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L’or d’Istanbul – reportage


Marché de l or d Istanbul

Huit heures. Les banques sont encore fermées. Pourtant, une place financière accueille déjà ses premiers clients et pas la moindre. Chaque année, 22 milliards d’euros transitent par elle, en vente directe ou via sa bourse.

Mais ici, pas d’ordinateurs ou de bureaux luxueux. Au cœur du Grand Bazar d’Istanbul, un téléphone suffit pour acheter ou vendre de l’or dans toute la Turquie.

Un marchand« C’est très stressant d’être à côté d’eux, ce n’est pas facile. D’ailleurs, on ne peut pas vivre très vieux dans notre bazar à cause du stress. Mais celui qui respire l’air de ce bazar ne peut plus vivre ailleurs après. »

De l or en plaques. Cet or est vendu à des commerçants et les gens des ateliers le transforment en bagues ou en boucles d’oreilles
De l or en plaques. Cet or est vendu à des commerçants et les gens des ateliers le transforment en bagues ou en boucles d’oreilles

De l’or à profusion, de l’or qui se vend, qui s’achète et qui s’expose. Dans le plus grand marché couvert du monde, des centaines de bijouteries scintillent comme autant de lampes d’Aladin. Toute la Turquie, toutes classes confondues, défile ici depuis plus de cinq siècles.

Un marchand : « C’est une tradition pour nous, on achète cet or pour l’offrir à l’occasion des mariages, des cérémonies de circoncision. Ça dépend du niveau de vie de gens mais, moi, je connais des personnes qui achètent pour 50 000 dollars d’or pour un mariage. Ça varie de 500 à 50 000 dollars. Nous, pour notre mariage, nous avions reçu 300 grammes d’or environ, ce qui représente 3 000 à 4 000 dollars d’aujourd’hui. »

« Ça dépend du désir de chacun, mais généralement, en Turquie, le poids en grammes est beaucoup plus important que la beauté du bijou. »

Dans le grand bazar, l or détermine tout, même le prix de vente ou de location des boutiques
Dans le grand bazar, l or détermine tout, même le prix de vente ou de location des boutiques

Un marchand : « Pour la mariée, l’or est une garantie de ressource pour le cas où elle divorcerait. Elle peut l’enterrer et le ressentir en cas de besoin. L’or ne perd jamais sa valeur. Durant la période où il y avait des guerres, l’argent en papier brûlait ou bien les souris le mangeaient. Il perdait donc de sa valeur, mais l’or, lui, ne perd jamais de sa valeur.
Personnellement, je n’ai aucun compte en banque, je conserve l’or à portée de main et si une banque fait faillite, je n’ai pas de problèmes.
»

Rares sont les pays à vouer un tel culte à l’or et pas un ne lui a dédié un lieu comme le Grand Bazar. Jadis, il arrivait du Soudan et d’Egypte. Désormais, c’est d’Amérique du Sud et de Russie.

Un commerce avec sa face visible qui s’affiche dans les vitrines clinquantes et la bourse en plein air. Mais il y a l’autre, formellement interdite au public, celle où secret et discrétion sont des règles d’or.

L artisanat de l or à Istanbul
L artisanat de l or à Istanbul

Pour y accéder, il faut franchir la porte des entrepôts où les caravanes de la route de la soie faisaient naguère étape. C’et là, dans de minuscules ateliers, que les commerçants cèdent la place aux artistes.

Chaque année, près de 400 tonnes d’or passent entre leurs doigts. Un tiers repart à l’étranger faisant de la Turquie le deuxième exportateur d’or travaillé du monde derrière l’Italie.

Un artisan : « Chaque bijou a sa valeur. Nous faisons des modèles très différents les uns des autres. Ainsi, chaque bijou tient une place particulière dans mon cœur. Quand je crois une femme dans la rue, je regarde tout de suite son cou et ses mains pour voir si elle porte l’un de mes modèles. »

Un vieux dicton turc dit qu’Istanbul est pavée d’or. Dans les 3 000 ateliers qui entourent le grand bazar, il est vrai qu’il s’infiltre partout.

Un artisan : « Je prends le bijou que je travaille et je le nettoie bien pour ne pas perdre de poussière. On a tout le temps la brosse à la main pour mettre la poussière dans notre tablier en cuir, car l’or est précieux. Pour les chaussures, on n’a pas besoin de les laver, il y a des grilles sur le sol et la poussière glisse à travers. »

Le traitement des poussières d or
Le traitement des poussières d or

Un récupérateur de poussière d’or : « Tout un secteur s’est développé autour de la récupération de la poussière, huit à dix sociétés s’en occupent. Elles viennent, balaient, ramassent la poussière dans les canalisations et dans les bâtiments. Ils la ramènent ensuite dans les raffineries, la brûlent et récupèrent enfin l’or. Sur chaque kilo d’or qu’on travaille ici, cinquante à soixante-quinze grammes partent en poussière. »

« On traite environ trois à quatre tonnes de poussière par semaine. On utilise la vieille technique et des produits chimiques. Nous travaillons les poussières de chaque client de manière séparée. Tel client aura cette poussière et tel autre celle-là. Ainsi, on peut envoyer à chacun ses lingots séparément. Aujourd’hui, on a traité une tonne de poussière et voilà ce qu’on a obtenu : 90 grammes d’or. Ça, c’est de l’or pur. »

Si l’attachement des Turcs à l’or reste toujours aussi fort, certaines choses ont changé cependant, comme si, en inondant toujours plus de vitrines, l’or y avait englouti un peu de sa magie.

Un travail minitieux dont le savoir faire commence à se perdre
Un travail minitieux dont le savoir faire commence à se perdre

Un artisan : « Quand j’étais petit, la bijouterie se pratiquait différemment, mais maintenant, il n’y a plus de maître qui connaît bien son métier. Il n’y a pas de client, non plus, qui réclame ce travail-là. Dans le temps, un maître faisait son travail avec beaucoup de soin. Maintenant, il faut que ça se termine et que ça se vende le plus vite possible. »

« Vous avez dû voir en vous promenant, il y a des tonnes d’or ici et ça, c’est un peu comme la face visible de l’iceberg, c’est exactement comme ça. »

Vingt heures trente. Les portes du Grand Bazar se referment sur cent tonnes d’or. C’est le plus grand coffre-fort de Turquie.

Reportage d’Arnaud Blin pour France3. En VOD sur Vodeo.tv
Transcription : ABW
pour LORetLARGENT.info

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A propos de Jean-François FAURE

Jean-François FAURE
Jean-François Faure. Président d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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