Entre patrimoine virtuel et patrimoine palpable
Jeudi, décembre 18th, 2008La crise économique que notre planète traverse, à défaut d’être confortable, a au moins pour mérite d’avoir mis au grand jour un certain nombre de dysfonctionnements, un bon nombre d’entre eux étant survenus - voire survenant encore et toujours - au sein d’organismes à qui pourtant, très majoritairement, les états et gouvernements avaient, depuis des décennies, accordé une très large confiance : les établissements financiers. C’est-à -dire, schématiquement, les banques, les organismes de crédit et les établissements spécialisés dans l’épargne (même publique).
Aujourd’hui la crainte des épargnants - et du commun des mortels - n’est plus tant de savoir si leurs économies sont raisonnablement fructueuses, que de savoir si elles ne sont pas tout simplement volatiles. L’on sait que l’Etat français garantit les dépôts bancaires à concurrence de 70.000 euros par personne, mais jusqu’à quel point ? Et si une faillite massive - que l’affaire Madoff aurait d’ailleurs pu parachever - survenait ? Si les plus grandes banques françaises en arrivaient au stade de la liquidation ? Combien représenteraient, pour l’économie publique, ces garanties tendant ainsi à dédommager des dizaines de millions de personnes ? La France elle-même ne se retrouverait-elle pas, elle aussi, en dépôt de bilan ?
Même parmi les personnes qui n’ont pas 70.000 euros en banque - et elles sont une majorité -, mais aussi, à plus forte raison, parmi celles qui les ont ou qui ont même davantage, il se trouve un nombre croissant d’individus qui n’ont plus du tout confiance en les établissements bancaires, et qui, tous comptes faits, préfèrent finalement vider leurs comptes bancaires et récupérer leurs pactoles pour les protéger ” sous le matelas ” (ou dans le ” bas de laine “, pour citer une autre expression consacrée). C’est bien sûr sans compter les risques d’incendie, d’inondation, de cambriolage ou de toute autre forme de sinistre, mais au final, ces risques, même cumulés, sont-ils réellement plus élevés que celui de voir sa banque s’effondrer, puis l’Etat de se retrouver dans l’incapacité d’assumer les garanties données ?
Un autre signe des temps, il existe une tendance sans cesse croissante, et on la doit à l’avènement d’Internet. Il s’agit des établissements que l’on peut qualifier de ” semi-bancaires “, tels Paypal, Moneybookers ou Google Checkout. Chaque jour, des millions de transactions entre particuliers mais aussi entre professionnels échappent au contrôle des banques (pas de chèque, pas de virement, pas de transaction par carte bancaire), mais aussi des services d’acheminement du courrier (pas de mandat-cash non plus !).
Du 100 % virtuel, voilà qui serait une bonne idée. Après tout, grâce à l’argent-dette, c’est ce que font les banques depuis des décennies : vous prêter de la monnaie qui n’a jamais été frappée (au sens technique du terme), et seulement en dernier recours (retrait au guichet ou au distributeur) la convertir en monnaie palpable. D’ailleurs, même votre salaire est virtuel. Il n’est rien de plus qu’un jeu d’écritures entre deux banques, par banque centrale interposée (ce que l’on nomme chambre de compensation, qui ne pratique jamais de compensation au franc le franc, pour des raisons inhérentes au système monétaire).
La bonne formule, la plus rassurante, sans doute la plus équilibrée aussi, serait de combiner le virtuel, finalement plus sécurisant que le système bancaire, avec des valeurs sûres et palpables (or, argent, etc.).
Article écrit par Jean Lançon




Nous l’attendions et nous y voilà . Le taux directeur de la FED est presque à 0%. Mais en quoi consiste ce taux et qu’elles seront les conséquences ? A quoi devons-nous nous attendre en Europe ?
Début octobre 2008, la République l’Islande, Etat insulaire de l’océan Atlantique Nord qui ne compte que 316 000 habitants, a été contrainte de prendre le contrôle de son système bancaire en procédant à la nationalisation des trois principales banques. Outre la crise financière mondiale qui frappe le pays de plein fouet, l’Islande paie aussi les frais de son développement vertigineux des dix dernières années. Dans le classement 2007/2008 de l’Indicateur du développement humain (IDH) du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), l’Islande occupe en effet la première place.
D’un montant potentiel de 360 milliards d’euros, le plan de sauvetage français s’appuie sur deux piliers :
Votre banque n’a pas encore fait faillite, mais vous ne souhaitez plus lui confier votre argent. Ou alors, c’est elle qui ne vous fait pas confiance, et vous voilà privé de compte. Dans ces conditions, comment toucher votre salaire ? Vous avez le droit de le percevoir en liquide. Mais à une condition: ne pas être trop bien payé.
La compétition est souvent féroce au sein d’une salle de marché et la course aux bonus y est réelle. Aux yeux de tous, un bon trader sera avant tout celui dont le bonus est le plus élevé. Cet environnement peut donc inciter une minorité de traders à prendre des risques trop élevés et parfois même à détourner les règles, uniquement dans l’optique de briller face aux autres… Cette thèse est renforcée par le constat suivant : même dans le cas d’une fraude, le mobile est rarement l’enrichissement personnel. En effet, il est difficile voire impossible pour un trader de détourner les fonds de sa banque à son profit. Le principal mobile de Nick Leeson ou de Jérôme Kerviel n’a jamais été l’enrichissement personnel mais un ” ardent désir de briller “. Nick Leeson était considéré par sa hiérarchie comme un trader vedette et était adulé par ses pairs. L’envie de préserver sa réputation l’a sans doute incité à utiliser sa connaissance des procédures de contrôle pour camoufler ses pertes et donner l’illusion d’une véritable expertise des marchés. La situation de Jérôme Kerviel ressemble étrangement à celle de son ancien confrère britannique. Issu d’un milieu modeste, il avait une forte envie de prouver qu’il était un trader d’exception.
Le président Sarkozy l’a promis, aucun déposant français ne perdra ” un seul euro parce qu’un établissement financier se révélerait dans l’incapacité de faire face à ses engagements “. En effet, le Fonds de garantie des dépôts (FGD) indemniserait, en cas de faillite d’une banque, ses déposants à hauteur de 70.000 euros. Mais combien y a-t-il d’argent dans ce Fonds de garantie ? Comment fonctionne-il ?
Nous lisions le 20 septembre (il y a 9 jours) dans la presse Belge les déclarations d’Herman Verwilst, CEO de la banque belge Fortis : “Fortis ne tombera pas en faillite. Si vous ne me croyez pas, croyez ceux qui contrôlent. Tant les autorités belges que néerlandaises confirment que le secteur est stable. Ne croyez pas que les faillites aux USA vont conduire à la même chose en Europe”. Le CEO de Fortis a souligné que les banques touchées aux Etats-Unis étaient des banques d’investissements. “Elles ont une profession totalement différente de la nôtre. Elles travaillent sur le marché des capitaux tandis que nous, nous récoltons des fonds et accordons des prêts”, a-t-il expliqué.