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Du bloc-or à la dévaluation de 1936


L’année 1933 marqua dans le monde entier le tournant décisif. L’abandon provisoire de l’étalon-or par les Etats-Unis en mars, l’échec de la Conférence économique mondiale réunie à Londres le 12 juin et la constitution du Bloc-Or le 8 juillet montrent assez que le bouleversement monétaire atteignait une ampleur inégalée. Pour la première fois depuis l’époque de l’Union Latine les difficultés monétaires se situaient sur le plan international. On sait ce que fut le Bloc-Or, une déclaration commune des gouvernements intéressés au maintien de l’étalon-or et une entente entre les Banques d’Emission de France, de Belgique, d’Italie, des Pays-Bas, de Pologne et de Suisse pour la défense de leurs monnaies contre la spéculation qui tendait à les entraîner dans la « course aux dévaluations ».

Mais si la spéculation initiale fut effectivement brisée par l’action concertée des Banques Centrales, il était trop évident que de simples mesures techniques ne pouvaient que se révéler impuissantes pour lutter efficacement contre les conséquences de difficultés économiques ou financières internes. De fait l’action du Bloc-Or fut finalement plus psychologique que pratique et son principal intérêt réside dans le resserrement des liens de collaboration dont elle fut l’occasion entre les banques d’émission.

C’est à cette époque notamment que se généralisa la pratique de l’or « earmarked », c’est-à-dire la conservation d’or dans les caves de Banques d’Emission pour le compte d’autres Banques d’Emission. Ces dépôts à l’étranger permettent aux autorités monétaires de procéder instantanément à des opérations sur or et devises sans avoir comme auparavant à effectuer le transport matériel du métal.

L’Italie fut le premier des pays du bloc-or à sortir des règles de l’étalon-or par les contrôles qu’elle institua dès le mois de mai 1934. La Belgique dut rétablir le cours forcé et dévaluer sa monnaie en mars 1935. La Pologne fut obligée de l’imiter en 1936.

Quant à la France, elle traversa pendant ces quatre années, de 1933 à 1936, les étapes d’un calvaire économique et financier particulièrement pénible. Le souvenir de la récente période d’inflation était encore trop vif pour qu’elle puisse se résoudre de gaîté de coeur à entrer volontairement dans le cycle infernal dont elle connaissait trop bien les conséquences. Mais, par ailleurs, la résistance à la dévaluation la plaçait dans des conditions défavorables vis-à-vis des pays qui venaient de dévaluer leurs monnaies. Son isolement économique s’aggravait de mois en mois et la seule politique susceptible de prolonger sa défense résidait dans une déflation dont les charges apparaissaient insupportables, notamment du point de vue social. Les controverses qui s’instituaient quant à la politique monétaire qui devait être suivie, comme les difficultés financières dans lesquelles se débattait la Trésorerie de l’Etat, engagèrent une nouvelle fois les épargnants à se réfugier vers les valeurs réelles.

La Banque de France cédant de l’or à guichets ouverts et à prix fixe, on vit de longues théories se présenter rue de la Vrillère pour échanger des liasses imposantes de billets contre des lingots de 12 kilos. Certains jours un service d’ordre dut être mis en place pour discipliner les impatiences.

Pour donner satisfaction aux amateurs d’or dont les disponibilités n’atteignaient pas la valeur d’une barre ‘(215000 frs), un commerce de détail s’institua dans les banques et établissements de change spécialisés. Les barres achetées à la Banque par ces professionnels furent débitées et vendues en lingots d’un kilo. et quelquefois moins. Chacun put ainsi se constituer des réserves d’or suivant ses moyens.

De 1933 au ter octobre 1936 l’encaisse de la Banque s’est réduit de 83359 milliards à 50145 milliards, soit de 4914 à 2964 tonnes. La perte atteignait ainsi près de 2000 tonnes, dont la majeure partie avait d’ailleurs servi à combler le déficit de la balance des comptes.

On estime généralement que la thésaurisation privée en avait absorbé, quant à elle, près du cinquième, soit quelques 6 milliards de francs Poincaré, représentant près de 400 tonnes.

Une certaine partie de cet or avait pris le chemin de l’étranger, beaucoup des acheteurs préférant détenir leurs avoirs en dépôt dans des banques étrangères par crainte de mesures fiscales ou de réquisition. Ce mouvement avait été particulièrement sensible au cours des crises monétaires de 1935, et il avait d’ailleurs pris à cette époque un caractère international au bénéfice notamment de la place de Londres.

Cette effervescence devait changer de caractère avec le nouveau régime monétaire qu’introduisit la loi du ter octobre 1936.

De Litra

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Jean-François FAURE
Jean-François Faure. Président d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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