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Peut-on sortir d’une crise systémique ?

Vendredi, janvier 27th, 2012
Vera Valor
Crise systémique

Crise systémique

Avec la fin des accords de Bretton Woods (les monnaies ne sont plus indexées sur l’or), les états qui empruntent aux banques commerciales à des taux d’intérêt effarants,  des agences de notation à la fois pompiers et pyromanes, des taux US anormalement longs et bas, la libéralisation excessive des marchés, des produits financiers toxiques, l’importance « capitale » des banques dans l’économie actuelle, est-il encore possible de sortir d’un endettement collectif qui est devenu un système ?

1.    Qui tire les ficelles de la crise ?
La crise telle que nous la subissons aujourd’hui, part d’une crise immobilière aux Etats-Unis en 2007 qui s’est ensuite transformée en crise bancaire pour se généraliser à une crise économique mondiale. C’est la recapitalisation des banques – qui ont créé des produits complexes et sophistiqués afin de rester compétitives et qui ont prêté plus que de raison – qui a transformé une crise immobilière à la base en crise de la dette souveraine. Et pour maintenir ce système libéral à flot, les banques centrales sont actuellement en train de devenir les « éboueurs financiers » du monde.

Le FMI qui était à la base créé pour veiller à la stabilité monétaire des états présentant des problèmes de balance de paiement est devenu un organisme de soutien aux pays endetté. Tout cela depuis que les Etats-Unis ont refusé la convertibilité de ses prêts (du dollar) en or. Affaibli par la guerre du Viet-Nam, les réserves en or des Etats-Unis sont épuisées. Le dollar s’impose alors comme l’unique monnaie de change internationale.

En mettant fin à l’étalon or décidé par Nixon en 1971, les Accords de Bretton Woods signent en 1976 la désorganisation du système monétaire international. Actuellement, le dollar est encore la monnaie de référence mais commence à faire le deuil de son hégémonie, l’euro peine à rivaliser avec lui dans sa chute, le yen se remet à peine de ses secousses nucléaires, personne ne veut jouer avec le yuan qui s’ennuie tout seul… La guerre des monnaies n’aurait jamais eu lieu si elles avaient continué de reposer en partie sur l’or.

2.    La crise systémique en Europe
Mais les faits sont là et la zone euro s’en mord les doigts. Beaucoup de raisons à la faillite grecque sont imputables à la politique monétaire brutale menée par l’euro. Le problème étant que les pays de la zone euro n’ont pas la même politique économique et sont en cordée. S’ils ne parviennent pas à ralentir leur chute, c’est la dégringolade. Avec la dégradation récente de la France qui perd un prestigieux A, nous n’en sommes pas loin.

Tant que le problème économique de la zone euro ne sera pas traité dans sa globalité mais chirurgicalement, celle-ci ne redressera jamais la barre.  Des pays comme l’Angleterre qui n’ont pas opté pour l’euro s’en réjouissent. Ces pays sont pourtant eux aussi endettés jusqu’à la lie.

L’Islande qui a connu de graves difficultés économiques en 2008 était proche de la récession. Pourtant elle a redressé le tir et retrouvé ses lettres de noblesse en affichant une croissance de 3%. En faisant quoi ?
- En étant plus raisonnable, simplement, c’est-à-dire à la fois en basant à nouveau son économie sur de l’économie réelle : l’Islande a cessé pour un temps de coter en bourse la pêche, ressource réelle du pays.
- Et en restructurant les banques … et en lâchant celles qui avaient emprunté au-dessus de leurs moyens (d’où la bulle). Contrairement à ce qui se passe actuellement dans la zone euro, l’Islande a refusé de renflouer celles-ci et a décidé de faire supporter une grande partie des pertes aux actionnaires, pour la plupart étrangers tout en protégeant au maximum ses épargnants.

Certes l’Islande sort de 3 longues années de rigueur, beaucoup d’Islandais ont perdu leur épargne (ce qui n’est pas arrivé à ceux qui avait placé une partie de leurs économies dans l’or), leur taux d’endettement et celui des entreprises est encore élevé, mais c’est un début de piste pour les états qui souhaitent réaliser des économies.
Encore faut-il que ceux-ci acceptent cette politique commune au sein de l’Union Européenne. Le couple Sarkozy/Merkel avait déjà marqué des désaccords à ce sujet tout l’automne dernier.
L’exemple de l’Islande pointe le doigt sur un problème d’ordre systémique : le rôle des banques.

3.    Les perspectives en 2012
En 2011, beaucoup de têtes sont tombées, en 2012 ce sera peut-être la mise en place d’un nouveau système (car il en faut bien un pour tenir le monde) qui débutera en 2013. Peut-être que les derniers « intouchables » américains, anglais, russes et chinois vont eux aussi faire l’expérience amère de la crise. Ce qui est sûr c’est que le G20 2012 n’aura pas la même insipidité que celui de 2011.

Le Bulletin d’anticipation globale met en avant 3 types de priorités en 2012 et des fenêtres d’opportunité que le G20 ne devra pas laisser passer :
- mise sous tutelle publique ou partielle des établissements financiers à l’échelle mondiale
- mettre en place des infrastructures à l’échelle mondiale, qu’elles soient d’ordre financier, sanitaire, énergétique, télécom… et qu’elles soient au-dessus des parties.
- réformer le système monétaire mondial en le basant sur l’économie réelle et en transformant les DST en nouvelle monnaie de réserve mondiale, basée sur panier des principales devises et de l’or.

4.    L’avis de l’expert : Yannick Colleu*

LORetLARGENT.info : A votre avis, qu’est-ce qui pourrait transformer en profondeur le système actuel ? Quels pourraient être les facteurs de sortie de crise ?
Yannick Colleu - Permettez-moi une analogie pour illustrer où nous en sommes dans cette crise. Lorsqu’un sous-marin a une voie d’eau à grande profondeur les premières minutes et les premières réactions de l’équipage sont déterminantes pour la survie du bateau. Il faut impérativement isoler les compartiments pour éviter que le bateau se charge trop, allant jusqu’à éventuellement sacrifier quelques malheureux membres d’équipage qui s’y trouveraient. La réaction immédiate de l’officier de central est de faire remonter coûte que coûte son bateau vers la surface tant que le poids de l’eau qui s’engouffre le lui permet encore. Passé un délai très court ce poids fera qu’il sera impossible de s’extraire des profondeurs et ceci quelles que soient les manœuvres qui seront tentées. Le bateau est dès lors condamné. Il n’y a plus rien à faire sauf à attendre la fin.

Depuis 2007 les responsables politiques et financiers n’ont pas pris les mesures de bon sens qui s’imposaient. Au lieu de laisser ceux qui avaient joué perdre leur mise, on s’est acharné à les renflouer au prétexte que des faillites bancaires nous auraient conduits à la catastrophe. Au lieu de sacrifier les «  joueurs  » directement concernés, les gouvernements de la planète ont préféré faire supporter le fardeau à tout l’équipage en faisant passer au contribuable le fardeau de la dette à l’origine de nos maux actuels. L’endettement a été utilisé pour soigner l’endettement. Les conséquences de ces décisions étaient discernables dès début 2008 par n’importe quelle personne ayant un minimum de jugeote.

« Choisir entre la peste et le choléra »
Aujourd’hui les options de sortie à moindre douleur sont de plus en plus réduites, voire désormais inexistantes, au fil des mois qui passent. Nous en sommes arrivés à choisir entre la peste et le choléra. D’un côté des politiques d’austérité destinées à sortir de situation d’endettement extrême conduisent à un pressurage fiscal puis à un coup d’arrêt de la consommation entrainant au final un effondrement des recettes fiscales qui alimente dès lors de nouveau l’endettement par des déficits exorbitants. De l’autre des politiques de relance construites sur la monétisation des dettes des États. C’est à dire que ces gouvernements s’endettent encore un peu plus pour financer la relance de l’économie en panne, soit en subventionnant la consommation, soit en finançant des infrastructures, soit en faisant un peu des deux. L’idée derrière cette approche est que la rentabilité de ces financements dépasserait celle de l’endettement généré et donc que la croissance de l’économie reprendrait des couleurs générant ainsi de nouvelles recettes fiscales permettant d’alléger le fardeau de la dette. Le malheur est que cette approche ne fonctionne pas dès lors que le consommateur est confronté à son propre endettement et à une baisse importante de son pouvoir d’achat  : il épargne. Les statistiques officielles ne sont pas très loquaces sur cette perte de pouvoir d’achat. Même si les prix à la consommation n’avaient pas bougé, ce qui n’est pas le cas malgré tous les tours de passe-passe des agences officielles de statistiques, l’augmentation de la pression fiscale se traduit par une perte très concrète de pouvoir d’achat.

« Entre extrême austérité et tentative de relance que reste-t-il  pour sortir de cette situation ? »
Pour en sortir il faut dans un premier temps en reconnaître l’origine. Le fardeau de la dette combiné avec un interventionnisme effréné des gouvernements est la cause de nos maux. Nous sortirons donc de cette situation lorsque la dette arrêtera d’étouffer toute initiative privée. Pour la faire fondre les gouvernements n’ont plus aujourd’hui qu’une seule solution : la répudier. Ils ne le feront pas. Pourquoi ? Parce qu’ils pensent avoir encore une arme pour s’en sortir.

« Nous allons entrer de plus en plus dans une course à la dévaluation »
Je m’explique. La croissance de la richesse nationale, le PIB, se mesure en agrégeant celles de la consommation des ménages, des investissements des entreprises, des dépenses étatiques, et enfin du solde de la balance commerciale, la différence entre exportations et importations (nota  : PIB = C+I+G+ (X-M)). La consommation est atone. L’investissement des entreprises dépendant principalement de la consommation il n’y a pas grand chose à en attendre. L’État étant obligé lui aussi de se mettre au régime, ce n’est pas de ce côté non plus que viendra la lumière. Il reste donc la balance commerciale. La dernière carte, qui se joue déjà, est donc de favoriser les exportations pour engranger de la richesse grâce à un excédent commercial. Les grands pays industrialisés étant tous dans la même galère fiscale, la compétition va donc être dure. Nous allons entrer de plus en plus dans une course à la dévaluation entre zones monétaires pour favoriser leurs exportations respectives. Au delà des bénéfices hypothétiques attendus sur les exportations, ces dévaluations successives vont impacter directement le pouvoir d’achat des habitants de ces zones monétaires du fait du renchérissement inévitable des matières premières importées. Pour les pays comme la France, dont environ la moitié de la dette est détenue hors de la zone Euro, cette stratégie présentera un attrait particulier, celui de faire fondre la valeur réelle de la dette détenue hors zone Euro.

« Le début de la guerre des monnaies »
Vous l’avez donc compris, le chapitre qui va s’ouvrir maintenant est celui de l’inflation provoquée par des dévaluations compétitives, une guerre des monnaies.
Le chapitre suivant sera celui du retour de la croissance héritée d’une certaine vigueur des exportations. C’est alors que se posera la question de l’éradication des montagnes de papier-monnaie qui ont été «  imprimées  » par les banques centrales pour monétiser les dettes souveraines. Aujourd’hui, ces montagnes ont trouvé refuge au sein même des banques centrales. Prenez par exemple la Réserve Fédérale. Elle affiche dans ses comptes officiels environ 1600 milliards de dollars d’excès de réserves (nota  : la moyenne jusqu’en 2007 était de 50 milliards de dollars d’excès de réserves) logés là par les banques ayant participé au petit jeu à trois de la monétisation de la dette des États-Unis  : le Trésor émet des obligations qui sont achetées par les banques accréditées qui ensuite se tournent vers la Réserve Fédérale pour les transformer en dollars que les banques ne prêtent pas et lui laissent en dépôt. Comment la Réserve Fédérale (la question se pose bien entendu pour les autres banques centrales) fera-t-elle pour retirer du marché ces milliers de milliards de dollars sans faire exploser les taux d’intérêts  ? À défaut d’en savoir plus, car le Réserve Fédérale est muette sur la façon dont elle compte procéder, prenez dès maintenant toutes les mesures nécessaires pour protéger votre pouvoir d’achat. Il devrait en prendre un coup, encore une fois.

*Lire aussi Les perspectives 2012 selon Yannick Colleu.

Pour en savoir plus : le niveau d’endettement par pays

[Vidéo] Les monnaies, un placement refuge ?

Lundi, janvier 16th, 2012

Dans la série thématique sur les placements intéressants en termes de patrimoine, après nous avoir parlé de l’assurance-vie, de l’immobilier et des terres agricoles, ce mois-ci Charles Sannat, Directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com nous parle des monnaies (couronne norvégienne, franc suisse, yen…). Un placement pas si refuge que ça !

Pourquoi la perte du triple A va coûter cher à l’or ?

Lundi, janvier 16th, 2012

La perte du triple A n’est qu’un des symptômes superficiels des tendances 2012 que nous vous annoncions vendredi. La crise économique ne fait que s’accentuer, ce qui pourrait bien faire grimper le prix de l’or plus vite que prévu, mais pas dans un premier temps.

Les conséquences sur l’économie…
Ce n’est pas faute d’avoir prévenu de l’éventualité d’une telle perte. L’agence Moody’s faisait déjà peser l’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes de Gaulois en octobre dernier et dans cet article paru en novembre, nous vous parlions des conséquences que pouvait avoir une dégradation de la note française, fortement envisagée.

Le passage de la note française de AAA à AA par l’agence de notation Standard & Poor’s a des conséquences bien plus graves que ce que laisse entendre le discours de nos dirigeants qui se veut rassurant, à quelques mois des élections.

Les taux d’intérêt auxquels empruntent la France et qui sont déjà deux fois supérieurs à ceux de l’Allemagne vont encore augmenter, pour couvrir un éventuel risque de défaut de paiement. La première conséquence directe sur l’économie est la fuite des investisseurs et donc une baisse de l’indice CAC 40.

Et sur les particuliers
Hausse des taux d’intérêt pour l’emprunt immobilier, hausse des impôts, limitation des accès au crédit… les Français vont devoir mettre la main au porte-monnaie. Toutes les grosses entreprises pour lesquelles l’Etat participe (EDF, GDF, France Telecom, Renault, SNCF…) vont voir leurs coûts de financement augmenter, ce qui va forcément impacter les dépenses des particuliers, sans parler de la dégradation des services publics.

Le A perdu à jamais ?
Bien sûr, la France peut récupérer son triple A, mais dans combien de temps et surtout, à quel prix ?
Le projet de TVA sociale n’est qu’une « mesurette » au vu de l’impact catastrophique d’une telle dégradation. D’après Norbert Gaillard, consultant à la banque mondiale, la France ne peut récupérer son AAA qu’au prix d’importantes réformes sociales et « d’une réduction drastique des dépenses publiques ». Flexibilité du marché du travail pour une meilleure compétitivité, allongement de la durée du temps de cotisation pour la retraite, suppression des 35h… Les Français sont-ils prêts à renoncer à leurs acquis sociaux tout en augmentant leurs dépenses quotidiennes ? A travailler plus pour gagner moins ?

Les conséquences sur l’or
Nous l’avions déjà constaté en octobre : dès que la note d’un pays est dégradée, les bourses frileuses, sont en baisse, la demande en or augmente et son prix avec. Dans un premier temps, le besoin de liquidités des banques peut entraîner un retrait massif suite à la revente d’actifs or et une baisse du cours de l’or, comme c’est déjà plus ou moins le cas depuis décembre. Dans ce cas, il faut en profiter pour renforcer sa position sur l’or et acheter, car le « 2e effet Kiss Cool » risque de ne pas être vraiment cool, et l’or devrait d’atteindre de nouveaux records cette année.

Les perspectives économiques de 2012

Vendredi, janvier 13th, 2012

Pas besoin de consulter Madame Irma ou Elisabeth Teissier pour découvrir ce que nous réserve 2012. Il suffit d’observer ce qui vient de se passer en 2011 pour le deviner. Le Directeur des études économiques d’AuCOFFRE.com, Charles Sannat, nous en trace les grandes lignes.

Les perspectives 2012 ne sont pas réjouissantes. On a du mal à imaginer une amélioration avec le manque de cohésion de la zone euro et l’absence de solutions durables à la crise.

1/ Le « découplement » zone Euro / USA en termes de croissance et de politique monétaire est le premier facteur d’aggravation de la crise économique mondiale actuelle. Grâce à une monétisation appuyée et un plan de soutien massif, les Etats-Unis vont connaître un semblant de croissance en 2012 alors que l’Europe file droit vers une récession grave et profonde.

2/ Les taux d’intérêt bas pratiqués par les banques centrales sont le 2e facteur d’aggravation. Les états sont de toute façon dans l’incapacité de rembourser des prêts à des taux plus élevés, car ceux-ci sont insolvables. Donc tant que des taux seront bas, la dynamique économique peinera à reprendre, c’est le serpent qui se mord la queue.

3/ Les problèmes de financement bancaires. Le risque de « credit crunch » (banques qui limitent leur offre de crédit) signifie en clair plus d’investissement, plus de prêts, et que les banques ne vont pas bien. Il faudrait qu’elles augmentent leurs fonds propres avec une augmentation de capital (ce qui est très compliqué à l’heure actuelle), soit en réduisant leur exposition aux crédits. Avec les règles de Bale III, de nouvelles normes pour « renforcer les banques » demandent aux banques de reconstituer leurs fonds propres, ce qui implique moins de financement. Cela constitue évidemment un autre facteur aggravant.

4/ Le financement de la dette des états : le plan de rigueur annoncé (et il va y en avoir plusieurs) implique une baisse des rentrées fiscales, ce qui nous conduit droit à la récession : pas de croissance = pas de solvabilité.

5/ Une année de forte volatilité sur les marchés fait que l’on va encore vivre aux crochets d’espoirs qui vont être déçus, on va sensiblement vivre la même année qu’en 2012 mais en pire !

6/ Les pays émergents vont connaître une fin d’année difficile, notamment la Chine dont le premier client est la zone euro qui va arrêter d’acheter et se replier sur elle-même.

Parmi les autres indicateurs négatifs, on n’entendra plus parler des entités financières supposées apporter de l’aide à la zone euro : le Fonds Européen de Stabilité Financière, le Fonds Monétaire Européen, ou encore le Mécanisme Européen de Stabilité sont des projets enterrés mort-nés.

En clair, nous sommes rentrés depuis 2011 dans un cycle de désendettement, avec toute l’austérité que cela comprend, qui va prendre du temps. Il y a cependant de bonnes opportunités à prendre, notamment sur l’or qui reste la seule et indubitable valeur refuge. Nul besoin d’en acheter des sommes astronomiques pour se mettre à l’abri des besoins futurs, un gramme par-ci, un gramme par-là… L’achat d’or n’est plus un argument commercial mais de survie !

Tobin or not Tobin ?

Lundi, janvier 9th, 2012

Plus rapide que la lumière, il semblerait que notre Président ait coupé l’herbe sous le pied à l’opposition en voulant accélérer la mise en place d’une taxe sur les transactions boursières. Sarko virerait-il de bord ou s’agit-il d’un coup de bluff électoral ? loretlargent.info fait le point sur une taxe qui fâche mais qui pourrait bien être le début d’un changement attendu.

C’est un économiste, James Tobin, qui suggéra l’idée de cette taxe en 1972, visant à mettre un frein sur la spéculation complètement dérégulée des marchés. Le taux de cette taxe sur les transactions monétaires internationales serait compris entre 0,05% et 1%.

Vraie bonne décision ?
Actuellement, si elle était établie à hauteur de ne serait-ce que 0,1% sur les actions et les obligations et de 0,01% sur les autres produits financiers, cela rapporterait à l’Etat français environ 10 milliards d’euros. Encore faut-il que la France ne fasse pas cavalier seul, au risque d’épouvanter les marchés boursiers et de mettre à mal le secteur financier. Pour Europlace (organisation des principaux représentants français de la finance), une telle décision risquerait de réduire « le rôle de la place de Paris dans l’économie européenne et mondiale » et « d’aggraver la récession annoncée » selon l’économiste Marc Touati.

De bonnes conditions d’application
L’empressement du candidat Sarkozy à vouloir entériner une telle loi peut paraître suspect quand en 1999, il la qualifiait « d’absurdité ». Quand il a déclaré qu’il « n’attendrait pas qu’ils trouvent un consensus pour mettre en œuvre la taxe en France », cela n’a pas manqué d’agacer ses principaux partenaires européens.

Il faut rester circonspect vis-à-vis des conditions d’application d’une telle taxe, d’ordinaire portée par l’opposition. One, ONG de lutte contre la pauvreté fondée par Bono, milite pour un reversement de la moitié des bénéfices pour des causes humanitaires. Si les bénéfices ne sont utilisés que pour rembourser les dettes contractées par l’Etat et alimenter les banques commerciales qui prêtent à taux élevés, alors la taxe Tobin ne fera qu’entretenir le système véreux duquel l’économie mondiale a tant de mal à s’extraire. Et elle ne servira à rien.

A quand une vraie taxe « Tobin des bois » ?
Si les bénéfices de cette taxe étaient redistribués « à la Robin des Bois » pour favoriser la croissance, développer les PME, elle permettrait alors, peut-être, d’amorcer un changement systémique tant attendu. Mais pour cela, il faudrait qu’elle soit appliquée à l’échelle européenne et mondiale dans un deuxième temps, pas sans soutien, même si la France souhaite « donner l’exemple ». En tout cas, en cas d’application, l’or physique lui échapperait complètement. Seules les transactions sur l’or papier seraient concernées.

Trinquons à la santé de l’euro !

Lundi, janvier 2nd, 2012

L'épargne des Français n'est pas épargnée

A l’occasion des 10 ans de la monnaie unique – un anniversaire bien discret au passage – L’or et l’argent fait le point sur ce qui va plomber votre budget en 2012. Pour l’heure, l’or ne fait l’objet d’aucune nouvelle taxation, affaires à suivre, donc !

Tandis que la presse spécule sur la fin probable ou pas de l’euro, comment revenir à la lire, la drachme, le franc… les ménages français eux, vont continuer de mettre la main au porte-monnaie avec un pouvoir d’achat à la baisse. Voici une petite liste déprimante de tous les produits et services qui vont augmenter cette année.

Hausses promises, hausses dues !
Avec + de 3% des prélèvements durant le premier semestre, le pouvoir d’achat des Français devrait diminuer de 0,1%. La hausse de la TVA devrait s’étager tout au long de l’année sur les produits concernés, une belle façon de fêter les 10 de l’euro dont la mise en circulation s’était déjà accompagnée d’une forte hausse des prix en 2001…

- Les assurances : + 5% de moyenne, c’est une des augmentations les plus importantes de prévues pour les assurances auto et habitation.
- Les mutuelles : + 4,7%
La CSG, notre petit effort de guerre national va être imputé à 98,25% du salaire au lieu de 97%.
- Transports : + 3,7% pour les courses en taxi et + 3,2% pour les trajets en TGV.
- Le gaz augmente de 4,4%.

Les « vices » dans le collimateur
Globalement, la TVA passe de 5,5% à 7%.
- Sodas et boissons sucrées avec des édulcorants de synthèse : +11 centimes d’euros sur une bouteille d’1,5 litres et + 2 centimes sur les canettes.
- Alcool : tous les alcools de 18° et plus vont être taxés (sauf le vin et la bière)
- Cigarettes : le paquet va encore augmenter de 6% (même hausse qu’en octobre dernier)

L’épargne pas épargnée, l’immobilier touché
Le taux de prélèvement forfaitaire libératoire va passer de 19 à 21% sur les dividendes et de 19 à 24% sur les intérêts.
L’exonération totale des taxes sur les plus-values immobilières passe de 15 à 30 ans et les réductions d’impôts destinées l’investissement dans le neuf passent de 22 à 13%.
Le barème de l’impôt sur le revenu est gelé en 2012 et le montant des niches fiscales est plafonné à 18000€ et 4% du revenu imposable.
Les très hauts revenus (entre 250 000 et 500 000€) se verront allégés par une taxe exceptionnelle de 3 à 4%.

Et l’or ?
Bien sûr que son prix va continuer de grimper et c’est une bonne nouvelle pour celles et ceux qui souhaitent y déplacer une partie de leur patrimoine. Tant qu’aucune solution réelle (autre que celle du renflouement des banques avec de l’argent qui n’existe pas) ne sera trouvée, l’or continuera de garder sa courbe ascendante, sans effet de bulle à court terme. Si les élections américaines – et françaises – rassurent les marchés, alors on peut miser sur une baisse passagère du cours de l’or, mais ce désintérêt ne sera que passager.

Pièce d’or Mexicaine : Once ou Libertad

Jeudi, décembre 22nd, 2011

L'Ange de l’Indépendance - Mexique

Nous allons aborder une des pièces d’investissement les plus vendues au monde, fabriquée sur le territoire mexicain. Il s’agit de l’Once ou de la Libertad.

Son origine remonte en 1981, venant enrichir le marché de l’or d’investissement où jusqu’alors seuls étaient présents le Krugerrand depuis 1960 et le Maple Leaf en 1979. Au début, cette pièce d’or mexicaine était dénommée ‘Once’ mais quelques années plus tard, son nom fut changé à celui de ‘Libertad’.

C’est une pièce ayant cours légal au Mexique (la pièce en argent n’est pas considérée de cours légal, seule celle en or), classée Type I et à la différence des autres pièces d’or, celle-ci n’a aucune valeur faciale. Ainsi, sa valeur doit être mesurée en poids. Si nous voulons calculer sa valeur faciale, nous pouvons l’obtenir en convertissant son poids selon le cours du jour de l’or’.

 

Origines

Dans les années 70, pendant que nous traversions une importante crise du pétrole, il fut nécessaire d’élaborer de nouveaux produits qui allaient permettre de se sortir de cette crise. C’est à ce moment là que la banque du Mexique, sous la direction de Gustavo Romero Kolbeck, confia le projet au Musée de la Monnaie de fabriquer une pièce d’or au poids d’une once, et qui serait liée historiquement parlant à la célèbre pièce de ‘50 pesos Centenario’ (dont nous parlons dans un autre article), et qui représentait le centenaire de l’Indépendance du Mexique.

Caractéristiques

Son poids est de 34.55gr, 900 millièmes d’or (de celles frappées entre 1981 et 1991), au diamètre de 34.50 mm, épaisseur de 2.50 mm, soit un poids total de 31.03 gr d’or et le restant d’argent pur.

Lors du pemier tirage entre les années 1981  et 1991, la pièce fut frappée en 3 poids distincts, à savoir : 1 once, une ½ once et ¼ d’once.

Entre 1989 et 1991, le tirage de la Libertad fut interrompu puis repris en 1991 en complétant la gamme de deux nouveaux poids : 1/10 d’once et 1/20 d’once. Ce qui signifiait que la pièce se déclinait en 5 poids différents.

En 1991, la pureté de l’or fut également revue pour cette pièce puisque celle-ci passa à 99,9 (0.999) – de même que le poids de l’Once à 31.10 gr.

Ces modifications sont désormais classées sous le Type II.

1 Once

 

1/2 Once

1/4 Once

1/10 Once

1/20 Once

 

Avers et Revers

 

Pièce d’or ‘Libertad’ de 1981.

 

L’avers de ces pièces affiche le blason du Mexique tandis que le revers ‘la Victoire Alada’ – la même que sur les pièces de 50 pesos Centenario. Dans sa main droite, elle tient une couronne de lauriers qui représente la victoire et dans la main gauche une chaine brisée qui représente la liberté – au fond, les volcans Popocatepelt et Iztaccihualt, le premier considéré comme une divinité durant l’époque préhispanique et vénéré par les Aztèques.

Surplombant les volcans et apposé aux côtés de la Victoire Alada est écrit ‘1 Once d’Or Pur’ (sur le côté gauche), l’année 1981 (sur le côté droit) et en-dessous : Mexico (ceci pour la pièce de l’année 1981).

Sur la pièce de 1994, apparait ‘1 Once’ sur le côté gauche, ‘Or Pur” sur le côté droit, et, sur les bords de la partie inférieure, nous observons l’année, Mexico et la loi.

 

Pièce d’or ‘Libertad’ de 1994

 

L’Aigle occupe la partie centrale de l’avers, exposé de profil gauche, avec les ailes levées, en position de combat, posé sur un figuier de Barbarie (symbole national du Mexique), tenant un serpent dans son bec. Sur tout cet ensemble est inscrit Estados Unidos Mexicanos (Etats-Unis Mexicains).

En 1996, l’apparence de cette pièce subit quelques changements. La Banque du Mexique décida d’opérer ces changements afin de rendre cette pièce plus attirante au public.  De cette manière, l’avers revêt maintenant en plus de l’aigle central du Codex Mendocino, les caractères de 10 escudos tout autour ainsi que différents types d’aigles appartenant au défilé de gouvernements de l’Etat Mexicain, en passant par le Premier Empire d’Iturbide, Porfirio Díaz, l’Aigle aztèque, etc …

Sur le revers, la Victoire Alada, considérée d’une toute autre manière de nos jours, met en évidence la colonne qui la soutient.

La disposition des lettres change également et celles-ci se trouvent maintenant sur la partie supérieure, sur le rebord. L’ordre de la légende apparait ainsi – en premier : 1 once d’Or Pur, puis l’année de la frappe et la loi.

 


Pièce d’or ‘Libertad’ de 1996

 

De par sa beauté, sa pureté, sa qualité et sa renommée depuis tant d’années, cette pièce est une pièce d’excellence, une référence pour  l’investissement au niveau mondial.

 

Perspectives 2012 par Yannick Colleu

Mercredi, décembre 21st, 2011

Nous avions publié le 7 décembre dernier une fiche de lecture sur le Guide d’investissement sur le marché de l’or, un ouvrage de référence pour qui veut débuter dans le marché de l’or. Si son auteur avait été visionnaire en 2008, il nous paraissait indispensable de le questionner par rapport aux questions d’actualité. Il nous parle de l’évolution de la crise, de l’euro, d’inflation et des perspectives de l’or en 2012.

LORetLARGENT.info : Compte tenu du contexte actuel, avec l’aggravation des problèmes économiques de la zone euro, la menace réelle de récession, qu’auriez-vous aimé rajouter   à votre livre ? Y’a-t-il des choses qui ont changé ou au contraire, votre livre donne-t-il raison à ce qui se passe aujourd’hui ?
Yannick Colleu – J’ai écrit ce livre à l’automne 2007 et les chiffres qui y sont donnés sont en général ceux de fin 2007. À cette date l’endettement américain était de 9200 milliards de dollars. Aujourd’hui il est de 15000 milliards soit une progression de plus de 60% en moins de quatre ans alors que les taux d’intérêt sont parmi les bas jamais connus. Idem pour la France, la dette publique a bondi de plus de 40% à près de 1700 milliards d’euros. Dans le même temps le prix de l’once d’or est passé de 580€ à 1300€.

J’ai lu quelque part des propos fustigeant les «  économistes  » de cette période – les mêmes qui se permettent aujourd’hui de venir nous donner des leçons de morale ou des avis sur la suite- qui résument bien mon ressentiment pour la classe politique et financière en constatant où nous en sommes  : «  la crise les regardait droit dans les yeux et ils ne la voyaient pas venir  ». Pour ma part j’écrivais à cette même époque : «  La crise du crédit qui a débuté à l’été 2007, petite fille de l’inconscience des banques centrales à la fin des années 90, et fille d’une industrie financière totalement débridée, n’en est qu’à ses débuts.  ».

En résumé, hormis quelques mises à jour de la partie fiscale, pour tenir compte de l’évolution des taux des prélèvements sociaux, mon livre est parfaitement d’actualité. Les différentes approches pour se constituer un patrimoine de sécurité restent d’actualité également. Il faudrait y ajouter l’apparition en 2010 d’un acteur important sur le marché français, Aucoffre.com, qui au delà des désormais traditionnels services d’achat-vente de pièces ou lingots via internet propose un service original de constitution d’épargne progressive (NDLR : le Livret de Sauvegarde du Patrimoine). C’est une première à ma connaissance en Europe. (nota  : l’auteur n’a aucun lien commercial avec Aucoffre.com).

LORetLARGENT.info : Pensez-vous qu’une disparition de la monnaie Euro soit possible ? Ou que le système monétaire européen change, et sous quelle forme ?
Yannick Colleu – Les monnaies naissent et meurent. Ce ne sont pas des concepts immortels. Notre Franc de 1999, a disparu. Il était lui-même le fantôme du Franc Poincarré, qui était lui-même celui du Franc Germinal. L’homonymie entre les différents Francs avait permis de sauver la face et de faire croire à une sorte d’immortalité. Idem pour le Mark.

Concernant l’Euro, je ne suis pas prophète. Néanmoins mon sentiment est que l’acharnement, voire l’autisme, affiché par les dirigeants européens, ne remettant en cause à aucun moment le chemin qu’ils ont pris pour cette construction européenne – je parle de la légitimité du chemin et non de l’objectif de construction européenne- devrait se traduire par un maintien de l’Euro mais probablement sur un périmètre différent de celui que nous connaissons aujourd’hui.

Pour faire bref je vois deux possibilités :

–             soit les pays les plus en difficultés sortent de l’Euro par un processus brutal équivalent à celui mis en oeuvre par l’Argentine  pour le détachement de sa monnaie du dollar américain,

–             soit les pays les moins en péril sortent de l’Euro en créant une monnaie à parité avec l’Euro pour ensuite la laisser librement évoluer. Les pays restant dans la zone Euro acquerraient dès lors la possibilité de dévaluation et donc de restaurer progressivement leur balance commerciale.

LORetLARGENT.info : Pensez-vous que l’Europe, la France, connaissent la déflation à plus ou moins long terme ? Quelles conséquences cela aurait sur l’économie ?
Yannick Colleu – Depuis 2008 le débat entre déflation et inflation fait rage dans la blogosphère. Le problème est que les contradicteurs de tout bord prennent le plus souvent comme référence une époque qui n’a rien à voir sur le plan monétaire avec la nôtre. De nos jours la monnaie est un concept entièrement virtuel. Les banques commerciales ont des problèmes de solvabilité ?

La banque centrale leur imprime autant de liquidités qu’elles en veulent. Les gouvernements ont des difficultés de fin de mois et hésitent à couper dans les subventions électoralistes diverses qu’ils distribuent à tour de bras ? Il leur suffit d’émettre des obligations que la banque centrale transformera en papier monnaie. La banque centrale n’a pas le droit d’acheter directement ces obligations ? Qu’à cela ne tienne ! Il suffit de demander à un intermédiaire financier, qui prendra une commission au passage, de faire l’entremetteur ! La banque centrale n’a pas le droit de se charger en obligations d’État  de sa zone monétaire ? La solution est simple : il suffit de demander au Fonds Monétaire International de faire l’entremetteur entre la banque centrale et les pays en question. Les récentes révélations sur les pratiques de la Réserve Fédérale en 2008 et dévoilées récemment par le Congrès me laissent penser que tout ceci n’est en fait que le haut de l’iceberg.

Dans ces conditions comment peut-on penser un seul instant entrer dans un processus déflationniste ? Déflation des actifs financiers, oui, mais déflation au sens monétaire, aucune chance !

La conséquence : chercher à traiter les problèmes de dettes et de solvabilité par toujours plus d’endettement va maintenir l’économie dans une situation de faible croissance et préparera les bases du développement d’une période de forte inflation des prix selon le processus que j’ai évoqué à la question précédente.

LORetLARGENT.info : Quelles sont vos perspectives sur l’évolution de l’or en 2012 ?
Yannick Colleu – Compte tenu des éléments que je vous ai donnés plus haut, les perspectives sur l’or sont bien évidemment favorables. Lorsque le pouvoir d’achat de la monnaie est en danger, les épargnants se tournent assez naturellement vers ce placement. Pour le moment seuls les plus avertis le font. Malgré l’intérêt relatif qu’accorde la presse financière aux métaux précieux depuis 2009,  la presse généraliste regarde ça comme une curiosité passagère. Signe des temps, on voit aujourd’hui beaucoup plus de publicité pour des offres de rachat de votre or que pour vous vendre des pièces ou des lingots à des fins d’épargne ou de protection de votre capital. Si le business du rachat de bijoux marche aussi bien c’est bien parce que le grand public n’a pas encore compris, entre monnaie-papier et métaux précieux, où était son intérêt. Le jour où il le découvrira, nous entrerons dans un phénomène de bulle. C’est à ce moment précis que les «  économistes  » qui paradent sur les chaines de télé vous conseilleront l’achat de métaux de précieux.

Je suis admiratif à chaque fois que je lis des auteurs donnant des objectifs de prix de l’or à long terme. Pour ma part je ne vois pas comment les déterminer. Le prix de l’or à long terme sera le thermomètre de la folie de nos dirigeants. Plus ils s’entêteront dans leurs errements monétaires plus l’or montera. Eux seuls ont la possibilité d’arrêter cette hausse.

À plus court terme il est possible de tracer quelques repères. La consolidation des prix qui est intervenue début septembre a été salutaire pour pérenniser la hausse même si je la trouve insuffisamment profonde. Plus la consolidation durera à ce niveau plus la hausse qui s’en suivra sera puissante et longue. Pour la suite, un dépassement du dernier sommet des prix, 1350€ l’once, donnera le signal de la continuation du mouvement avec un premier objectif situé autour de 1500-1550€ l’once (ou 50.000€ le kg).

Merci à Yannick Colleu de nous avoir accordé cette interview.

A quoi ressemble le travail dans une mine d’or?

Vendredi, décembre 9th, 2011

Profondeurs d’une mine

“Descendre dans une mine d’or c’est comme entreprendre un voyage a Hades. Il nous faut laisser les vêtements à l’extérieur, en surface, sous-vêtements inclus et, vêtus d’une combinaison, il faut rentrer dans une cabine en acier qui nous propulse en l’espace de deux minutes à une distance d’un mile à l’intérieur d’une roche. Tout en-bàs fourmille un monde bruyant, chaud et humide, animé par les lumières lancinantes des casques des mineurs. Une promenade de dix minutes le long d’une galerie creusée dans la roche dont la température naturelle dépasse les 37 degrés Centigrades suffit pour que chaque visiteur se sente plongé dans une atmosphère chaude-humide.
Ensuite, surgit le bruit des foreuses d’air comprimé qui mordent dans la roche solide, dominant ainsi le bourdonnement permanent des compresseurs de climatisation et le vacarme des wagons glissant sur leurs rails d’acier.
Sur un côté du tunnel, une étroite ouverture initie une descente d’un angle de presque 25 degrés, menant aux entrailles de la terre. Elle est haute d’à peine quarante pouces et est délicatement soutenue de piliers en caoutchouc. Dans le lexique minier, ceci s’appelle “bancada” – une poche.
Il semblerait que la roche y fasse pression sur les quatre côtés, que du toit se détachent de minuscules tâches formant des flaques d’eau tiède dans lesquelles les mineurs se retrouvent agenouillés, en plein devoir.
La large tête de la foreuse, dissimulée sous un subtil jet d’eau pour libérer la poussière, vibre en perforant la roche d’un point marqué de peinture rouge. Longeant un côté de la poche, une ligne continue de peinture rouge signale un filon d’or de quatre pouces, qui aux yeux du prophane, a un aspect absolument différent de celui des roches situées au niveau supérieur ou inférieur de celle-ci.

C’est dans un amas de petits cailloux blancs, étroitement mélangés, que reluit une minuscule particule d’or, se reflétant dans le faisceau lumineux de la lampe des mineurs. Extraire ce minuscule filon d’or situé à deux miles de profondeur ou plus, sous terre, génère un procédé couteux, laissant peu d’espoir.

Du fait que l’or se trouve disséminé entre les cailloux et conglomérats, il faudra non seulement monter et exploiter les fins grains du filon porteur d’or une fois celui-ci à la surface sinon qu’en plus il faudra remonter et briser une grande partie de la roche située sur les deux côtés du filon, puisqu’à chaque fois qu’il faut faire exploser la poche avec des charges de dynamite placées dans les trous faits par la foreuse, la roche se confond au conglomérat. ‘Ainsi l’explique Timothy Green dans son livre El Mundo de Oro, el trabajo realizado en una mina – Le Monde de l’Or, le travail effectué dans une mine.

Il est digne d’admirer le travail d’un mineur car il est soumis à des conditions extrêmes et risque sa vie à tout moment. S’enterrer à de telles profondeurs, où la lumière du soleil est totalement inexistente, la lumière artificielle devient un complément indispensable. Un travail complètement physique et éprouvant : forer, meuler, extraire, exposé au risque de contracter d’éventuelles maladies comme la silicose (causée par l’inhalation permanente de produits chimiques causant des effets irréversibles aux poumons et des difficultés respiratoires) et de glissements de terrain, devant assurer le renfort des tunnels creusés.

Pour trouver le filon d’or, il est nécessaire de travailler souvent soit courbés ou agenouillés sur de longs parcours.
Devant tant de paramètres, l’âge de départ à la retraite est plus avancé et la journée laborale maximale est d’ordinaire de 35 heures hebdomadaires – sachant que dans beaucoup d’autres pays, les conditions de travail peuvent être moins favorables. Il serait bon de valoriser le travail des mineurs pour extraire l’or – celui que nous achetons ou vendons de nos jours.

Sommet européen : un énième pacte qui ne convainc pas

Vendredi, décembre 9th, 2011

Les 17 pays de la zone euro se réunissaient hier pour un énième sommet européen. Ils se sont entendus sur un nouveau « pacte budgétaire », qui permettrait de mieux contrôler les budgets des états de la zone euro. Contrairement à Angela Merkel et Christine Lagarde, présidente du FMI, la plupart des économistes sont très pessimistes quant à la capacité des états à rembourser leurs dettes et davantage encore quant à l’avenir de l’euro.

Un « pacte budgétaire » pour les pays de la zone euro

10 heures de tractations ont été nécessaires pour aboutir à ce nouveau pacte.  Voici ce qu’il en est ressorti :
-    Un contrôle plus strict des budgets nationaux, avec des sanctions en cas de dépassement des 3% de PIB de déficit public et en cas d’augmentation trop importante des dettes publiques.
-    La gestion du Fonds de secours de la zone euro (FESF) par la Banque Centrale Européenne (BCE). Le FESF devait passer de 250 milliards d’euros à 1 000 milliards d’euros, mais cet objectif a été revu à la baisse.
-    La création d’un Mécanisme européen de stabilité (MES), géré également par la BCE, avec une capacité de prêts de 500 milliards d’euros.
-    Le renflouement du Fond Monétaire International à hauteur de 200 milliards d’euros, sous dix jours.
Si ces fonds permettraient d’assurer une sécurité suffisante aux pays de la zone euro en difficultés et endettés, encore faut-il les approvisionner !

114,7 milliards d’euros

C’est le montant des fonds propres nécessaire aux banques européennes pour faire face à la crise des dettes souveraines européennes. Un montant majoré de 8,7 milliards par rapport aux estimations d’octobre 2011.

Mais comment mettre sur la table une telle somme, alors que la croissance des pays est au plus bas et que les plans de rigueur ne parviennent pas à désendetter ? Tout porte à croire que les mêmes erreurs vont être répétées : en l’absence de croissance et avec un taux de chômage record, la seule solution qu’a l’Europe pour sortir ces milliards de sa poche est de créer de la monnaie. Et donc de la dette.

On connait la suite : cette création monétaire, basée sur aucune richesse tangible, va provoquer une hyperinflation, qui ne fera qu’aggraver la situation des pays en crise.

Les plans de rigueur ?

On constate avec l’expérience de la Grèce et quelques mois de recul que les plans de rigueur ne parviennent pas à faire redécoller l’économie des pays qui les mettent en place. Ces plans de rigueur ne permettent pas à ces pays de rembourser la dette. Pire, ils tuent la croissance et aggravent la dette.

Au lendemain des premières négociations du sommet et malgré les congratulations échangées ce matin, l’éclatement de la zone euro guette et la monnaie fiduciaire, l’euro, pourrait voir son espérance de vie diminuer brutalement. Si cette sortie de l’euro représente une chance pour sortir de ce marasme, il faudra trouver de nouvelles bases pour reconstruire l’économie des pays en crise. Des bases plus solides comprenant des valeurs d’échanges plus sûres, au premier rang desquelles se trouve l’or.

Messieurs les Allemands Sortez les premiers!

Jeudi, décembre 8th, 2011

« Messieurs les anglais tirez les premiers ». C’est lors de l’épisode de la bataille de Fontenoy (en 1745), que ce mot fameux aurait été prononcé.

Dans notre Europe moderne nous avons depuis quelques décennies su faire taire les armes et les canons. C’est bien sur le principal succès de l’Union Européenne. C’est d’ailleurs ce succès et cette connaissance historique partagée par tous des affres des guerres qui ont ravagé notre continent pendant des siècles qui rend dans l’esprit de tous indépassable l’idée de construction européenne.

Pourtant, pourtant, l’année 2012, pourrait être celle où l’ensemble des européens demandera à nos amis allemands de sortir les premiers de l’euro.

L’euro est une construction Politique. Pas économique.

La monnaie unique a été créée et pensée il y a presque vingt ans. A l’époque et, c’est important de le rappeler, le Mur de Berlin vient de s’effondrer. La France, inquiète, voit poindre le danger d’une grande Allemagne réunifiée. François Mitterrand, alors Président de la République, reste avant tout un homme de la deuxième mondiale. Il n’aura de cesse que d’arrimer l’Allemagne à la France, à moins que ce ne soit le contraire, afin de rendre le destin de nos deux nations indissociable. La monnaie unique est un peu comme une corde reliant plusieurs alpinistes mais qui ne pourrait pas être coupée en cas d’accident. Dès lors, si l’un des membres de l’euro tombe, toute la cordée sera entrainée dans la chute.

L’euro est une monnaie économiquement Allemande, mais de construction Politique française.

Le Président Mitterrand a donc négocié l’aide et le soutien de la France à la réunification Allemande contre l’adhésion de l’Allemagne à l’euro en échange de quelques critères de bonne gestion financière (les célèbres critères de Maastricht) oubliés par tous (y compris nos camarades allemands) depuis bien longtemps. Il ne faut pas oublier la décision politique prise à ce moment là par le Chancelier Allemand de l’époque Helmut Kohl. Ce dernier a décidé de convertir la monnaie des allemands de l’Est au prix de la monnaie de l’Ouest. En clair un Deutsch Mark (RFA-ouest), valait un Ost Mark (RDA-Est). L’Allemagne n’avait pas l’argent nécessaire bien sur pour convertir cette masse monétaire nouvelle sur la base de 1 pour 1. Une telle conversion n’avait d’ailleurs aucun sens économique. L’Ost Mark valait plutôt dix fois moins d’un Deutsch Mark. Là encore l’idée était Politique. Il s’agissait d’affirmer la réunification du peuple allemand, et qu’un Allemand de l’Ouest « valait » un Allemand de l’Est.

N’oublions pas qu’hier comme aujourd’hui les Allemands ont toujours refusé la notion de monétisation. Les allemands n’ont pas imprimé les Deutsch Mark nécessaires. Ils les ont emprunté sur les marchés. Ce faisant ils ont asséché le marché monétaire, provoqué une hausse massive des taux d’intérêt, à l’origine de la récession et de la crise économique des années 90 à 95. Nous avons tous payés le prix de la réunification allemande en Europe et particulièrement la France. Mais l’adhésion de l’Allemagne à l’Euro était à ce prix.

L’Euro un « OGM » qui n’est pas viable.

Reprenons. L’euro est donc une construction politique et pas économique. C’est une monnaie unique, pour 17 peuples différents, 17 langues, et surtout 17 économies hétérogènes. Car le problème génétique de l’euro, c’est qu’il s’applique à 17 économies qui sont profondément différentes. L’idée de l’euro est très belle, comme celle de la construction européenne. Pour toute personne saine d’esprit la construction européenne est une évidence. Néanmoins, en économie la beauté des choses n’est que de peu d’importance. La réalité c’est que les déséquilibres économiques de nos 17 pays ne peuvent plus désormais trouver de résolution qu’à travers des ajustements monétaires, qui restent la seule et unique solution économiquement viable. Non et cent fois non, le fait de mettre un pays à l’amende car il ne respecte pas son budget ne changera jamais rien à la structure de l’économie de ce pays, qui devra emprunter plus pour payer une amende (pour mémoire il existe déjà les « procédures pour déficits excessifs)…. Non et cent fois non, effectuer un contrôle budgétaire européen ne changera rien aux forces et faiblesses intrinsèques d’une économie nationale… Non et cent fois non de nouveaux traités ne changeront rien au « stock » de dettes déjà existant… Non et cent fois non, la rigueur ou l’austérité ne peuvent constituer l’alfa et l’oméga d’une politique économique (ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas indispensable).

La fin du « Business Model » des Etats Providence.

Soyons sérieux. Les états européens, en particulier français, sont bâtis sur l’idée d’état providence. La « providence » est un mot qui signifie que le cours des événements est issu de l’action bienveillante d’une puissance divine (généralement Dieu).

En l’occurrence la puissance divine qui veille sur nous de la Crèche au Cimetière c’est l’Etat. L’Etat qui à travers les allocations familiales paiera l’essentiel des frais de garde de nos jeunes enfants, l’Etat qui veillera sur nos vieux jours à travers les pensions de retraite et aux maisons du même nom. Nous naissons à la crèche pour mourir à la maison de retraite. Entre temps, en cas de maladie la sécurité sociale veille sur vous, un incident de parcours professionnel, les ASSEDIC et maintenant le Pôle emploi se chargent de vous, quand il n’y a plus d’espoir, et que le marché du travail vous est définitivement fermé, le RSA (RMI nouvelle formule) prend le relais. Un problème de logement, le parc HLM et les aide au logement sont là pour vous. Partout, à tous les niveaux les « amortisseurs sociaux » sont là.

Il ne faut pas se leurrer. La fin du business model de l’Etat providence, signifie la fin programmée et inéluctable de l’ensemble de ces aides. C’est cela la rigueur sans la planche à billets pour l’adoucir.

Or la société française par son hétérogénéité ne pourra en aucun cas supporter une cure d’austérité à la grecque. Cela est impossible. Nos zones sensibles et nos banlieues (difficiles) vivent pour beaucoup des aides publiques et de la solidarité nationale. A cette problématique financière se rajoute depuis maintenant quelques années des problématiques communautaristes évidentes. Lorsque les tensions s’exacerbent, l’histoire humaine prouve que les modérés ne l’emportent jamais.

Les fragilités de la société française ne sont pas les fragilités de la société allemande. Pour notre pays, le coût social d’une austérité brutale risque d’être insupportable et de mener à des problèmes intercommunautaires insurmontables.

Je vous conseille la lecture de l’extraordinaire rapport officiel 2011 de l’Observatoire des Zones Urbaines Sensibles, éclairant sur la réalité sociale de notre pays et donc sur nos fragilités.

http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf

La sortie de l’Allemagne serait la meilleure solution.

L’Allemagne ne souhaite pas amoindrir (pour le moment) le choc de la rigueur par un recours, ne serait-ce que modéré, à la planche à billets c’est-à-dire à la monétisation. Dont acte. La ligne rouge allemande est celle de la création monétaire, menant bien souvent à l’inflation puis à l’hyperinflation. Ce point de vue est économiquement fondé. Le traumatisme allemand de l’hyperinflation des années 20 ayant mené à l’avènement du nazisme est toujours vivace dans les esprits d’outre-Rhin. Cela est parfaitement respectable.

La ligne rouge française doit être impérativement celle de la stabilité sociale. L’austérité ne peut être que progressive sous peine de prendre le risque de déclencher des émeutes d’une rare violence. Nous ne pourrons pas mener chez nous une austérité crédible c’est-à-dire massive et brutale. L’utilisation de la planche à billets est inéluctable. Ce n’est qu’une question de temps. Il en est de même pour l’Italie, l’Espagne, ou la Grèce (mais pour d’autres raisons).

La conclusion est implacable. En cas de persistance de ces désaccords, nous devrons mettre fin, par la force des choses à l’aventure de la monnaie unique. La meilleure solution serait alors la sortie du maillon fort de l’euro qu’est l’Allemagne. Messieurs les Allemands sortez les premiers!

Le coût économique d’une telle solution serait certainement le plus supportable parmi les « mauvaises solutions » pour sortir définitivement de cette crise monétaire. Une sortie de l’Allemagne de la monnaie unique ne lui couterait pas plus cher que la réunification. Cela lui couterait également bien moins cher que de se « porter caution » pour l’Europe entière. Enfin, une dette en euro « faible » remboursée en nouveau Marks « forts » permettrait d’amoindrir le coût (important) de la dette allemande.

Nous devons accepter de dépasser nos limites. L’euro n’est plus une limite. Seule la stabilité de nos nations respectives sur le long terme permettra la poursuite d’une construction européenne durable.

Nos élites se trompent. La fin possible de l’euro est en réalité, une chance immense pour un nouvel élan européen bâti sur une adhésion populaire et démocratique.

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf

L’euro passera t-il Noël ?

Mardi, novembre 29th, 2011

Les Ambassades Britanniques de l’Eurozone doivent se préparer à aider les expatriés Britanniques dans le cas de l’effondrement de la monnaie commune européenne.

Des milliers de britanniques pourraient ne plus pouvoir accéder à leurs comptes bancaires et ce dans l’hypothèse d’une panique qui pourrait également entrainer des mouvements populaires violents.

Vous trouverez ci dessous l’article original en version anglaise. Ce qui est à noter dans cette information, c’est que pour la première fois et au plus haut niveau d’un état, des mesures concrètes en vue de la fin de l’euro sont prises.

L’euro passera t-il Noel? La question est posée. Certains se préparent déjà apportant ainsi leur réponse.

Concrètement pour nous dans nos vies quels seraient les impacts d’une telle situation?

Evidemment une telle situation poserait un problème incommensurable. Comment assurer les échanges commerciaux même les plus simples sans monnaies? Comment assurer la vie quotidienne de millions d’européens sans moyens de paiements fonctionnels (comme les cartes bleues qui ne fonctionneraient plus)?

Alors que faire et comment se préparer? Il est un adage paysan disant qu’il est rare que quelqu’un se plaigne d’avoir pris trop de précautions. Si vous faites votre cette maxime stockez les produits de première nécessité et surtout alimentaires vous permettant de tenir de 3 à 6 mois en cas de problème avant qu’une nouvelle monnaie puisse prendre le relais.

Néanmoins, le pire n’est jamais sur. Sans optimisme béat, nous pensons, que compte tenu de la gravité des conséquences d’une explosion et disparition brutale de l’euro, les autorités politiques et en premiers nos amis allemands, finiront au dernier moment par accepter une intervention de la Banque Centrale Européenne. Nous maintenons notre avis, à savoir que nous n’en arriverons pas là. Si cela devait être le cas…. et bien ce sera effectivement très, très très difficile pour tout le monde.

http://www.telegraph.co.uk/news/politics/8917077/Prepare-for-riots-in-euro-collapse-Foreign-Office-warns.html

Charles SANNAT
Directeur des Etudes Economiques AuCOFFRE.com

Tour du monde : ces pays qui ont fait faillite

Mercredi, novembre 23rd, 2011

Argentine, Islande, Russie. Ces trois pays ont un point commun : ils ont fait faillites mais s’en sont sortis. Comment ces pays sont sortis de la crise financière ? Les solutions qui ont été trouvées peuvent-elles être appliquées aux pays fragiles de la zone euro et à la France ? C’est ce que nous allons voir dans ce dossier consacré à ce tour du monde des désastres économiques.

Islande, la banqueroute des banques

Un événement somme toute assez récent. C’était il y a trois ans et l’Islande pensait difficilement pouvoir se relever d’une telle épreuve.

Tout a commencé dans les années 2000, lorsque les banques islandaises se sont noyées dans une politique d’endettement. En 2008, alors que la première crise financière mondiale éclate, les trois principales banques, compte tenu des risques pris, sont touchées de plein fouet. Le montant des dettes contractées est alors largement supérieur au PIB de l’Islande et la couronne islandaise devient la monnaie la plus surévaluée du monde. Les Islandais ont eux aussi massivement emprunté, entrainant une inflation dans le pays et des taux d’intérêt élevés. La dette des banques est si disproportionnée par rapport à la richesse du pays que l’Etat ne peut garantir de nouveaux emprunts pour le remboursement de la dette. Les créditeurs exigent des paiements de la part des banques qui ne peuvent plus emprunter. Résultat : les banques déposent le bilan.

La solution trouvée pour sortir de cette crise ? Les banques ont été nationalisées, le gouvernement a fait appel au Fond Monétaire International qui lui a accordé une aide de 2,25 milliards de dollars et a multiplié les mesures d’austérité. Mais la mesure la plus importante du pays a été de se baser à nouveau, comme avant, sur son économie réelle. Fini la pêche sur les marchés boursiers !

Aujourd’hui l’économie du pays semble rétablie malgré le climat économique international morose, avec une croissance de 2,5% pour la première moitié de cette année 2011. C’est déjà mieux qu’en France !

Argentine, lorsque les portes des banques se sont fermées

Entre 1998 et 2002, la crise éclate en Argentine, la situation économique et sociale empire de jour en jour. L’origine de cette crise ? Une déflation sévère du peso argentin due à la déflation du real brésilien et à l’inflation du dollar US. Les exportations sont alors bloquées, le dollar ne rentre plus suffisamment dans le pays provoquant une réduction de la circulation monétaire. Les importations brésiliennes envahissent le marché. Les salaires sont réduits, le chômage augmente. L’économie argentine est paralysée.

A ce stade, la solution proposée par l’Etat argentin est d’émettre des reconnaissances de dette. Appelées LECOP, elles servent de moyen paiement et circulent au même titre que la monnaie fiduciaire. Le gouvernement décide également d’adosser le peso à un panier de monnaies, au lieu du seul Dollar US, pour stabiliser le commerce extérieur.

L’acmé de la crise argentine se situe en 2001 lorsque le gouvernement, pour endiguer la fuite des capitaux et la crise des liquidités, limite les retraits bancaires à 250 pesos par semaine et interdit tout transfert d’argent vers l’extérieur. Les Argentins trouveront même leurs banques portes closes pendant plusieurs jours, leur interdisant l’accès à leur épargne, le change de leurs pesos en dollars et le retrait de leur argent.

En 2002, l’Argentine décide alors de faire défaut sur sa dette et de dévaluer fortement sa monnaie pour retrouver une compétitivité. Aujourd’hui, la croissance est repartie, elle dépasse même les 7% par an, ce qui a valu à la présidente argentine, Cristina Kirchner, d’être réélue, le 23 octobre dernier, après un raz-de-marée électoral.

Selon un article du Monde : « La consommation est en plein essor, avec 4 % d’augmentation par an, et le taux de chômage dépasse à peine 7 %. La croissance a été de 8 % en moyenne depuis 2003, à l’exception de 2009. L’Argentine bénéficie en outre de l’envolée des prix des matières premières, notamment du soja, dont elle est le troisième exportateur mondial.

La Russie et les GKO

Depuis 1991, la Russie n’était pas au mieux de sa forme avec une balance commerciale négative et l’augmentation de ses déficits due à des recettes fiscales insuffisantes. La Russie émet alors des titres publics en roubles sur des échéances de trois mois, ce sont les GKO, abréviation de Gosudarstvennoe Kratkosrochnoe Obyazatelstvo. Le serpent se mord alors la queue : plus le déficit se creuse et plus l’Etat émet des GKO, le remboursement de ces derniers nécessitant l’émission de nouveaux GKO. La dette publique explose, l’état n’est plus solvable, et les liquidités se raréfient. On assiste alors à la dévaluation du rouble et à un défaut de la dette russe.

La solution adoptée par l’Etat : le rachat par la Banque Centrale russe de ces titres (c’est ce qu’on appelle la monétisation de la dette publique) et un plan de sauvetage du FMI d’un montant de 4,8 milliards de dollars US. Mais cela ne suffira pas, 80% des encours ne seront pas remboursés, le reste le sera avec une décote de 90%.

Pour la Russie, cette crise a été en un sens positive, puisque, avec l’aide du FMI, elle a permis au pays de redevenir compétitif et de relancer sa croissance. L’Agence russe d’information internationale RIA Novosti titrait même il y a peu La Russie peut faire face à toute crise économique.

Pourquoi la Grèce est menacée d’une faillite similaire à celles de la Russie, l’Argentine et l’Islande ?

La situation de la Grèce n’est pas très éloignée de celle de l’Argentine dans les années 90. Le pays est en déficit fiscal, connaît un déficit des balances de paiement, une récession et une dette grandissante. L’Euro ne permet pas à la Grèce d’avoir recours à la dévaluation, tout comme le dollar ne le permettait pas à l’Argentine en 2001.

Si l’on s’inspire de l’histoire économique de l’Islande, l’Argentine et la Russie, un défaut de la dette pourrait être envisagé, d’autant plus que la dette est détenue principalement par les banques et en euros et non par des investisseurs étrangers. Mais en aucun cas, de nouveaux prêts et les politiques d’austérité, politique actuellement proposée aux grecs, ne sortiront le pays de la crise. Ces politiques ne font qu’augmenter le chômage, réduire les recettes fiscales et ne permettent pas de relancer l’économie. Il faudrait un véritable plan de relance pour cela, qui comprendrait un soutien de l’emploi, au pouvoir d’achat et aux investissements.

L’autre solution serait une sortie de l’euro, de la même façon que l’Argentine a stoppé la convertibilité peso-dollar. Une solution qui serait dommageable pour la Grèce, et surtout pour les autres pays européens. Une sortie de la Grèce de la zone euro serait lourde de conséquence pour la l’Italie et la France, déjà très mal en point. C’est le scénario du château de carte. Si des mesures radicales ne sont pas prises pour la Grèce, l’Euro pourrait bien ne plus valoir un rouble et la crise systémique qui se profile en Europe deviendrait difficilement évitable.

Quand la monnaie papier ne vaut plus rien

Ce que l’on retient de la faillite de ces trois états, c’est aussi la fragilité des monnaies papiers qui ne reposent sur rien, si ce n’est la confiance que lui accordent les États. En cas de crise, ces monnaies, et l’épargne des citoyens par la même occasion, perdent totalement leurs valeurs. Cette fragilité est inhérente aux monnaies depuis qu’elles ne reposent plus sur l’or. De même que les Etats n’ont pas suffisamment de réserves d’or pour maintenir l’économie des pays sur la voie de la stabilité en cas de faillite.

Ce qu’il faudrait pour éviter le pire, c’est une nouvelle devise de réserve mondiale. C’est ce qu’explique le LEAP dans le numéro de 4 de son Magazine d’Anticipation Politique, daté de novembre 2011. Cette devise de réserve mondiale s’adosserait notamment à l’or, et plus uniquement au dollar comme c’est aujourd’hui le cas. Autres priorités mises en avant le Magazine : la mise sous tutelle publique partielle ou totale des banques et la mise en place d’infrastructures publiques, à l’échelle mondiale. Des décisions globales et mondiales pour garantir aux États une relative sécurité économique.

Le vin, la forêt et surtout l’or

Dimanche, novembre 20th, 2011


aucoffre_h264 par BENSARRADE

L’appel de détresse des marchés financiers italiens.

Mardi, novembre 15th, 2011

La semaine dernière, la présidente de Confindustria (Confédération Générale de l’Industrie Italienne), Emma Marcegaglia, déclarait dans une interview dans le journal italien “Corriere della Sera” que l’Italie était en train de vivre une situation dramatique et que si de justes mesures n’étaient pas prises rapidement, le pays risquait de ne plus avoir accès aux marchés financiers.

L’Italie qui, empreinte d’une dette publique avoisinant les 2000 milliards d’euros, classée 3ème au rang mondial en sa catégorie de mauvaise élève, est au bord du gouffre.
Calfeutrée dans un cauchemar, l’Italie cherche désespérément des solutions au sein d’un nouveau gouvernement afin que le pays ne sombre pas dans les mêmes méandres populaires que la Grèce.

Toute la zone euro est exposée à cette même crainte dont dépend notre stabilité et survie, de surcroit. Il est nécessaire de prendre de fortes et justes mesures d’austérité, lesquelles s’avéreraient être les plus fortes depuis la 2ème guerre mondiale.

L’Italie peut-elle, seule, se sortir de cette crise, uniquement de par l’aide des investisseurs ? L’épargne populaire n’est pas si confiante en la bourse italienne, cette dernière sombrant de plus en plus dans le rouge.

La descente aux enfers du marché financier italien se mesure par le différentiel de la prime BTP-BUND, ce dernier ayant atteint les 575 points la semaine dernière et s’étant stabilisé en fin de semaine à 480 points grâce à l’intervention de la BCE, alors que les obligations d’Etat biennales atteignaient un taux de 7,25%.

Depuis la nomination de Mario Monti et dans l’attente de la formation d’un nouveau gouvernement, de nouvelles mesures doivent être annoncées afin de sortir le pays de la crise. La solution de convaincre la BCE à produire plus de pièces n’aiderait pas l’Italie à se sortir de sa dette sinon à l’aggraver. Des mesures drastiques ont pourtant déjà été prises pour faire face à la crise de ces derniers jours: 14 millions de coupures visant le secteur sanitaire et autant pour les allégements fiscaux.

Dans ce contexte, il est clair que les investisseurs n’ont plus de confiance dans les banques et encore moins dans les bourses !

C’est dans un tel panorama, fragilisé par des résultats financiers et facteurs psychologiques plombants, que l’or renforce sa position comme une des seules valeurs refuge.

La France, point de mire des agences de notation, est montrée du doigt. Certes, pas au même stade que l’Italie mais le risque demeure au vu de la tendance inflationniste actuelle.

Choix judicieux est de diversifier ses placements mais pour plus de sérénité et à moindre risque, la meilleure alternative demeure l’or physique.

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Réflexions
" Ce qui compte pour un alpiniste, c'est son effort, c'est son adresse, ce sont ses muscles. La corde qui l'assure ne joue aucun rôle tant que tout va bien. Mais elle lui donne la sécurité. De même, l'or ne sert qu'à garantir la confiance. C'est un refuge. "