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De l’or contre les « coups de Soleil »


Non, vous n’êtes pas sur un blog santé-beauté et nous n’allons pas vous parler des éventuelles propriétés apaisantes de l’or contre les brûlures cutanées estivales (encore que la fraicheur d’un petit lingot sur la peau ne doit pas être désagréable). Néanmoins, le Soleil peut être responsable de bien d’autres problèmes, notamment en lien avec notre économie, mais surtout à des échelles bien plus considérables et auxquels seul l’or semble aujourd’hui en mesure d’apporter une solution. Car en matière de catastrophes économiques majeures, le danger pourrait bien aussi venir du ciel…

Habituellement, l’astronomie est perçue comme une science particulièrement positive qui nous élève bien au-dessus des contingences matérielles dans lesquelles nous nous débattons au quotidien, une discipline dont l’essence-même confine au grandiose, à l’incommensurable, voire à l’imaginaire. Pourtant, l’une des préoccupations récentes des astronomes du monde entier n’a rien d’imaginaire. Au contraire, leurs récentes observations semblent raviver la crainte prochaine (et parfaitement concrète) d’un bouleversement majeur de l’économie mondiale.

L’activité du soleil menace nos institutions financières

Petite parenthèse culturelle pour bien comprendre les enjeux… Notre soleil n’est pas qu’une simple boule de feu qui brûlerait éternellement dans le vide de l’espace, c’est au contraire un astre complexe, vivant, qui possède lui aussi ses « saisons » et ses rythmes naturels. Parmi ceux-ci, notre étoile passe par des périodes de calme relatif mais aussi d’intense activité, et ces différents changements influent directement sur notre petite planète bleue. L’une des plus importantes manifestations solaires auxquelles nous sommes régulièrement confrontés provient de ce que l’on appelle l’activité coronale, qui se caractérise par des brusques éjections de matière solaire dans l’espace. Or, depuis 2012, cette activité coronale est particulièrement intense, provoquant des éruptions de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres dont les effets peuvent se faire ressentir jusque sur la Terre, à 150 millions de kilomètres de là. Habituellement, ces « nuages » de particules solaires sont arrêtés par le champ magnétique terrestre, mais il arrive que ces « vents solaires » soient suffisamment puissants pour le traverser, créant alors de superbes aurores boréales à proximité des pôles.

Mais ça, c’est dans le meilleur des cas. Lorsque l’activité solaire est particulièrement intense, les vents solaires le sont tout autant et le champ magnétique terrestre ne parvient plus à bloquer l’afflux massif de particules qui viennent nous bombarder. Les conséquences sont alors très différentes de simples manifestations lumineuses dans la haute atmosphères, car ce sont de véritables tempêtes magnétiques qui s’abattent sur la Terre. La dernière fois qu’une éruption solaire géante s’est produite en direction de la Terre, c’était en 1859. Fort heureusement, à cette époque, la technologie humaine était quasiment inexistante, mais on a tout de même enregistré de nombreux cas de télégraphistes victimes de violentes décharges électriques, ainsi que plusieurs incendies de stations de télégraphie causés par les perturbations magnétiques très puissantes. Aujourd’hui, la situation serait totalement différente. Selon les estimations de l’Académie nationale des sciences des États-Unis, une tempête de l’ampleur de celle de 1859 coûterait au bas mot 2 000 milliards de dollars à l’économie mondiale si elle se contentait de nous frôler… mais engendrerait des dégâts sans précédents si elle frappait directement la Terre, réduisant à néant l’ensemble de nos systèmes de communication, mais aussi nos infrastructures économiques et financières qui reposent désormais exclusivement sur l’informatique et la technologie.

Le retour de l’or comme base de nos économies ?

Dans ce cas, nous n’aurions plus accès à ce qui constitue notre quotidien : plus d’internet, plus de télécommunications, plus de transports… Plus d’électricité non plus, les lignes à haute tension et autres transformateurs électriques intercontinentaux étant brusquement mis hors service, privant la Terre d’électricité pendant des semaines, voire des mois avant que les ingénieurs puissent intervenir (une étude américaine de 2009 estime qu’un blackout géant de ce type nécessiteraient 4 à 10 ans de travaux). Pire encore, les réseaux bancaires et financiers s’arrêteraient de fonctionner, avec toutes les conséquences qu’on peut imaginer. Dans ce cas, une fois les quelques pièces et billets en notre possession épuisés, nous n’aurions plus la possibilité de nous approvisionner en cash.

Certains craignent alors de voir éclater de nombreuses émeutes de populations prenant d’assaut les agences bancaires, les dépôts de convoyeurs de fonds ou même les commerces, mais il y a aussi de grandes chances pour que tout le monde prenne enfin conscience qu’il ne s’agira plus que de simple… papier ! En effet, quel sera l’intérêt de posséder des billets dont plus aucune institution n’aura la possibilité de garantir la valeur ? Finalement, l’or et les métaux précieux (mais aussi pourquoi pas d’autres « monnaies » d’échange jadis très prisées comme le sel par exemple) pourraient bien redevenir les garants d’un certain pouvoir d’achat des individus et servir de base à la reconstruction d’un système de transaction unifié.

Quand la réalité rejoint la fiction

Alors certes, tout ceci ressemble à un vulgaire scénario de science-fiction, même pas original, mais notre géocentrisme exacerbé nous masque bien souvent la réalité de notre situation. Le 23 juillet 2012, un nuage de plasma a été éjecté du Soleil directement vers l’orbite de la Terre, à la vitesse impressionnante de 3000 km/s, soit quatre fois plus vite que les éruptions solaires classiques. Quelques jours plus tard, la Terre passait exactement à cet endroit, ce qui fit dire à la NASA que nous avions failli être renvoyés au XVIIIe siècle à une semaine près.

Il y a moins d’un mois, les astronomes du Solar Dynamics Observatory de la NASA ont vu se former un nouveau « trou » coronal à la surface du Soleil, c’est à dire une zone plus froide extrêmement faible en énergie et en gaz qui peut habituellement donner naissance à de formidables vents solaires, 3 à 4 fois plus puissants que la normale. Sauf que ce trou-ci est gigantesque, grand comme 10 fois la Terre, le plus énorme jamais observé. Et il continue à grossir… Si les mouvements de convection de l’héliosphère (la couche supérieure du Soleil) devait orienter ce trou béant en direction de la Terre, et si l’énergie accumulée devait brusquement être libérée dans une monstrueuse éruption solaire, nous aurions 5 jours pour nous préparer à l’ultime blackout…

A propos de Anthony Alberti

Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens.

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