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Haro sur les banques !


Beaucoup de décisions gênantes et impopulaires se passent discrètement au beau milieu de l’été, pendant que tout le monde est en vacances. La plus représentative est la fin du standard or dont Nixon avait été l’instigateur en août 1971. Cet été, c’est une toute autre ordonnance qui est passée sans aucune concertation. La « Directive européenne sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances » permet ainsi aux banques de se renflouer sur vos comptes en cas de faillite. Nous avions vu l’info passer et compte tenu des différentes nouvelles inquiétantes qui émaillent le secteur bancaire, nous avons voulu vous prévenir des risques qui vous attendent.

Directive BRRD

La directive en question et l’exemple chypriote

Il faut savoir que la « Directive européenne sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances » (ou BRRD pour Bank Recovery and Resolution Directive) qui est passée depuis le 20 août en France est la même que celle qui a permis aux banques de siphonner les comptes chypriotes au moment de la crise bancaire. C’est peu rassurant et cela en dit long sur ce qui peut attendre les clients des banques européennes.
Que s’était-il passé à Chypre en mars 2013 ? Chypre avait imposé des restrictions bancaires inédites à ses citoyens en limitant les retraits d’argent à 300 € par jour et par personne – parfois à 100€ – pour éviter le « bank run », la fuite des capitaux. En pleine crise, les chypriotes n’avaient donc plus accès à leurs propres économies, ce qui était une atteinte caractérisée au droit de propriété. Certains épargnants ont même perdu jusqu’à 80% des sommes dont ils disposaient à la banque.

En mars 2013, nous disions que « Ce qui se passe aujourd’hui à Chypre peut très bien arriver à d’autres pays comme l’Italie ».

Aujourd’hui, la réalité dépasse la simple anticipation, car en cas de faillite, n’importe quelle banque européenne a désormais la possibilité de spolier votre épargne en toute légalité. « L’idée que votre argent puisse être saisi par le gouvernement est peut-être exagérée voire incroyable et pourtant cela arrive », disions-nous. A présent, nous pouvons rajouter que cela n’arrive pas qu’à nos « lointains » voisins chypriotes, grâce à cette ordonnance passée sous silence, sans aucun référendum. On ne concerte pas le peuple sur les questions d’argent (depuis l’échec cuisant du référendum de 2005 sur la ratification de la Constitution européenne). Si d’autres pays européens tardent à transposer cette directive au niveau national, la France n’a pas trainé… « Qu’on se rassure ! A la prochaine crise bancaire les épargnants pourront être acculés à la faillite, mais plus les banques ! », dit cet article de media-presse.info.
Si une banque fait faillite, ses clients pourront donc se faire voler par leur propre banque jusqu’à remise à niveau de cette dernière. Et les Allemands ont fait volé en septembre dernier la garantie que seuls les comptes de plus de 100 000 € seraient concernés par ce « droit de cuissage » bancaire.

Directive européenne sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances
(Lire en particulier l’article 109 en bas du lien, sur l’« Utilisation de systèmes de garantie des dépôts dans le cadre de la résolution »).

Autres signes alarmants sur les banques

– Le Crédit agricole a récemment été condamné à une amende de plus de 693 millions d’euros pour ne pas avoir respecté plusieurs embargos américains…
– La BCE est critiquée pour l’inefficacité de ses actions, son manque de neutralité politique et le fait qu’elle privilégie certaines entreprises candidates au QE (voir notre article à ce sujet).
– D’après cet article de businessbourse.com du 18/10/2015, selon de nombreux signes avant-coureurs, un événement financier majeur pourrait être imminent du côté de l’Allemagne, la place forte de l’Europe. « Nous sommes entrés dans une période où un autre phénomène ” Lehman Brothers ” peut se produire ». Suppressions massives d’emplois, participation à la manipulation des cours de l’or, montages juridiques foireux, « la culture d’entreprise chez Deutsche Bank est profondément corrompue, et la banque a été extrêmement irresponsable au cours des dernières années » indique l’article de businessbourse.com.
Qu’adviendrait-il de notre épargne si une telle banque (« too big to fail ») venait à faire faillite avec la directive BRRD ?

[Mise à jour du 12/02/2016]

Cette semaine encore, les banques sont sur la sellette. A tel point que l’on redoute encore une nouvelle crise bancaire, du même genre que celle de 2008, voire pire. La crise financière qui a ébranlé les marchés a sérieusement touché les banques. “L’action de la plus grande banque allemande, la Deutsche Bank, a perdu 9 % hier, 40 % de sa valeur en un an” (RFI).

Avec la chute des prix du pétrole en-dessous de 30$, un nouveau krach bancaire est à redouter à cause des crédits contractés dans le secteur du pétrole et du gaz.

Avec un demi-million d’emplois supprimés dans le monde depuis 2008, le secteur bancaire n’est pas au beau fixe. Dans cet article à charge, le Monde pointe du doigt les banques européennes qui ont pris du retard par rapport aux banques américaines en termes de restructuration.

[Mise à jour du 23/12/2015]

Dans la revue du web de l’or du 18/12 dernier, nous vous annoncions la condamnation de 6 ex-responsables d’UBS, interdits d’exercer pour des périodes allant de 1 à 5 ans, pour avoir “toléré le comportement illicite et déloyal des négociants placés sous leur responsabilité”.

Le 19 décembre, Le Point nous informe dans ce dossier spécial que les banques françaises en Suisse sont championnes de l’évasion fiscale. “Le fisc américain a infligé des amendes aux banques qui aident leurs concitoyens à frauder, notamment le Crédit agricole, BNP Paribas et la Société générale ”, indique le journal.

Afin d’éviter les sanctions judiciaires et en s’acquittant d’une forte amende (quand même, les banques suisses ont dû révéler au fisc américain la liste des banques installées en Suisse ayant aidé leurs concitoyens à frauder, nom des relations clients, des employés ainsi que leurs fonctions à l’appui. “Les établissements français basés à Genève écopent des amendes les plus élevées exigées par Washington” précise l’article.

[Mise à jour du 30/11/2015]

Un nouveau scandale vient émailler la réputation déjà mise à mal des banques. Celui-ci concerne une action collective contre dix banques aux Etats-Unis. Goldman Sachs, Bank of America Merrill Lynch, JPMorgan Chase, Citigroup, Credit Suisse, Barclays, BNP Paribas, UBS, Deutsche Bank et Royal Bank of Scotland se seraient entendues pour limiter la concurrence sur le marché en empêchant les échanges de swaps de taux d’intérêt sur des plates-formes électroniques, ce qui représenterait un manque à gagner de 320.000 milliards de dollars…

D’après la dépêche de Reuters relayée par Boursorama le 26/11 dernier, le texte de l’action collective, déposé par un fonds de pension auprès d’un tribunal de Manhattan, accuse les banques incriminées d’avoir découragé “l’entrée d’institutions non bancaires sur le marché très lucratif d’échanges de swaps de taux d’intérêt” (…) et “uni leur forces pour menacer, boycotter, intimider et (…) éliminer toute entité ou procédure susceptible de donner un accès aux échanges à des investisseurs” et ce afin de “préserver un extraordinaire centre de profit”.

Deux plates-formes de transactions, ICAP et Tradeweb, sont également accusées des mêmes faits.

Le 26 novembre, Euronews annonçait que la Banque Barclays s’était vu infliger une amende de plus de 100 millions d’euros pour “défaut de surveillance”, l’équivalent d’un PV pour mauvais stationnement…

Le coût de sauvetage des banques

Pour mémoire, la faillite de Lehman Brothers en 2008 a coûté très cher au monde entier qui peine encore à s’en remettre, la Grèce peut encore hélas en témoigner. Elle avait même entraîné le cours de l’or papier dans sa chute (alors que le prix des pièces d’or d’investissement s’envolait)…
Le magazine Trends avait publié une infographie sur le coût de sauvetage des banques en octobre dernier. Pour la période de 2008 à 2014 :
– les aides ont coûté 800 milliards à la zone euro (soit 8% de son PIB), 41% ont été remboursés en 2014.
– 330 milliards d’euros, c’est le montant des aides dépensées rien que pour les banques (soit 3,3% du PIB de la Zone Euro).
L’article précise que « même pas la moitié des dépenses ont été récupérées par les Etats. Selon la BCE, ce taux de recouvrement est relativement faible en comparaison avec d’autres crises financières ».

Vous pouvez continuer de faire confiance aux banques et vous dire que la situation va s’arranger, c’est votre droit. Que pouvons-nous faire en tant qu’épargnants ? C’est ce que nous verrons dans la prochaine partie de notre dossier.

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A propos de Jean-François Faure

Jean-François Faure
Jean-François Faure. Président d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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