments libellés en dollar et des instruments libellés en euro et éventuellement en d’autres monnaies. Ils composent un portefeuille qui leur paraît optimal en fonction de leurs anticipations, l’euro a monté parce que les anticipations de rendement sur les titres en euro étaient supérieures aux anticipations de rendement sur les titres en dollar donc les gens vendaient des titres en dollar, vendaient les dollars, achetaient de l’euro, achetaient des titres en euro et ils font le mouvement inverse là où le dollar monte. C’est entièrement ce genre d’arbitrage qui fait aujourd’hui le cours des monnaies.
Donc la question est : quel est l’avenir de l’Europe dans la crise par rapport aux Etats-Unis ? L’Europe n’est pas globalement beaucoup plus mal placée que les Etats-Unis pour faire face à cette crise, donc il y aura des fluctuations, mais il n’y aura pas de marginalisation de l’euro. (Transcription de l’émission Station-Météo de France Culture)

La crise touche gravement les pays de l’Est de l’Europe

Vendredi, février 20th, 2009

La nouvelle Europe fait face à sa crise la plus profonde depuis la fin de l‘ère soviétique. Les marchés financiers et les devises des pays de la région se sont effondrés depuis six mois. Ces problèmes ne sont que partiellement provoqués par la crise financières mondiale de 2008.

Il n’y a d’abord eu que des signaux, épars. Qui, en septembre dernier, prêtait attention à la dépréciation du forint? La panique est venue en octobre, avec le déblocage d’une aide d’urgence de 30 milliards de dollars par le FMI, la Banque mondiale et l’Union européenne, afin d’éviter à la Hongrie de faire défaut sur sa dette.

Le péril qui menace l’Europe de l’Est ne se résume pas à une déclinaison régionale de la crise mondiale. Il tient à la fragilisation, depuis des années, de l’équilibre financier de nombreux pays de la région en surchauffe, en raison des emprunts massifs en devises contractés par leurs ménages. L’appréciation de leurs monnaies – mais aussi l’espoir de les voir «converger» vers l’Union européenne – a conduit les groupes financiers à y prêter massivement des capitaux. LIRE LA SUITE SUR LE TEMPS.CH

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a mis en garde mercredi contre les risques de contagion.

« Si les problèmes en Europe de l’Est s’étendent au reste de l’Europe car des banques retirent leurs capitaux des pays de l’Est pour les rapatrier, cela aura des répercussions sur le commerce, l’emploi et la prospérité dans le reste du monde », en limitant la capacité de pays affectés à continuer à commercer normalement, a-t-il déclaré.

Sémiotique de la crise

Mercredi, février 18th, 2009

Article diffusé avec l’autorisation de son auteur : Jean-Maxence Granier – Think-Out

S’il existe bien un consensus sur la crise actuelle et sa gravité, sur l’ensemble des continents et quelles que soient les idéologies, puisque les inquiétudes des libéraux de Davos font écho à celles des altermondialistes de Belém, il est intéressant d’opérer des distinctions au sein même des interprétations du phénomène et de proposer une approche sémiotique de celles-ci à travers les polarités variées qui organisent le champ des différentes lectures à laquelle cette crise donne lieu.

1. La notion de crise

Le concept de « crise », au sens médical, psychologique, économique, politique, culturel, du terme, correspond à l’idée d’une rupture à partir d’un état antérieur réputé stable, cette rupture étant souvent connotée négativement et constituant une tension, un risque. La crise vient interrompre, plus ou moins brutalement, un état perçu comme normal, neutre ou orienté positivement.

La notion de crise s’applique à des univers divers, individuels (physique, psychique) ou collectifs (économique, politique, culturel) mais ce qui nous intéresse ici, c’est de qualifier les différentes polarités qui caractérisent la sortie de crise, c’est-à-dire l’état dans lequel le système, au sens très large, se retrouve après la période de crise elle-même. Nous définissons donc la crise non par sa nature, sa durée ou son intensité, mais par l’état sur lequel elle débouche. Nous en distinguons 4 (voir tableau 1) :

État A. La crise ramène le système à son état antérieur. Quelle qu’ait été son intensité, elle se clôt par un retour à la normale, par une forme d’homéostasie. Dans cette logique, il faut faire cesser la crise au plus vite puisqu’elle constitue un accident qui finira par déboucher sur un retour à la normale.

État B. La crise se clôt vers un retour au système initial, mais celui-ci ne reste pas inchangé, car pour faire face à elle, il a dû s’adapter, se modifier en regard d’un nouveau contexte. Cette adaptation procède largement d’une autorégulation, d’une possibilité pour le système en question d’intégrer de nouvelles données issues de la situation nouvellement créée, pour justement y faire face. L’adaptation peut être plus ou moins profonde, ponctuelle ou durable, mais elle demeure réversible et fait du système l’acteur de sa transformation.

État C. La crise contraint le système initial à se transformer radicalement au risque sinon de disparaître. Cette réorganisation excède la logique d’adaptation, car elle n’émane plus seulement de l’intérieur du système, de ses capacités intrinsèques d’accommodation, mais d’une nouvelle configuration qui produit une mutation en profondeur, qui n’est plus réversible et en quelque sorte subie par le système en question.

État D. Le système existant initialement ne survit pas à la crise qui accouche d’un modèle radicalement nouveau ou du chaos. La rupture est paradigmatique et s’inscrit dans une solution de continuité radicale par rapport à l’état initial.

Les états A et D se caractérisent par un régime d’immutabilité/rigidité au sens où le système soit se perpétue à l’identique, soit disparait.

Les états B et C se caractérisent par leur mutabilité/souplesse car le système soit s’accommode soit mute en profondeur suite à la crise.

Les états A et B relèvent d’une logique de continuité dans la mesure où, soit le désordre introduit par la crise correspond à une parenthèse plus moins longue, mais circonscrite dans le temps, soit il donne lieu à une stratégie d’adaptation qui permet au système de persévérer dans son être.

Les états C et D relèvent d’une logique de discontinuité dans la mesure où la crise débouche soit sur une transformation radicale qui change la nature même du système initialement entré en crise, soit sur la rupture de fait que constitue la disparation du système initial.

Pour les sémioticiens (les autres lecteurs peuvent faire l’économie de ce paragraphe plus technique), on notera que l’on peut aussi représenter ces polarités sous la figure d’un carré sémiotique qui permet de déployer le couple initial « perpétuation du système » et « disparition du système » (voir tableau 2) en l’articulant à deux sub-contraires qui seraient « non-disparition du système » et « non-perpétuation du système ». La continuité correspond à la deixis positive (A+B) et la discontinuité à la deixis négative (C+D). Le méta-terme correspondant à A et D et celui de l’immutabilité qui se solde soit par la continuité soit par la disparition, le méta-terme correspondant à B et C est celui de la mutabilité sous forme d’adaptation ou de refondation.

Ce modèle décrivant les différents états de sortie de crise possibles, permet de mieux comprendre les postures prises aujourd’hui face à la crise économique que nous connaissons.

2. La crise économique de 2008

Notre but n’est pas ici de décrire ou d’expliquer une nouvelle fois la crise actuelle mais de voir comment elle est interprétée dans le champ socio-économique et politique. Si, en effet, il y a bien consensus sur sa gravité, on constate qu’il existe différentes manières bien différentes de lui donner sens et ce sont ces manières que l’on voudrait disposer selon les polarités définies plus haut de manière générique. On voudrait pour chaque pôle possible voir quelles sont les causes principalement mises en avant pour expliquer cette crise et quelles sont les solutions majeures proposées.

2.1. Les logiques de continuité

2.1.1. La posture A

La posture A est celle d’un retour à l’état antérieur. Elle est aujourd’hui intellectuellement assez difficile à tenir même si elle est sans doute dans le cœur de beaucoup qui voudraient se réveiller du cauchemar. Si on trouve peu d’optimistes invétérés pour remettre en cause le caractère systématique et mondial de la crise, les questions sur la date de sortie de celle-ci, portent bien en elles le désir que les choses reviennent à ce qu’elles furent et si possible au plus tôt. Le « quand » est ici le symptôme d’un évitement partiel du « pourquoi ». On sait d’ailleurs bien que pouvoir répondre à cette question serait déjà une manière de solution, puisque la crise est étroitement liée au champ d’incertitude qu’elle déploie devant nous. Les tenants de cette posture auront naturellement tendance à revenir aux causes les plus immédiates de la crise, à ses symptômes au fond, laissant de côté les plus structurelles et partant d’aller aux remèdes les plus immédiats aussi. Les solutions envisagées se centrent au premier chef sur l’éradication des actifs « toxiques » disséminés dans les comptes de la haute finance et des petits porteurs et sur la réinjection massive d’argent par l’État dans le système bancaire, sans trop de conditions, pour réinstaurer la confiance et la liquidité et relancer le crédit. Au fond, on en reste à l’idée qu’une fois le système bancaire sauvé, l’essentiel est fait. Pour ce faire, on baisse les taux (USA) pour augmenter les marges bancaires, l’État concourt à des augmentations de capital et à des reprises de provisions afin de permettre aux banques d’accroître leurs fonds propres et de relancer la machine en prêtant aux entreprises et aux ménages. Il s’agit au premier chef de lutter contre le « Credit Crunch » et le sinistre bancaire pour faire face au ralentissement économique qu’il enclenche. Cette approche peut opérer des distinctions au sein du capitalisme financier entre les bonnes pratiques et les dérives de quelques égarés (Kerviel) ou de quelques aigrefins (Madoff) mais globalement elle ne remet pas en cause le dispositif, demandant simplement à l’État d’intervenir pour débloquer le système, jusqu’à quelquefois se substituer aux banques en prêtant directement aux entreprises (cf. la France et le prêt au secteur automobile).

2.1.2. La posture B

Cette posture propose une lecture à la fois plus critique et plus ambitieuse de la crise en reconnaissant qu’il y a bien quelque chose de pourri au royaume de la finance. C’est d’abord la crise financière, spéculative qui sera pointée du doigt avec en particulier : les dérives des organismes de crédit immobilier hypothécaire qui ont volontairement prêté à des gens insolvables pour garantir des taux d’intérêt maximaux, l’inconscience des traders surpayés et court-termistes, l’impéritie des agences de notation aux relations ambiguës avec ceux-là mêmes qu’elles doivent contrôler, des règles comptables (évaluation des actifs financiers au prix du marché) et prudentielles comme des critères de solvabilité qui ont évolué de manière trop lâche en ouvrant la porte à tous les risques ou encore la distinction qui s’est effacée entre banque de dépôt et banques d’investissement (remise en cause du Glass-Steagall Act de 1933). Quant aux solutions, le discours dominant est celui de la régulation de l’intérieur, de l’autorégulation en demandant aux acteurs eux-mêmes de revenir à la raison, de bien vouloir prêter à des taux qui ne soient pas usuraires ou d’éviter de distribuer trop ouvertement des millions de dollars de bonus à des dirigeants qui ont mené leurs entreprises au bord de la faillite. Cette posture s’appuiera volontiers sur la distinction entre un capitalisme industriel et un capitalisme financier, coupable de quelques excès, entre au fond un bon et un mauvais capitalisme qui se serait laissé emporter par les effets de levier, la titrisation, les produits dérivés, les gros bonus, le court terme et les ROI à 15 %, quant on ne distingue pas entre une bonne spéculation, utile aux opérations de couverture, et une mauvaise spéculation, ramenée à une logique de pari sur les monnaies ou les matières premières et de surenchère sur l’avenir ! Cette posture a été occupée de l’intérieur du système et bien avant le démarrage effectif de la crise par un certain nombre de Cassandres, ce qui ne laisse pas d’inquiéter sur son caractère peu audible en tout cas d’un point de vue collectif (cf. Patrick Artus, Le Capitalisme est en train de s’autodétruire, avec M.-P. Virard, La Découverte, 2005). C’est encore la posture d’un économiste comme Michel Aglietta (La crise : pourquoi en est-on arrivé là ? Comment en sortir ? Michalon, 2008) : « Les responsables politiques doivent prendre conscience qu’il s’agit d’une crise globale de la finance et qu’il faut des changements dans la réglementation. Un retour de l’autorité de l’État sur les marchés est nécessaire pour réduire les risques. Il faut inventer une nouvelle organisation de la finance qui soit au service de l’économie et non pas au service d’elle-même, comme ces dernières années où les profits et les bonus ont explosé à des niveaux indécents. », L’Express, 15/09/2008 ou d’un Jacques Attali qui prône le passage à une gouvernance mondiale comme opérateur de cette nécessaire régulation (cf. La crise, et après ? Fayard, 2008).

2.2. Les logiques de discontinuité

2.2.1. La posture C

La posture C, qui appelle à une mutation profonde, s’inscrit à la fois dans l’économique et le politique en proposant justement une réarticulation de ces deux champs face à la crise. Elle se caractérise par une approche beaucoup plus globale de celle-ci, par exemple par une mise en perspective plus nette des enjeux écologiques, la dérive financière comme le risque écologique apparaissant comme les deux faces de la même monnaie ultra libérale. Elle porte sa critique sur une évolution plus ancienne et plus profonde, liée à la période des trente dernières années, et sur une remise en cause très vive de l’ultralibéralisme américain porté par les épigones de Milton Friedman. Pour cette posture, la crise que nous vivons est d’abord l’occasion de repenser à la fois les rapports économiques internationaux (rapports Nord/Sud, crises alimentaires, délocalisations sauvages), le rapport de la société industrielle à la nature et aux générations futures, la question de l’équilibre entre le capital (actionnaires, dirigeants qui sont d’abord des actionnaires) et le travail (appauvrissement des classes moyennes, augmentation des écarts entre les plus riches et les plus pauvres) et enfin le rapport entre pouvoir politique et pouvoir économique. La crise financière actuelle n’est plus perçue comme un fatum qui pèserait soudain sur le destin des hommes et des sociétés, mais bien comme le produit d’une certaine conception de l’économie et du politique. Elle pose ainsi la question du fonctionnement réellement démocratique de démocraties, de leur capacité à réguler un capitalisme mondialisé, qui subsume assez largement la puissance publique telle qu’elle s’exerce au niveau des nations. Elle interroge l’écart assez radical entre la logique démocratique visant idéalement au bien commun et les stratégies d’entreprises qui ne gèrent ni le long terme ni les externalités négatives et socialisent les pertes après avoir privatisé les bénéfices. Ce discours est soutenu par un Joseph Stiglizt (Un autre monde : contre le fanatisme du marché, Fayard, 2002) qui stigmatise les inégalités, face à la richesse comme face à l’information qui permet de l’acquérir ou les instances mondiales de régulation comme le FMI, qui, sous l’apparence du bien commun universel, défendent d’abord, dans les rapports Nord/Sud, les intérêts des économies jusqu’alors dominantes. C’est aussi la posture de Paul Krugman (L’Amérique que nous voulons, Flammarion, 2007), autre prix Nobel et critique virulent du double mandat de G. W. Bush : « C’est une crise de l’érosion. C’est une crise des certitudes dans le système. C’est une crise du crédit bancaire, de l’énergie à bas prix, de l’accès à la nourriture, du commerce mondial. Et, surtout, de la régulation ou de son absence. Et, contrairement à ce que l’on entend, il n’y a aucune gouvernance économique et financière dans le monde depuis vingt ans, c’est une fumisterie. Et cela peut avoir des conséquences dramatiques. (…) » Libération, 13/10/08 ou celle d’un Paul Jorion qui dans son ouvrage La crise : des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008), déroule une critique très vive de l’économie de marché comme des économistes qui la soutiennent théoriquement, en insistant sur la dimension mortifère de l’augmentation des écarts entre capital et travail, comme sur les risques associés à la spéculation : « Je suis surpris de voir que mes livres se vendent bien mais qu’il n’y a pas un seul homme politique qui me consulte ! C’est comme les économistes, ils sont à l’intérieur d’un système. Ce système n’a pas encore compris qu’il est en train d’affronter cette crise de civilisation à laquelle je faisais allusion. Alors, quelles sont les solutions ? Je propose notamment qu’on écrive une constitution pour l’économie, éliminant un certain nombre de principes entièrement destructeurs. Les paris sur l’évolution des prix – des matières premières, par exemple – sont aujourd’hui au cœur du processus économique ; on a ouvert grand les portes du marché des matières premières aux spéculateurs. Ils en sont devenus les acteurs dominants. C’est de la folie. D’autre part, il faudrait repenser complètement le problème des prêts à la consommation. C’est une bonne chose que les banques prêtent de l’argent entre investisseurs et dirigeants d’entreprises, parce que ça produit de la richesse dans le monde ; on fait travailler les gens et on produit des biens et des services. Mais prêter de l’argent à des consommateurs pour qu’ils achètent des biens, alors que leurs salaires ne leur permettent pas, c’est une aberration » Telerama 31/10/08.

2.2.2. La posture D

Cette ultime posture voit dans la crise se dessiner la fin même du capitalisme et l’appelle souvent de ses vœux. La crise se teinte d’une dimension presque positive, malgré les difficultés sociales qu’elle engendre, comme promesse d’un changement de paradigme radicale. La dimension cyclique des analyses A et B qui intégraient au fond la crise au rythme intrinsèque du capitalisme (euphorie/inquiétude, relance/rigueur, inflation/déflation, etc.) est remise en cause au profit d’un véritable épuisement du capitalisme et de l’économie de marché qui verraient là approcher leur fin. Cette posture insiste sur l’instabilité maximale du système, lit l’enchaînement des différentes crises récentes et plus anciennes non sous le signe de la régénération, mais sous celui de l’épuisement. L’économie de marché est fortement remise en cause dans ses fondements, confrontée qu’elle serait à une politique d’accumulation sans fin. Les solutions évoquées sont bien sûr d’abord politiques (critique des limites de la démocratie face au marché) mais aussi économiques (décroissance). Elles appellent à l’élaboration d’un système radicalement nouveau.

Sous des formes quelquefois très différentes, les philosophes Jean-Claude Michéa (L’empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale, 2007, Climats), qui démontre comment libéralisme économique et libéralisme politique sont littéralement coproduits l’un par l’autre et en appelle à une sorte d’égalitarisme populaire d’inspiration orvellienne, et Alain Badiou, qui critique la démocratie comme inopérante et appelle au retour d’une forme de communisme authentique : On a souvent parlé ces dernières semaines de « l’économie réelle » (la production des biens). On lui a opposé l’économie irréelle (la spéculation) d’où venait tout le mal, vu que ses agents étaient devenus « irresponsables », « irrationnels », et « prédateurs ». Cette distinction est évidemment absurde. Le capitalisme financier est depuis cinq siècles une pièce majeure du capitalisme en général. Quant aux propriétaires et animateurs de ce système, ils ne sont, par définition, « responsables » que des profits, leur « rationalité » est mesurable aux gains, et prédateurs, non seulement ils le sont, mais ont le devoir de l’être. Il n’y a donc rien de plus « réel » dans la soute de la production capitaliste que dans son étage marchand ou son compartiment spéculatif. Le retour au réel ne saurait être le mouvement qui conduit de la mauvaise spéculation « irrationnelle » à la saine production. Il est celui du retour à la vie, immédiate et réfléchie, de tous ceux qui habitent ce monde. C’est de là qu’on peut observer sans faiblir le capitalisme, y compris le film catastrophe qu’il nous impose ces temps-ci. Le réel n’est pas ce film, mais la salle. (Le Monde, 17/10/08) ou encore le sociologue américain altermondialiste Immanuel Wallerstein, qui pose une analyse du capitalisme comme lieu de la marchandisation de toute chose et comme dissymétrie fondamentale entre un centre où s’accumule le capital et des périphéries toujours spoliées : « Mais je pense que les possibilités d’accumulation réelle du système ont atteint leurs limites. Le capitalisme, depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle, se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries. A cet égard, le rattrapage économique de l’Asie de l’Est, de l’Inde, de l’Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour « l’économie-monde » créée par l’Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l’accumulation. Les trois courbes mondiales des prix de la main-d’œuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néolibérale qui est en train de s’achever n’a inversé que provisoirement la tendance : à la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu’en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu’en 1945. En fait, la dernière période d’accumulation réelle – les « trente glorieuses » – n’a été possible que parce que les États keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte ! » (Le Monde, 11/10/08), sont les porteurs de cette approche.

Cette posture, plus radicalement politique, interroge le système de l’extérieur, et considère la crise non comme un accident, mais comme le révélateur de ses limites intrinsèques.

Conclusion

La posture A et la posture B s’appuient l’une comme l’autre sur une approche cyclique de la crise, la première la ramenant à une crise de confiance à résoudre en réduisant le stress bancaire, la seconde en réformant les excès d’un capitalisme financier emporté dans son élan. Ce qui rapproche ces deux attitudes, c’est au fond de considérer la crise comme une cause, la posture A ayant tendance à naturaliser au maximum cette cause, jusqu’à en faire l’équivalent d’une catastrophe naturelle contre laquelle tout le monde doit s’unir et lutter, tandis que la posture B construit la crise comme un excès que le retour à la raison pourrait contenir. Ces deux postures maintiennent le paradigme initial pratiquement tel quel ou au prix d’une réforme interne plus conséquente. Elles répugnent à établir des liens entre la crise dite des « subprimes » et ses effets sur l’économie, et des questions plus larges, sociales, écologiques, alimentaires, ou géostratégiques. Enfin, ces postures sont très largement marquées par une lecture progressiste du capitalisme, faisant de chacune de ses crises le signe même de sa capacité à perdurer ou à s’adapter

Les postures C et D, sous la figure de la refondation pour la C, sous la figure de l’épuisement pour la D, se situent au contraire dans une logique de discontinuité beaucoup plus marquée. Ces deux postures se caractérisent par le fait qu’elles considèrent la crise comme un effet, voire un symptôme, d’un dysfonctionnement à la fois plus ancien et plus fondamental, celui même de l’économie de marché, ou en tout cas de sa dérive libérale, stigmatisée sous les traits de la « pensée unique ». Elles opèrent un renversement causal en faisant de la crise le résultat et non la cause d’une dérive entamée depuis longtemps.

On voit ainsi apparaître certaines dominantes dans l’interprétation de la crise (cf. tableau 3), la logique de la discontinuité impliquant de manière forte la question politique, une vision plus globale de la crise, non pas cyclique mais vectorielle (accumulation de crises jusqu’à une crise finale) et se situant plutôt à gauche ou à l’ultragauche, la logique de la continuité, plutôt à droite, s’inscrivant elle dans le seul champ de l’économique, dans une approche plus étroitement circonscrite dans le temps d’une crise qui commencerait en 2008 et qui s’inscrirait dans une cyclicité quasi naturelle au capitalisme.

Cette réflexion sémiotique sur l’organisation du champ des discours sur la crise, caricature évidemment en quatre grandes postures le continuum qui, en réalité, préside à la variété des regards possibles. Mais ce schématisme permet de voir comment s’infléchissent dans un sens ou un autre des lectures différenciées d’une crise qui, derrière l’unanimisme de façade, suscite des interprétations bien distinctes. L’intérêt du carré sémiotique est de permettre, comme nous l’avons fait, de positionner différents types de discours en regard les uns des autres, mais de saisir aussi comment certains acteurs infléchissent leurs discours au fur et à mesure du déroulement de la crise et des effets qu’elle produit, les principales opérations de passages se faisant clairement au niveau du registre de la mutabilité, sur l’axe continuité / discontinuité, entre les pôles B et C.

Article de Jean-Maxence Granier – Think-Out

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De la hausse massive de l’endettement des Etats à un risque de «quasi-faillite»?

Jeudi, février 12th, 2009

Cette hausse des déficits publics n’est pas sans conséquence. Lorsqu’un ménage emprunte à une banque, il rembourse les intérêts et le capital. Le raisonnement est de moins en moins valable pour les Etats qui émettent régulièrement sur les marchés financiers des obligations gouvernementales afin de rembourser celles qui arrivent à échéance. Dans ce cas, on considère que les pays ayant une épargne publique et privée importante – comme la Chine, ou les pays exportateurs de matière première – continueront éternellement à financer les pays endettés. Ce postulat est dangereux et ne semble pas se vérifier. L’Islande est l’exemple d’un pays «riche» n’ayant pas su, sans l’aide du FMI, faire face à ses échéances. Un tel scénario n’est pas à exclure dans certains pays de la zone euro. Une éventualité face à laquelle l’Union Européenne est pour l’instant désarmée.

A court terme, les conséquences d’une hausse de la dette publique conduisent les prêteurs sur les marchés financiers à considérer que l’Etat a une plus grande probabilité de pouvoir faire faillite. La dégradation de la notation de l’Italie, il y a quelques mois, était déjà un signe sans précédent. Le coût de l’argent a ainsi tendance à monter, les prêteurs considérant qu’une rémunération plus importante est nécessaire en contre partie de l’augmentation de la probabilité de défaut. LIRE L’ARTICLE DANS SON INTEGRALITE SUR ECOFI

L’Euro survivra-t-il à la Crise ?

Mercredi, janvier 21st, 2009

Le Monde rapporte que « Joaquin Almunia, le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires, a rejeté, lundi 19 janvier, toute perspective d’éclatement de la zone euro. »

« Récession inédite, déficits records, endettement massif, le souffle de la crise économique met cependant à rude épreuve la cohésion de l’union monétaire. En 2009, son produit intérieur brut devrait reculer de 1,9 %, d’après les prévisions en forte baisse dévoilées lundi par la Commission. Dans les seize pays de la zone, le chômage devrait passer de 7,5 % de la population active, fin 2008, à 10,2 % en 2010. A l’instar de l’Espagne et de la Grèce, les Etats membres les plus fragiles voient leur note financière révisée à la baisse par les agences de notation. Une série de pays en difficulté, dont la Grèce, l’Espagne mais aussi le Portugal, l’Irlande et l’Italie sont sanctionnés par les investisseurs internationaux : l’écart entre les taux consentis sur les emprunts d’Etat se creuse comme jamais depuis la création de la monnaie unique voici dix ans. Aujourd’hui, la crise oblige les Etats plus exposés à payer une prime de risque de plus en plus importante, qui alourdit d’autant leur refinancement. »

« La situation donne des sueurs froides aux dirigeants européens. Les ministres des finances de la zone euro n’ont pu ignorer le sujet lors de leur rencontre mensuelle, lundi soir, à Bruxelles. La pression persistante mise par les marchés de capitaux sur tel ou tel pays frappé par la récession pourrait accélérer son éventuelle défaillance. Cet automne, les Vingt-Sept avaient dû se porter au secours de la Hongrie, un pays non membre de la zone euro, avec l’aide du FMI et de la Banque mondiale. Or, il n’existe pas de dispositif de ce genre pour soutenir un pays membre de l’union monétaire. En principe, les traités européens excluent même une telle initiative. »

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "